Zapoqui ?

Eh oui, le Professeur Zapotec, après avoir envoyé Mickey et Dingo ici et là dans les méandres du temps et de l’espace, me laisse la possibilité d’utiliser sa merveilleuse machine.

Ma plongée en immersion temporelle me porterait sans doute à Eleusis, autour du 610 av JC, à la rencontre de ces racines païennes de l’Europe si profondes et si oubliées. Certes, j’aurais préféré démarrer par Toja (Finlande), la vraie Troie selon des recherches hétérodoxes mais convaincantes, histoire de connaitre la vérité sur ces faits … mais l’année exacte reste incertaine. Et il faut bien laisser quelques mystères à l’histoire.

En revenant à la surface de l’Histoire j’aimerais discuter avec Protagoras, Diogène et mon homonyme Pyrrhôn. Je crois qu’on se marrerait bien. Une bière avec Boudicca en 60. Une étape au comté de Vannes, en 850. Une escapade florentine en 1503 pour rencontrer mon idole de jeunesse. J’aurais aimé être à Zurich, en 1904, discuter avec un physicien excentrique. Ou à Vienne, quelque part dans les années 30, pour assister à une réunion du Cercle.

Dans le futur, je ne m’y avancerais pas : connaitre le futur rendrait le présente extrêmement ennuyeux. C’est pour cette raison que je choisirais quand même de rester au 22 mars 2010. C’est ici et maintenant qu’on bâtit l’Histoire.

Tag à Hérvé, Christelle, Yann, Nemo, Michel et Françoise.

Voter !

Cette nuit, j’ai envoyé le premier jet de mon « machin » à quelque personne dont j’ai les adresses électroniques. Je vous rend publique le texte du mail.

Bonsoir à vous tous. Vous êtes relativement nombreux à recevoir ce premier jet de document. Je sais, il est truffé de fautes et il est un peu lourd à lire. Mais je tenais à que vous en preniez connaissance dès sa première rédaction. Je suis à l’écoute de critiques, observations, remarques, exigences de clarification. Le but de ce document, dans la lignée de mon engagement de toujours, est de contribuer à la construction de l’édifice. Il m’est avis que nous souffrons d’une faiblesse idéologique certaine, masquée à nos yeux par notre être déjà acquis à la cause. Nous parlons avec trop de mots, trop de références, trop de plaisir à contempler notre intelligence. Par ailleurs, ce sont des défauts que ce premier jet de texte présente aussi. Je suis conscient du travail supplémentaire que je dois lui dédier. Cependant, je ne m’adresse pas à des simples électeurs. Je m’adresse aux personnes, à mon sens, de plus grande qualité dans mon carnet d’adresses. Et je leur propose de remplacer la pluralité de mots et d’expressions, souvent illisibles pour l’électeur, qu’on a essayé de porter, par la plus riche, profonde et noble des paroles de la politique : la liberté. Merci à vous de l’écoute et des réactions.

Il y existe des blogueurs de qualité et que j’imagine intéressés dont je n’ai pas les adresses. S’ils souhaitent être tenus au courant, il suffit de m’envoyer un mail à l’adresse :

skeptikos [at] dremm . net

Dans cette première phase, je me réserve de limiter l’envoi du texte à ceux qui, par leurs écrits et prises de positions, peuvent se reconnaître dans la démarche authentiquement démocrate qui est la mienne. Je n’en fais pas une question partisane : je me contrefous pour quel parti les gens ont voté dans leur histoire. C’est leur histoire, c’est leur chemin. Le chemin qui les a conduits à leur positionnement actuel. Et je sais, par mon histoire personnelle, combien le parcours de maturation politique peut ne pas être linéaire.

Simplement, je demande à ceux qui se sentent bien dans une autre démarche partisane, de respecter le travail qu’on essaie de monter, car il y aura tout le temps de discuter, mieux se de manière conviviale, une fois le document arrêté dans sa formulation définitive.

Merci, et bonne liberté à vous tous.

Voter !

En toute logique

Nota : tous les pourcentages cités sont tirés de sources de presse, je m’excuse par l’avance d’éventuels erreurs que je corrigerai le cas échéant avec les données officielles, une fois celles-ci disponibles.

Après la veste des européennes, le veston des régionales.

Le MoDem, pardon, les listes soutenues par le MoDem, à 4% nationalement, selon les estimations.

