Mon ami Erwan, s’offusque du fait que le cabinet de J.L.Borloo (Ministère de l’Ecologie) ait « demandé » aux Préfets d’assurer une partie de la promotion de « Home » en pleine campagne électorale. Voyons, quel esprit tordu ! Comment peux-t-il penser que c’est fait exprès …

En plus, il n’a pas du tout aimé le film ! Bon, vous direz, l’image c’est un peu son métier …

Sérieusement, je comprends son agacement. Oui, la planète est magnifique et si nous avions encore des yeux pour regarder ce qui nous entoure on aurait nul besoin de monter dans un hélicoptère. La nature est belle à la télé … mouais … drôle de concept.

Le fait que le cabinet du Ministère de l’Ecologie en ait fait la promotion en pleine campagne électorale ne m’étonne pas : Sarkozy maintien ses promesses, tout est possible. Surtout le pire. Ce qui m’énerve, politiquement c’est que nous ne l’avons dit/su avant. Cette activité de veille est essentielle. Apparemment on l’a négligée. Ensuite, on savait que cela allait être programmé et on aurait du voir venir.

C’est assez évident, Home nous a desservis. Avec un effet amplifié par le clash télévisé (style : « regardez ce *** de Bayrou qui tape le gentil écolo alors que la Terre se meurt … »).

Mais c’est entièrement de notre responsabilité.

Voter !

Petite note rapide dans le style de ces jours-ci. L’excellent Olivier Kempf de EGEA publie une réflexion sur les élections européennes absolument remaquable. Pas question pour le géo-politique de s’attarder sur nos petites chamailleries vert-orange-rose-bleu mais de noter une certaine similitude de parcours entre ce qu’il appelle « l’échec » de la Belgique à construire un sentiment national et la difficulté à construire une autentique politique européenne. En filigrane, Kempf semble pointer un risque d’explosion de la construction européenne, suite à un manque de maturité politique. Pour contraindre le discours politicien à se concentrer sur le niveau européen, il suggère un vrai scrutin multinational.

Certes, il le dit lui même, la faisabilité n’est pas certaine. Cependant il me semble que c’est un regard qu’il conviendrait d’approfondir.

Voter !

Vu de Londres …

Luc a été plus rapide que moi mais je veux vous inciter à lire le nouvel article de Quindi sur notre insuccès électoral. Avec ses yeux d’expatrié qui a une vraie « expérience de l’Europe » il partage un regard certes très dur mais, comme d’habitude, très argumenté.

Ça fera pas plaisir à tout le monde, on peut la contester mais cela reste une analyse remarquable.

De lui, je n’en attendais pas moins … et j’étais en manque.

So, Welcome back, my friend !

Voter !

merciLes Chroniques européennes du large ont pris fin avec mon élection. Permettez-moi cependant de vous écrire encore quelques mots, comme on ajoute un post-scriptum à la fin d’une lettre. Et de vous expliquer pourquoi j’avais choisi ce titre « du large » qui en a étonné plus d’un et qui, dans les circonstances actuelles, s’est révélé fort symbolique. Allons ensemble en mer d’Iroise.

De toutes les visites que j’ai effectuées durant cette campagne, les instants passés avec le commandant de l’Abeille Bourbon, le plus grand remorqueur de secours en mer français, n’auront pas été les moins impressionnants. J’avais déjà eu la chance, durant mes études, de découvrir le milieu du sauvetage en mer et d’apprécier la solidarité exceptionnelle qui lui tient lieu de loi. Ce jour là, à Brest, j’ai rencontré des Princes des mers. D’une voix calme, le Commandant nous a expliqué sa vie, la vie de son équipage : quand le vent monte à 25 nœuds et que les bateaux commencent à rentrer, ils sortent. Quand le vent force encore, dépassant 35 nœuds, pas question de rester à l’abri : ils se rapprochent plus encore du rail d’Ouessant qu’empruntent chaque jour des centaines de bateau en provenance ou à destination de la mer du Nord. Et si nécessaire, en hiver, ils y restent plusieurs jours d’affilée. Leur vie, c’est le gros temps, leur vie, c’est le service des autres, sans mélo, dans une mer déchaînée. Et des interventions par des creux de 15 mètres.

A la fin de la campagne, une tempête s’est levée. Cette élection est un revers. Nous n’avons pas fait le score espéré. En quelques jours, une partie de nos efforts pour parler d’Europe ont été emportés par un paquet de mer. J’y vois une leçon : rien n’est jamais gagné d’avance. J’y vois aussi une chance : en allant au Parlement avec un score si faible, il ne saurait être question d’ivresse de la victoire, ni de cette arrogance que nos partenaires nous reprochent si souvent, à nous Français.

