Bientôt sept ans que je vis en Bretagne, ancien royaume, puis Duché, tombé dans l’escarcelle de la couronne française au XVIème siècle et intégré à la République dans des conditions juridiques un brin aléatoires. Si les aléas de l’histoire en avaient fait une possession anglaise, j’y serais très probablement installé aussi. Si elle avait su garder son indépendance, également. C’est dire combien l’aspect « français » de la chose m’indiffère au plus haut point dans le plus profond de mon esprit.
Cependant, l’histoire a décidé ainsi, et c’est dans mon français un poil académique que j’écris sur ce blog. N’emaon két o skriva e brezhoneg. I’m not writing down english words. Cosi’ é la vita.
Après ces sept ans, il y a sans doute une France que j’aime. Elle trouve facilement ses avatars dans deux sports collectifs. Oui, j’aime la France des Pelous, des De Villiers (l’autre bien sur), des Du Sautoir. Et j’aime énormément la France de mon sport à moi, le Handball. Une équipe qui a réussi ce qui personne d’autre n’avait jamais su faire. Vous voyez, quand vous avez sur le terrain un Narcisse (désolé Luc, toujours l’autre), un Gille, un Abalo qui a au moins autant de culot que de talent, et ce n’est pas simple, un Karabatic ou encore un Omeyer, et que vous voyez cet amas monstrueux de talent individuel se coupler avec une abnégation farouche pour le collectif, la disponibilité, l’envie de sacrifice et celle de gagner, ensemble, encore et encore, eh bien, on se dit qu’il y a quelque chose de bien dans ce pays.
Dans le sport on se demande souvent qui est la star de l’équipe. Dans le hand français, la star c’est l’équipe. C’est pour cette très simple raison qu’elle gagne tout le gagnable avec une régularité inouïe. et pourtant, il y a ne fut il qu’une trentaine d’années, la France du hand était moins que rien. Depuis presque vingt, elle est au sommet. Oui, c’est possible.
Et, bien évidemment, il y a une france (car elle mérite bien le minuscule) qui atteint des sommets de nullité. Voire plusieurs, mais aujourd’hui je suis de bonne humeur : je suis en congé (verglas), faudrait pas gâcher le plaisir. Par conséquent, je me cantonnerai à la france (bis repetita) politique. La france sarkozyste qui s’assume, et la france sarkozyste qui s’ignore. Celle qui brille pour l’absence du moindre esprit collectif, de la moindre capacité à s’ancrer dans la durée, celle qui parle « valeurs » et qui est capable à peine de penser « fauteuils ». Celle de l’agitation permanente, celle de la copinocratie , celle qui préfère le vent des modes à la sueur de travail de terrain. Une france qui est hélas trop présente dans l’ensemble su spectre politique. C’est d’ailleurs une des raisons des victoires de Berlusconi ou de Sarkozy ou autres Bush sr-et-jr : ils ne mentent pas, quitte à choquer ils sont eux mêmes et une partie des pays s’y reconnait.
Si on croit au postulat premier de la théorie de la démocratie, c’est à dire que le système politique, en démocratie, ne fait que refléter une image condensée certes mais néanmoins fidèle de la société, alors on se dit que pour ce pays, comme pour bien d’autres et notamment pour le mien (click ici, c’est édifiant), il ne reste plus beaucoup d’espoir.
Monsieur Onesta, en 2012 avec les JO votre cycle sera probablement fini … n’auriez vous par hasard envie de devenir Président ? Entre « gens Claudia » on se comprendrait facilement (et notre boulet historique on l’a déjà eu…).