Une seule région où le maintien est possible : l’Aquitaine, avec peu de marge. En Bretagne, où la liste conduite par Bruno Joncour ambitionnait les 10%, on sauve tous juste les meubles financiers : avec 5,36%, cinquième force derrière le Front National, on sera remboursés. Heureusement, le piètre résultat finistérien (3,61 %) n’a pas induit de dégâts plus conséquents. Et malgré tout, il se peut que cela soit un des meilleurs scores au niveau national.

Même si l’ampleur des dégâts est supérieur à ce que j’avais prévu (j’estimais autour de 7/8 pour la Bretagne), le résultat n’est guère étonnant. Quand on a peur d’assumer son identité, les électeurs regardent ailleurs. Et cela malgré les qualités reconnues de Bruno.

Dans mon canton, Bayrou avait récolté, au présidentielles, 2784 voix. Il n’en reste plus que 308. Et encore, mon canton est un canton avec un score honorable, nettement supérieur à la moyenne départementale. Peut-être nous y avons aussi la commune avec le score plus élevé du département (13,13 %) avec Plougourvest, bourgade du blogueur-candidat (en 8ème position) Alain Somme. Je regarderai les tableaux dans la presse demain pour en être sûr. En tout cas, bravo à lui pour s’être décarcassé avec intelligence et générosité.

Que faire de ce résultat ? Écouter, enfin, l’électorat ça ne serait pas une mauvaise chose.

Et l’électorat dit, c’est mon opinion, qu’un MoDem toujours tiraillé entre petits groupes de petits pouvoir, toujours en train de jouer à qui est plus centriste, plus orange, plus vert, toujours incapable d’être cohérent avec lui-même, et bien, le MoDem n’est pas crédible.

Aujourd’hui commence le raide chemin qui va nous conduire aux élections présidentielles, les seules où François Bayrou peut mettre dans la balance tout le poids de sa personnalité, de sa culture et de ses intuitions. J’étonnerai quelques lecteurs mais François Bayrou peut devenir Président en 2012, bien que cela ne soit pas probable.

Nous connaissons d’ores et déjà les arguments qui vont être déployés contre sa campagne. Il est seul. Pas de programme. Incapable d’avoir une majorité. Obsédé par le pouvoir. Un  illuminé. On a déjà vu, et on a déjà vu combien ces arguments peuvent faire prise durablement sur l’électorat.

A nous de les déjouer dès à présent. Et il y a un seul moyen pour le faire. Fonder, enfin, le Mouvement Démocrate au niveau de son idéologie. Fonder enfin ce parti qui sache parler différent aux électeurs non seulement dans la forme mais dans la substance.

Face aux dirigismes bleu, rouges, roses, vertes et autres couleurs fantaisistes, les Démocrates doivent incarner la force de la liberté. C’est par ce chemin, par l’invention de l’humanisme du XXIème siècle, que les Démocrates permettront, je le souhaite, de dépasser les clivages archaïques qui continuent à structurer l’espace politique français avec le résultat mirobolant de conduire la majorité absolue du corps citoyen à s’exclure de la vie politique, de la participation aux décisions collectives.

Je l’ai dit de nombreuses fois, y inclus sur ces mêmes pages. Le centrisme n’a plus de pertinence politique. L’écologisme est une impasse. La dictature des marchés, pas mieux. Des étatismes de droite et de gauche, on taira par pitié humaine.

Nous n’avons même pas à tirer un trait sur le passé : les électeurs s’en sont chargé à notre place.

Maintenant, inventons la politique de demain, pour mettre l’État au services des citoyens, pour accompagner le développement de notre civilisation, pour contribuer à l’élargissement continu de l’espace de liberté.

Voter !

En ce lundi matin, juste un questionnement à partager, sans prétention d’y apporter une réponse : les ci-dits « leaders d’opinion », ça compte combien ? Quelque chose, sans aucun doute, mais sont ils réellement aussi « leaders » qu’ils le prétendent ?

En 2008 nous avons fait campagne pour les cantonales avec seulement 4 listes, ce qui est relativement peu (UMP, PS, MoDem, FN). La sortante socialiste ne se représentait pas et la nouvelle candidate était relativement peu connue. Le candidats UMP, Maire de la ville centre (50% des électeurs du canton), était également candidat à sa succession à la Mairie contre la candidate PS (cumul des candidatures pour pallier au manque de notoriété, un classique). Pour la Mairie, seuls UMP et PS étaient en lice, nous ayant choisi de nous concentrer sur les cantonales et ne pas éparpiller l’énergie d’une équipe très hétérogène et, à l’époque, encore en devenir.