A Bruxelles et Strasbourg, je pars avec le seul souci de servir une région magnifique, peuplée d’hommes et de femmes courageux, solides dans l’adversité, fermes dans la tempête. Je pars préoccupée : dimanche dernier, c’est surtout l’indifférence qui a gagné. Dans certains bureaux, les personnes âgées se sont dérangées, pas les plus jeunes qui boudent l’Europe. En Pologne, l’un des nouveaux Etats membres, la participation totale n’est que de 20 % ! Dans de nombreux pays, l’Autriche les Pays-Bas, l’extrême droite progresse de manière inquiétante, à coups de slogans xénophobes et de haine. Crise et montée de la droite : cela ne vous rappelle rien ? Les Européens devraient se souvenir.

Pour faire vivre la deuxième démocratie du monde, nous avons du travail. Heureusement, je ne suis pas seule. Et compte bien, dans les cinq ans qui viennent, mobiliser tout « mon équipage ».

Merci aux membres de la liste, notamment Bruno Joncour, Elisabeth Delorme, Laurent Gérault mais aussi tous les autres qui, au fil des semaines, m’ont accompagnée dans cette aventure, en montrant tant de grandes qualités humaines, dans leur diversité. Merci à Dominique Le Pennec qui a dirigé la campagne avec un humour et un flegme britanniques. Merci à Aliona, Fabien et Okan qui ont si bien géré mon site Internet et celui du MoDem. Merci aux amis de tous les pays qui m’ont rappelé que l’élection était européenne. Merci aux militants qui ont défendu notre cause sur le terrain, dans les marchés et les cafés démocrates, sans ménager leur peine.

Merci à ceux qui n’ont pas flanché durant la longue attente des résultats définitifs, dimanche soir, au siège du MoDem quand nous avons joué un petit « remake » de La Mort aux trousses.

Merci à tous ceux que j’ai rencontrés durant cette campagne : éleveurs, pêcheurs, chefs d’entreprise, ouvrières, chômeurs, étudiants, stagiaires des chantiers d’insertion que j’aurai à cœur de représenter le mieux possible, avec engagement et humanité.

Sylvie Goulard

Voter !

Dis donc, on nous a bassiné avec l’histoire de l’UMP concentrée sur les Européennes, les candidats motivés, la campagne formidable …

Et Brice, que fait-il ? Il renonce parce que, finalement, l’Europe ne le chatouille pas. Non, il fesait campagne juste pour donner un coup main et pour préparer les régionales. Et peut-être devenir Premier Ministre.

Bande d’hypocrites.

Extrait de l’article du Monde :

Pendant la campagne électorale, Brice Hortefeux arpentait l’Auvergne… en pensant aux régionales de 2010. Lui, élu aux européennes ? C’était impossible, assurait-il, alors qu’il figurait au troisième rang sur la liste UMP Massif Central-Centre. Et le voilà porté par la vague bleue, élu contre son gré à Strasbourg. L’ancien député européen, qui ne fut guère assidu entre 1999 et 2004, ne veut pas retourner dans les institutions européennes. Il espère un jour devenir premier ministre de Nicolas Sarkozy.

L’Elysée a volé à son secours lundi 8 juin dans l’après midi : Brice Hortefeux n’est pas concerné par l’obligation faite aux candidats UMP de siéger au Parlement. « Brice Hortefeux n’avait pas pris l’engagement d’être sur les listes pour être élu. Il s’était inscrit pour pousser la liste. Sinon, il se serait mis en premier », explique l’Elysée.

Voter !

Comme toute matinée post-électorale il y a le petit jeu « qui-a-gagné-qui-a-perdu » que je trouve déjà assez stupide quand ma famille politique se porte bien, alors vous imaginez quand ça ne marche pas du tout. Très bien, jouons le jeu.

Je pense qu’il y a un seul gagnant et plusieurs perdants.

Le gagnant est Nicolas Sarkozy. Autant godillots qu’il puissent être à l’UMP (la seule liste qui se référait à l’élection présidentielle française !) ils ne sont pas stupides. Ils avaient trois objectifs, et le carton est plein : éviter un débat sur le comportement de la majorité au sein du Conseil des Ministres, éviter un vrai débat sur le projet de société que l’Europe devrait porter, casser les possibles dangers en perspective 2012. Car, tout en tapant sur « l’obsession de Bayrou« , il est évident que c’était bien à l’UMP où la pensée était le plus focalisée sur cette échéance. D’ailleurs, quand Michel Barnier dit que ce vote « ouvre la deuxième partie du quinquennat de Sarkozy » on ne peut que se dire que le « parler d’Europe » de cette liste a été une formidable tromperie. Qui a, je n’ai aucun problème à l’admettre, très bien marché. Et, comme quoi, j’ai le sentiment que les déclaration de Cohn-Bendit qui dit ne pas vouloir se porter à la Présidentielle, doivent faire sourir rue de la Boétie.

