Bonne nouvelle d’Europe

Je lis une dépêche Reuters que le groupe des « Conservateurs et Réformateurs Européens » serait né au Parlement et qu’il compterait 55 membres. Au risque de paraître incorrect, c’est une très bonne nouvelle. En effet, la mauvaise avait eu lieu le 7 juin avec l’élection de nombreux députés, notamment britanniques et polonnais, oscillant entre l’euroscepticisme et l’europhobie. Mais cela est la volonté de l’électeur et je la respecte.

Ces députés avaient a-priori leur collocation dans le PPE, avec l’UMP parmi d’autres. Or, les fait qu’ils ait constitué un groupe autonome, et à vrai dire assez important, rendra plus clair le positionnement de la droite dite européenne et les différentes alliances qui vont se nouer au fur et à mesure. Par opposition, la naissance de ce groupe pourrait, le conditionnel est de rigueur, remettre sur le tapis l’exigence d’une vision profonde de l’Europe et, soyons optimistes, un vrai débat sur le (con)fédéralisme européen.

Ce nouveau groupe, il le dit avec clarté, est pour une Europe  virtuelle, à minima, faite uniquement d’accords entre Gouvernements. C’est un projet de désintégration européenne. Il y a, en France et ailleurs, des gens qui ont parlé d’Europe « volonté », « puissance », « repère » … notamment au PPE.  Maintenant, ils devront choisir : accepter d’être affaiblis au Parlement et renoncer à ces 55 voix ou alors s’allier de façon explicite avec les europhobes. Je parie que la blogosphère et j’ose penser même les structures partisanes vont être vigilants : la prochaine campagne européenne est déjà en marche. Et en ce qui concerne la France, la Présidentielle pourrait bien en être une étape.

Par ailleurs, cet affaiblissement de la droite européenne ouvre des espaces politiques à toutes les forces centrales : les Démocrates, les Libéraux, les Ecologistes. C’est la règle de la proportionnelle. Et je sais, pour l’avoir vécu au Parlement Italien où on avait des députés qui se revendiquaient directement de l’héritage mussolinien, que les extrêmes parlementaires ont tendance à ce stériliser et à recentrer la politique.

C’est pour cette raison que je partage les perplexités de Francesco Rutelli (co-fondateur avec F.Bayrou du PDE au nom de la Marguerite, depuis ayant intégré le « Parti Démocrate » italien) quant à l’accord passé entre le PD et le PSE pour créer un groupe d’ « Alliance des Socialistes et des Démocrates Européens« . Bien que j’en comprends les raisons, cela c’est à mon avis une erreur car cela retarde la structuration du nouvel espace politique européen ne se reconnaissant plus dans le binairisme droite-gauche. Par ailleurs, en Italie, on votait aujourd’hui pour des référendums sur la loi électorale qui auraient mis en difficulté les partis non majoritaires. Sachant que le quorum de 50% des votants est nécessaire pour la validité de la consultation, s’abstenir c’est vraiment voter avec ses pieds. Et l’affuence n’a été que de 20% environ.

Cet espace existe et il se manifeste régulièrement.

Donnons lui de la voix, de l’espoir et de la cohérence.

C’est notre « job« 

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Galicia

Sicilia

Cymru

ha Breizh, evel just

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Mon Europe en musique

Allemagne

Irlande

Belgique

France

Royaume Uni

Italie

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Petite note rapide dans le style de ces jours-ci. L’excellent Olivier Kempf de EGEA publie une réflexion sur les élections européennes absolument remaquable. Pas question pour le géo-politique de s’attarder sur nos petites chamailleries vert-orange-rose-bleu mais de noter une certaine similitude de parcours entre ce qu’il appelle « l’échec » de la Belgique à construire un sentiment national et la difficulté à construire une autentique politique européenne. En filigrane, Kempf semble pointer un risque d’explosion de la construction européenne, suite à un manque de maturité politique. Pour contraindre le discours politicien à se concentrer sur le niveau européen, il suggère un vrai scrutin multinational.

Certes, il le dit lui même, la faisabilité n’est pas certaine. Cependant il me semble que c’est un regard qu’il conviendrait d’approfondir.

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ASDE

Non, ce n’est pas de l’ « Aide aux Salariés en Difficulté en Entreprise » dont je vais vous parler. Mais de la nouvelle « Alliance des Socialistes et des Démocrates Européens » : selon Dario Franceschini, c’est dans ce nouveau groupe que les 21 (22 si Lisbonne passe) députés européens du Parti Démocrate vont siéger.

Article de Repubblica (en italien).