Le candidat de l’UMP gagna la ville 55-45. Un score important. Dans sa campagne cantonales, il avait le soutien de six Maires sortants du canton (qui en compte huit, donc un seul lui manquait) avec tant de photo et déclarations dans les documents de campagne. De même, le président départemental du MoDem de l’époque, depuis passé à l’Alliance Centriste, lui affichait son soutien dans la presse malgré la présence d’une candidature démocrate que lui même avait consenti. Enfin, notre canton est en grande majorité agricole et les Maires sont souvent nettement plus à droite qu’à gauche (souvent, pas tout à fait toujours).

Si ces relais avaient été efficaces, il aurait du passer dans un carrosse au premier tour … eh bien non. Avec un MoDem à 16% (avec des candidats à la première grosse expérience) et un FN frôlant les 4%, il fut obligé de repiquer au deuxième tour. Où, avec la tenue du MoDem (à presque 14%) et un électorat FN fortement abstentionniste, il continua à ne pas dépasser la barre des 50% (48,18). En effet, l’écart de deuxième tour entre UMP et PS (10%) est drôlement proche de l’écart du duel sur la ville centre.

Mais ces leaders d’opinion, étaient-ils en vacances ?

ps : je ne pourrai pas y être car retenu pour des raisons professionnelles, mais la liste « soutenue par le MoDem » tient réunion publique sur ce canton ce soir à 18h30, espace Yves Quéguiner. Si vous êtes électeurs oranges, allez-y : les candidats apprécieront votre soutien. Si vous êtes électeurs indécis ou si vous envisagez de vous abstenir, allez-y. Au pire, vous ferez votre choix en connaissance de cause.

Voter !

Petit scoop qui fera plaisir à mes ennemis (peu) démocrates : je me prépare à abandonner mes activités politiques stricto sensu.

Petit hic : ce n’est absolument pas pour tout de suite. Car, avant de reprendre le rôle qui me sied le mieux, celui d’un producteur d’idées capable de dialoguer avec le monde politique, j’ai un travail à faire. Un travail qui demande une implication directe et personnelle en première ligne de ma part. Mes lecteurs les plus anciens, qui sont devenus de vrais amis malgré les kilomètres qui nous séparent, savent que j’ai une façon assez particulière de mener mes combats : là où le comportement politicien est souvent fait de coulisses, de grands bluffs et de petits chantages, je préfères avancer à visage découvert. Paradoxalement, afficher la couleur permet de mieux se protéger et aussi de concentrer l’énergie sur l’essentiel.

J’estime, avec toute l’incertitude qu’il faut accorder à une prévision, que décembre 2011 marquera la fin de mon « job ». Car, il s’agit d’un travail qui ne peut être mené correctement qu’en fin de cycle électoral. Dès janvier 2012, rien de nouveau ne pourra être construit : la campagne présidentielle, qui va démarrer le 22 mars et qui, en réalité, n’a jamais connue de véritable arrêt, va s’intensifier. Dans la foulée les législatives et, cette fois, une vraie échéance de mi-mandat en 2014 qui va voir municipales, européennes et nouvelles élections territoriales (si je ne me mêle pas les pinceaux) en même temps. Calendrier trop encombré pour éviter que les ambitions diverses (et légitimes au demeurant) ne phagocytent l’espace de travail. Construire, c’est maintenant. Car le 22, et pour certains endroits le 15, sera déjà le temps des questionnements. J’ai mes réponses. Discutables. Personnelles. Mais également robustes, je crois. Les garder pour moi serait stérile. Libre à mes collègues de suivre ou pas, en tout ou en partie.

Première étape, l’écriture d’un texte, relativement court, en guise de testament (ou manifeste, ça dépend des points de vue) politique. Le titre provisoire est : La route de la liberté.

Clin d’œil à l’ouvrage probablement le plus connu, bien que certainement pas le plus abouti, de Friedrich Hayek (La route de la servitude), ce titre résume toute ma vision politique. Tout est question de liberté. Mais la liberté, avant même d’être un droit et très loin d’être un état naturel, c’est une conquête issue d’un combat de tous les jours. La route de la liberté, est un chemin pierreux de montagne. Jean Lassalle, à qui je souhaite le meilleur pour son difficile combat en Aquitaine, apprécierait, je crois.

Cependant, ce texte, je ne peux pas l’écrire seul. Mon français ne me satisfait pas, compte tenu de l’exigence de précision, de synthèse et de lisibilité du texte à produire.

En toute humilité je cherche donc une plume. Qui aura comme seule rémunération le plaisir d’avoir joué un rôle dans ce parcours. Ce qui revient, de ma part, à partager l’intégralité des bénéfices que je vais tirer de l’opération.

Voter !