Ceci n’est pas surprenant : en effet on a un deuxième gagnant. La stupidité. Pour les 60% qui se sont abstenus « parce que on nous a promis et on nous ment, parce que on a voté non et ils se sont assis dessus, parce que la crise, parce que ceci-et-cela »,  j’espère qu’ils sont contents du résultat. Car s’il ne l’aiment pas n’ont qu’à s’en prendre à eux même. Personne ne les a obligés à rester chez eux : c’est leur choix et leur responsabilité. Ont-ils la maturité pour l’assumer ? On ne peut que le souhaiter.

Venons au perdants. Je suis un militant, donc commençons par mon parti. On a perdu, c’est indéniable. Et c’est un échec qui peut nous faire grandir. Somme nous assez adultes pour saisir l’occasion ? Ce que j’ai vu en coulisses et ce que je vois en pleine lumière me laisse un gros doute. Nous avons été faibles, et nous avons perdu par notre faiblesse. Et nous avons été faibles individuellement car on n’a pas su être fort collectivement. Quand on a la prétention de rompre un duopole de pouvoir aussi bien installé en France, on doit savoir qu’on sera attaqué de tout bord, parfois avec de la mauvaise foi et la provocation. Et on doit préparer tout ça, on doit être solide. Du sommet du parti jusqu’au dernier des militants. En passant par les cadres, élus et barons divers. Si l’honnêté intellectuelle était une marchandise plus repandue, on entendrait moins de vierges effarouchées et plus de réflexion.

Mais le vrai grand perdant c’est le Parti Socialiste. Depuis le 21 avril 2002, l’obsession présidentielle est omniprésente. Dois-je rappeler le spectacle du Congrès de Reims ? En 2007, pour éviter un nouveau « cauchemar », le PS avait dû (et réussi à) siphonner tous ses alliés. A partir des écologistes. Depuis, il nous servent tous les jours la même soupe : Bayrou l’imposture de droite. Car ils pensaient que, le Béarnais liquidé, les brebis seraient rentrées docilement au bercail. Grave erreur. Ce qui est impressionant c’est que leur tactique à marché : certes, Bayrou s’est tiré une balle dans les pieds avec son altercation avec Cohn-Bendit. Combien de fois j’ai lu sur le Net (je colore mais à peine) : « Ouh, le méchant Bayrou, il attaque le gentil héro de 68, écologiste, donc de gauche, sur une question de moeurs écoulée … p’tain le réac ! Que c’est de droite ce mec ! ». Donc la stratégie du PS a été un succès. Qui ne leur a pas profité. Chapeau, ça, il fallait le faire.

Et maintenant ? Pour l’Europe, au sens du projet européen, c’est mal parti. Pour inflèchir l’Europe qui se dessine il faudra passer par la case « Gouvernements » : peut-être qu’à cette occasion le message de vérité qui consiste à montrer les imbrication du national et de l’européen sera plus audible.

Ce qui me semble clair, c’est que les français qui votent portent une forte demande d’alternative politique. Cette demande qui a poussé François Bayrou en 2007 est sensiblement la même qui a poussé Europe Ecologie en 2009. Jusqu’à présent, dans ce mouvement, le PS a été jugé non crédible (et Martine Aubry est honnête en l’avouant) . La balle est donc dans le camp des euroécologistes : à eux de montrer que Hulot (soutien de Sarkozy en 2007 si je ne m’abuse), Bové (candidat altermondialiste), Cohn-Bendit (ou pas ?) et toute la galaxie qui s’y reconnait, peuvent construire une alternative crédible.

Personnellement, je suis, quel scoop!, sceptique.

Voter !

Dans une soirée électorale triste, je regarde les résultats dans le canton que je contribue à animer. Et il y a des très bonnes surprises, signe que le travail en profondeur que toute l’équipe a entrepris déjà en 2008 s’avère payant. Je n’ai pas les informations détaillées des autres cantons mais je crois qu’on doit être parmi les meilleures performances de notre département.