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Bolkestein, le retour qui fait pschitt… – Chroniques européennes du large – N° 30

Certains de mes adversaires, cherchant sans doute à écrire « L’Europe par les Nuls », ont eu un trait de génie : faire peur aux électeurs en sortant de la remise le vieil épouvantail « Bolkestein ». Bonnes gens de l’Ouest, tremblez, c’est moi qui, selon eux, aurais rédigé la fameuse « directive Bolkestein » quand j’étais conseillère de Romano Prodi. Une blague ? C’est ce que je me suis d’abord dit. Mais quand plusieurs journalistes locaux ont commencé à m’interroger sur cet intéressant bobard « pour me permettre de donner ma version des faits » (sic), je me suis dit qu’il fallait mettre les choses au clair. La parole est donc à la défense. Ecarter ces inepties me permettra, au passage, de faire une pédagogie utile sur la Commission et son actuel Président.

Début 2004, quand ce texte a été voté par le collège des Commissaires, j’étais bien fonctionnaire dans l’entourage du Président Romano Prodi. Mais, étant chargée des questions institutionnelles, je ne m’occupais pas de marché intérieur. Plus fondamentalement, contrairement aux idées reçues sur les pouvoirs des « technocrates de Bruxelles », ce sont les commissaires, le plus souvent des personnalités politiques, qui prennent les décisions, et eux seuls, collégialement. A cette époque, les deux commissaires français étaient Pascal Lamy (PS) et Michel Barnier, aujourd’hui tête de liste de l’UMP en Ile de France, responsable de la coordination de la campagne UMP pour cette élection. Ils ont voté le projet de directive Bolkestein, dans sa forme initiale. Voilà l’exacte vérité.

La version contestée n’était alors qu’une proposition de la Commission destinée à créer de la croissance et des emplois en développant les services. Nul doute que la Commission ait déjà pu être mieux inspirée qu’en produisant ce texte mal rédigé, reposant sur un principe erroné. La proposition a suivi le chemin que prennent toutes les directives relevant de la co-décision : elle a été soumise au Parlement européen et au Conseil des ministres, les deux instances composées d’élus qui adoptent les textes législatifs européens. Grâce au travail du rapporteur du Parlement, Mme Evelyne Gebhardt, une socialiste allemande, le texte finalement voté n’a plus rien en commun avec la version initiale ; l’idée d’appliquer, sans harmonisation préalable, les règles du pays d’origine du prestataire de services dans le pays de la prestation, a été fort heureusement abandonnée. Ressortir l’épouvantail du texte initial, c’est faire comme si le Parlement n’avait joué aucun rôle. C’est nier, comme certains l’avaient d’ailleurs fait avec une inouïe mauvaise foi en 2005, la possibilité d’amendements parlementaires de fond. Curieux, de la part de personnes qui souhaitent aller elles-mêmes au Parlement, dont on serait en droit d’attendre un peu plus de pédagogie et de rigueur.

Enfin, gardons le calendrier en tête : la Commission Prodi a cessé ses fonctions à l’automne 2004. Au plus fort du débat référendaire de 2005, M . Bolkestein n’était déjà plus commissaire. Il avait un successeur en charge du marché intérieur, M. Mac Creevy, membre de la Commission présidée par M.Barroso. A ma connaissance, M.Mac Creevy n’est pas intervenu une seule fois dans le débat public pour dire qu’il entendait les critiques, qu’il était prêt à discuter avec les Européens inquiets de risques qui avaient sans doute été mal évalués. Le Président de l’époque, M. Barroso n’a pas non plus insisté sur ses responsabilités. Pendant le débat de 2005, il est soigneusement resté à Bruxelles. Pourtant, il avait juridiquement le pouvoir de retirer ce texte ou d’en proposer une nouvelle version. Le Président portugais ne s’est pas gêné pour retirer de l’ordre du jour des textes sociaux, sur le travail des routiers, le statut de l’association européenne ou de la mutualité ! Mais là, rien à faire, c’était « la faute à Bolkestein » ! La manœuvre a consisté à laisser M. Bolkestein, déjà parti, attirer sur son nom la vindicte générale. Ce comportement, peu courageux, et qui montre un acharnement rare à déréguler, est une raison de plus, à mes yeux, de ne pas soutenir M. Barroso, contrairement à l’UMP et une partie du PS européen.

Ainsi, l’épouvantail pourrait surtout se retourner contre ceux qui l’ont sorti de la remise. Avant de m’accuser à tort et à travers, encore faut-il se rappeler le scénario et connaître les rouages de l’Union européenne. Encore faudrait-il que chaque famille politique assume ses responsabilités passées et ses choix pour l’avenir. Ne simplifions pas tout. Il suffira aux électeurs de l’Ouest d’aller voir mon site Internet (www.sylvie-goulard.eu), de lire ma trentaine de chroniques qui s’y trouvent ainsi que différents textes et résumés de mes ouvrages pour dissiper ces fumées. Durant cette campagne, mon ambition constante a été d’aborder les sujets importants de notre avenir : les droits de l’homme, la PAC, le commerce international, l’environnement, la concurrence, la crise, la politique industrielle. J’ai fait un effort d’information que les autres n’ont pas fait.