Prémisse qui devrait être inutile : le nom des leaders politiques pris pour référence sont à considérer comme des avatars de positions idéologiques plus générales et non comme des références strictes à la personne citée.

Jean-Luc Benhamias, ancien responsable des Verts, ayant intégré le MoDem, pour lequel il a été élu député européen, depuis quelque temps déjà, est à l’origine d’un nouveau sujet, Ecologie et Démocratie, auquel on pourra adhérer après les régionales.

La démarche étant très récente, il est difficile d’en cerner le caractère authentique : tactique ? de fond ? N’ayant pas plus d’éléments, il me semble judicieux de prendre la deuxième hypothèse. D’ailleurs, si cela devait être une pure manœuvre politicienne, elle n’aurait aucun intérêt au fins de cette série de billets. Donc, posons l’hypothèse que c’est du fond. Est-que ce fond est intéressant ? Est-qu’il montre le potentiel pour dépasser faiblesses et limites des autres approches déjà passés en revue ?

Sur papier, je suis sceptique. Je recopie du site officiel :

Ouverte à tous ceux pour qui écologie et démocratie sont indissociables, cette fédération vise l’accélération de la mise en place des mesures indispensables à l’émergence d’une société responsable.

- « Ecologie et démocratie » participe en France et en Europe à toutes les initiatives qui œuvrent à la construction d’une force démocrate, écologique et sociale dont le Mouvement Démocrate (MoDem) est le principal référent en France et le Parti Démocrate Européen en Europe.
- « Ecologie et démocratie » débat avec toutes les formations se revendiquant de l’écologie politique en France et en Europe.
- « Ecologie et démocratie » est ouverte aux discussions avec tous les démocrates, laïcs et républicains et soutient en ce sens l’initiative du Rassemblement initiée à Marseille et Dijon autour de Vincent Peillon, Marielle De Sarnez, Daniel Cohn-Bendit, Christiane Taubira, Robert Hue, François Rebsamen et Jean-Luc Bennahmias.

On y trouve trois choses, dans ce passage éclaircissant. Sans hiérarchie entre les points, on peut commencer par citer le rappel très « Brundtland » du « rassemblement » pour construire une force « démocrate, écologique et sociale » ayant comme interlocuteurs privilégiés ceux issus de « l’écologie politique ». En cela, la différenciation avec la démarche « à la Cohn-Bendit » est faible, la distance avec une approche « à la Lepage », infime.

De même, il y a l’appel à une « société responsable », rappel implicite au volontarisme de l’action des minorités éclairées assez contradictoire avec le rappel à la démocratie, affichée dès le « label ».

Enfin, l’ancrage strictement « modémiste » de la proposition. Ce dernier élément pourrait avoir un quelque intérêt si le MoDem s’avérait capable de dépasser le stade de « mouvement centriste » (cf Anticentrisme). Ce qui ne semble pas, à mon regret, être réellement d’actualité. En effet, et en l’état, il me semble que le fond original soit relativement modeste, impression renforcée par l’affichage comme « valeurs fondateurs » de « simples » mesures de programme (parfois intéressantes, au demeurant).

Ainsi, le sentiment que l’hypothèse de départ n’est pas bonne et qu’on est en présence d’un mouvement tactique pour ne pas découvrir le « flanc vert des oranges », alors que le PS peut phagocyter la dynamique verte et euroécologiste et que l’UMP dispose de solides relais médiatiques et de quelque personnalité sincèrement impliquée (Morizet, Juppé, plus sceptique sur Borloo). Dans ce cas, rien de nouveau sur l’échiquier.

Fautes d’éléments plus concrets, je me réserve, sceptiquement, le jugement.

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Prémisse qui devrait être inutile : le nom des leaders politiques pris pour référence sont à considérer comme des avatars de positions idéologiques plus générales et non comme des références strictes à la personne citée.

Avec Corinne Lepage et son « Cap21″, on aborde la thématique écologique sous un angle intéressant : il n’est pas question de « sauver la planète » mais de « sauver la vie de l’homme sur la planète ». Le principe me plaît et l’astronome manqué que je suis pense naturellement aux cycles de vie des planètes. La Terre est née bien avant l’homme et elle, probablement, lui survivra longtemps. La Terre est un organisme vivant qui abrite un certain nombre de symbiontes, dont l’homme. Si celui persiste à se comporter en parasite, l’organisme principal le dégagera pour assurer sa survie.