Je vous mets, dans l’ordre, le pourcentage de la liste menée par Sylvie Goulard par commune et la position du MoDem par rapport aux autres.

Saint-Derrien : 21,62 % (2)
Plougourvest : 15,06 % (3)
Plounéventer : 15,04 % (3)
Bodilis : 12,70% (2)
Landivisiau : 11,59% (4)
Saint-Servais : 10,19 % (3 à égalité)
Lampaul-Guimiliau : 9,60% (4)
Guimiliau : 7,48% (5)

Moyenne du canton : 12,13% (3)

Moyenne du Finistère : 9,37 % (4)

Moyenne de l’Ouest : 8,48 % (5)

Malgré ce mauvais score, Sylvie Goulard entre donc au Parlement Européen. Félicitations à elle et tous mes voeux d’un travail utile pour les européens qui nous sommes

Voter !

Fin de campagne

Voila voila, la campagne se termine et le blog reprends ses couleurs habituelles. Mais avant qu’il soit minuit deux mots sur la fin de campagne.

Ce soir nous avons inauguré la permanence du Mouvement Démocrate à Brest, tout près de la fac de lettres, en plein centre ville. C’est un outil de travail riche en potentiel que, je l’espère, permettraaux militants et aux citoyens de se rencontrer de plus en plus souvent et de faire progresser les valeurs démocrates sur la ville.

Alors que d’autres regardaient un match de foot avec quelque clin d’oeil aux élections (la Turquie, est-elle une équipe européenne ?) j’étais en réunion publique à Saint Derrien. Au menu, largement dicté par la salle, la politique de cohésion territoriale, les institutions, la prévention des accidents sur le lieux de travail, le marché unique, l’économie de la connaissance, le vin rosé et les quotas laitiers. De l’intérêt, des question, une bonne bière en bonne compagnie …. une belle soirée de campagne.

Et le tout dernier sondage de CSA avec le MoDem à 14 %. Décidément les sondages divergent, signe que l’incertitude est élevée.

Ma campagne s’arrête aujourd’hui : demain ça sera un billet nombriliste sur les copains et les classements divers. Mais ce soir, avant que lacloche de minuit sonne l’arrêt des ostilités, permettez-moi de vous lancer un appel.

Dimanche, votez. Votez pour vous. Pour votre Europe Démocrate.

Voter !

Bolkestein, le retour qui fait pschitt… – Chroniques européennes du large – N° 30

Certains de mes adversaires, cherchant sans doute à écrire « L’Europe par les Nuls », ont eu un trait de génie : faire peur aux électeurs en sortant de la remise le vieil épouvantail « Bolkestein ». Bonnes gens de l’Ouest, tremblez, c’est moi qui, selon eux, aurais rédigé la fameuse « directive Bolkestein » quand j’étais conseillère de Romano Prodi. Une blague ? C’est ce que je me suis d’abord dit. Mais quand plusieurs journalistes locaux ont commencé à m’interroger sur cet intéressant bobard « pour me permettre de donner ma version des faits » (sic), je me suis dit qu’il fallait mettre les choses au clair. La parole est donc à la défense. Ecarter ces inepties me permettra, au passage, de faire une pédagogie utile sur la Commission et son actuel Président.

Début 2004, quand ce texte a été voté par le collège des Commissaires, j’étais bien fonctionnaire dans l’entourage du Président Romano Prodi. Mais, étant chargée des questions institutionnelles, je ne m’occupais pas de marché intérieur. Plus fondamentalement, contrairement aux idées reçues sur les pouvoirs des « technocrates de Bruxelles », ce sont les commissaires, le plus souvent des personnalités politiques, qui prennent les décisions, et eux seuls, collégialement. A cette époque, les deux commissaires français étaient Pascal Lamy (PS) et Michel Barnier, aujourd’hui tête de liste de l’UMP en Ile de France, responsable de la coordination de la campagne UMP pour cette élection. Ils ont voté le projet de directive Bolkestein, dans sa forme initiale. Voilà l’exacte vérité.