Mon parcours m’a conduit à travailler à la Commission , c’est exact, et j’en suis fière car c’est une institution qui remplit une mission difficile au service de l’Europe. A Bruxelles, j’ai pu acquérir, de l’intérieur, une expérience qui me sera utile dans mes fonctions parlementaires. Nombreux sont ceux qui attaquent la Commission sans la connaître. Pour l’Ouest, ce sera un atout d’avoir un député immédiatement opérationnel. Je tiens à redire aussi combien je suis fière d’avoir travaillé auprès de Romano Prodi, homme digne, intègre qui a pu faire des erreurs, comme chacun de nous, mais qui demeure un Européen convaincu. Il a été le Président d’une grande Commission et un Président du Conseil dont les Italiens n’avaient pas à rougir.

Sylvie Goulard

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Après avoir reconnu, le 26 août 2008, l’indépendance des républiques séparatistes géorgiennes d’Abkhazie et d’Ossétie du Sud, Moscou a signé avec elles le 30 avril 2009 un accord “sur la protection commune des frontières” pour une durée de cinq ans renouvelables. Selon ce document, les frontières [avec la Géorgie] des deux républiques seront gardées par les Russes jusqu’à la création de troupes de gardes-frontières abkhazes et sud-ossètes [que la Russie formera]. Des accords de coopération entre les services secrets russes et leurs “homologues” ossètes et abkhazes ont également été conclus. Par ailleurs, Moscou envisage de signer prochainement pas moins de trente accords supplémentaires dans différents domaines avec les régimes fantoches de Soukhoumi et de Tskhinvali.

La suite sur le Courrier International.

Et il y en a qui aiment ça …

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Réunion militante à Brest

Lundi 1er juin à 14h

avec

François Bayrou,

Sylvie Goulard et Bruno Joncour

à l’Auberge de Jeunesse de Brest
5 rue Kerbriant
(en face Océanopolis-Moulin Blanc)

avec collation café et gâteaux

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Hier on était invités chez ATTAC à Morlaix pour répondre à des questions sur les engagements en vue des élections européennes. Le Front de Gauche, le NPA, Europe-Ecologie et le PS étaient également à la table. L’UMP, le FN, Debout la République, Libertas et Lutte Ouvrière n’avaient pas fait le déplacement.

Une bonne soirée face à une salle pas comble mais très attentive, avec un débat un peu expéditif (deux minutes par orateur et par thème abordé) mais qui a permis aux uns et autres d’aller à l’essentiel  des propositions. Taxation des mouvements financiers, paradis fiscaux, initiative législative du Parlement Européen, marchandisation des services publics, voici certains des thèmes abordés. Et bien sur, le TCE/Traité de Lisbonne.

Qui est sorti gagnant de la soirée ? Difficile à dire. Notre orateur, Erwan Balanant (un des quatre vice-présidents finistériens) a porté avec talent et pertinence notre programme. Les candidats des autres listes ont montré d’avoir bien préparé le débat, favorisés par le fait d’avoir reçu les questions à l’avance (nous n’avons rien reçu mais le responsable d’ATTAC était réellement surpris et je crois à sa bonne foi). Peut-être, mais ce n’est que mon goût, le FG mieux que le NPA dans la position de la gauche radicale. Au fond, je crois qu’il n’y a pas de gagnants.

En revanche il y a des perdants. Les absents nous ont montré deux choses : leur désintérêt pour l’enjeux et leur refus du débat avec des gens qui pensent différent d’eux. Cela n’est guère surprenant : aucun besoin de débattre pour des supporters. Cela n’est pas moins désolant : on pourrait s’attendre de la part de personnes qui souhaitent nous représenter à Bruxelles qu’ils fassent un peu de politique.

Ah, j’oubliais, j’ai un message au représentant du NPA : il pense que son parti n’aura pas de députés. Or, selon mes analyses sur l’Ouest (qui ont une marge d’erreur importante) il se pourrait qu’il se trompe. A l’heure actuelle il semblerait assez probable que six sièges sur neuf  se repartissent entre UMP (2), PS (2), MoDem (1), Europe-Ecologie (1). Des trois restants, un pourrait revenir à l’UMP (disons à 65%) les deux autres pouvant profiter (un seul siège par parti) au MoDem (prob. 50%), au PS (50%), au NPA (35%), à Libertas (30%), à Europe-Ecologie (25%), au Front de Gauche (10%). (La somme fait 200% car il y a deux sièges)

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