La version contestée n’était alors qu’une proposition de la Commission destinée à créer de la croissance et des emplois en développant les services. Nul doute que la Commission ait déjà pu être mieux inspirée qu’en produisant ce texte mal rédigé, reposant sur un principe erroné. La proposition a suivi le chemin que prennent toutes les directives relevant de la co-décision : elle a été soumise au Parlement européen et au Conseil des ministres, les deux instances composées d’élus qui adoptent les textes législatifs européens. Grâce au travail du rapporteur du Parlement, Mme Evelyne Gebhardt, une socialiste allemande, le texte finalement voté n’a plus rien en commun avec la version initiale ; l’idée d’appliquer, sans harmonisation préalable, les règles du pays d’origine du prestataire de services dans le pays de la prestation, a été fort heureusement abandonnée. Ressortir l’épouvantail du texte initial, c’est faire comme si le Parlement n’avait joué aucun rôle. C’est nier, comme certains l’avaient d’ailleurs fait avec une inouïe mauvaise foi en 2005, la possibilité d’amendements parlementaires de fond. Curieux, de la part de personnes qui souhaitent aller elles-mêmes au Parlement, dont on serait en droit d’attendre un peu plus de pédagogie et de rigueur.

Enfin, gardons le calendrier en tête : la Commission Prodi a cessé ses fonctions à l’automne 2004. Au plus fort du débat référendaire de 2005, M . Bolkestein n’était déjà plus commissaire. Il avait un successeur en charge du marché intérieur, M. Mac Creevy, membre de la Commission présidée par M.Barroso. A ma connaissance, M.Mac Creevy n’est pas intervenu une seule fois dans le débat public pour dire qu’il entendait les critiques, qu’il était prêt à discuter avec les Européens inquiets de risques qui avaient sans doute été mal évalués. Le Président de l’époque, M. Barroso n’a pas non plus insisté sur ses responsabilités. Pendant le débat de 2005, il est soigneusement resté à Bruxelles. Pourtant, il avait juridiquement le pouvoir de retirer ce texte ou d’en proposer une nouvelle version. Le Président portugais ne s’est pas gêné pour retirer de l’ordre du jour des textes sociaux, sur le travail des routiers, le statut de l’association européenne ou de la mutualité ! Mais là, rien à faire, c’était « la faute à Bolkestein » ! La manœuvre a consisté à laisser M. Bolkestein, déjà parti, attirer sur son nom la vindicte générale. Ce comportement, peu courageux, et qui montre un acharnement rare à déréguler, est une raison de plus, à mes yeux, de ne pas soutenir M. Barroso, contrairement à l’UMP et une partie du PS européen.

Ainsi, l’épouvantail pourrait surtout se retourner contre ceux qui l’ont sorti de la remise. Avant de m’accuser à tort et à travers, encore faut-il se rappeler le scénario et connaître les rouages de l’Union européenne. Encore faudrait-il que chaque famille politique assume ses responsabilités passées et ses choix pour l’avenir. Ne simplifions pas tout. Il suffira aux électeurs de l’Ouest d’aller voir mon site Internet (www.sylvie-goulard.eu), de lire ma trentaine de chroniques qui s’y trouvent ainsi que différents textes et résumés de mes ouvrages pour dissiper ces fumées. Durant cette campagne, mon ambition constante a été d’aborder les sujets importants de notre avenir : les droits de l’homme, la PAC, le commerce international, l’environnement, la concurrence, la crise, la politique industrielle. J’ai fait un effort d’information que les autres n’ont pas fait.

Mon parcours m’a conduit à travailler à la Commission , c’est exact, et j’en suis fière car c’est une institution qui remplit une mission difficile au service de l’Europe. A Bruxelles, j’ai pu acquérir, de l’intérieur, une expérience qui me sera utile dans mes fonctions parlementaires. Nombreux sont ceux qui attaquent la Commission sans la connaître. Pour l’Ouest, ce sera un atout d’avoir un député immédiatement opérationnel. Je tiens à redire aussi combien je suis fière d’avoir travaillé auprès de Romano Prodi, homme digne, intègre qui a pu faire des erreurs, comme chacun de nous, mais qui demeure un Européen convaincu. Il a été le Président d’une grande Commission et un Président du Conseil dont les Italiens n’avaient pas à rougir.

Sylvie Goulard

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Hier c’était intense. Intervieuw pour Ouest-France (ici pour les abonnées, sinon achetez l’édition de Morlaix !!) le matin. Une réunion publique sur le thème « Europe, crise et TPE/PME » le soir. Entre les deux, une journée passée à discuter discrètement autour d’un verre de rosé (du vrai !!) ou d’un café de la prochaine politique européenne de cohésion territoriale.

Une très belle journée et un très bon retour.

Ce soir c’est Saint Derrien. C’est santé, hôpitaux, services d’intérêt général et territoires ruraux.

Pourquoi clôturer dans cette petite commune ? Ne remercieriez pas, vous, des électeurs qui ont voté pour la candidate Modem aux cantonales à plus de 53% (enfant du pays, certes, mais quand même …) ?

Allez, bonne fin de campagne à tous.

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