A partir de cette prémisse, on comprend aisément le fait que j’ai regardé avec beaucoup de intérêt et de sympathie à la démarche. Cependant, Corinne (j’espère qu’elle ne m’en voudra pas de la tutoyer) fait, à mon avis, la même erreur que François Bayrou avec son idée de « centralité ». En effet, elle n’a de cesse d’appeler à un rassemblement « écologique, social et démocrate » et de préconiser une « écolonomie sociale de marché ». L’idée étant que mettre côte à côte des gens « plutôt écolo », « plutôt sociaux », « plutôt écono » serait une garantie de prise en compte globale des problèmes.

La démarche, de mon point de vue, présente deux faiblesses très fortes, qui se renforcent l’une l’autre. Tout d’abord, pour que cela puisse fonctionner, chacune des personnes composant les « pétales » du trèfle du durable devrait être capable de placer le débat sur ce qui rassemble plutôt que sur ce qui divise. Cela est sans compter sur le fait que la différenciation des disciplines tend à mettre en exergue  les différences. Et même au delà de cet aspect de réalisme, le procédé conduit nécessairement à la recherche d’un compromis « a minima », à la stérilisation des diversités de vision pour ne garder ce qui serait « durable-compatible ». D’ailleurs, il serait injuste de faire porter le poids de cette faiblesse à Cap21 : elle est bien présente dès la formulation du concept de « durable » que le mouvement écologiste ne fait qu’interpréter, de manière assez fidèle par ailleurs, ce que l’image ici bas montre avec clarté. Je l’ai appelé « Lepage » pour coller au national mais j’aurais dû l’appeler « l’approche Brundtland ».

Or, il m’est avis que, pour offrir une perspective politique réelle à nos sociétés, on ne peut pas bâtir par soustraction : le vrai défi ce n’est pas de trouver ce microespace où environnement, économie et social convergent mais de donner un sens propre, indépendant, autonome à ce « durable » pour le rendre capable d’être inclusif, de constituer un cadre dans lequel tout un chacun pourrait s’y retrouver.

Par conséquent, tout comme l’appel à faire travailler ensemble des gens de droite et de gauche garde une portée limitée, ce « rassemblement » tourne facilement au dialogue de sourds. Même si, et c’est que justice de le dire, il y a chez Cap21 aussi des gens de qualité exceptionnelle. Quelqu’un tient aussi un blog que j’aime beaucoup. Mais bâtir une vision politique uniquement sur la qualité individuelle des personnes, c’est supporter les aléas de la statistique. Et comme, en moyenne, nous sommes tous moyens, ce n’est pas très judicieux.

Au pire, une impasse. Au mieux une construction éphémère.

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Prémisse qui devrait être inutile : le nom des leaders politiques pris pour référence sont à considérer comme des avatars de positions idéologiques plus générales et non comme des références strictes à la personne citée.

La démarche « à la DCB » (devrais-je dire à la « EE », d’ailleurs), s’appuie sur idée ancienne mais toujours efficace : la valorisation des corps intermédiaires, notamment les réseaux associatifs et les réseaux spontanés (comme les « réseaux sociaux ») de passionnés thématiques dans une démarche de « rassemblement ». Si l’approche « Duflot » vise la construction d’un monde « souhaitable » (et souhaité), pure approche constructiviste pour utiliser la terminologie d’Hayek, celle « DCB » prône l’émergence d’un monde « possible ». Le passionné de politique (pas de l’actualité politique, nuance) notera une certaine ressemblance avec les démarches « centristes » d’avant 1989 : face à des maximalismes (deux avant 1989, trois maintenant avec l’orthodoxie verte), on s’appuie sur le mythe de la « société civile » opposé à la « société incivile », c’est à dire aux politiciens définis avec un certain mépris « de profession ». Les associations écologistes dans le même rôle des association d’entraide catholique des années 50.

D’ailleurs, Daniel Cohn-Bendit, en homme intelligent et fin connaisseur de la chose politique (le fait qu’il joue et même sur-joue au clown c’est pour mieux cacher son jeu et entretenir une fausse aura « de proximité ») ne s’y est pas trompé. D’abord ciblant le MoDem aux européennes (il y a un passé avant les faits médiatiques, suffit de reprendre les archives des journaux), puis essayant de piloter un rapprochement avec tant de piques au « sectarisme latent » des verts, enfin, face aux mauvais sondages des oranges, la tentative de porter un coup de grâce définitif avec son lot de perspectives laissées miroiter à certains et de petites phrases (les « déchets radioactifs », à titre d’exemple).

Simplifiée par un ancrage qui paraît naturel « aux centre-gauche », en alliance/compétition avec le PS, la posture peut être intéressante, à des fins électoraux. En quelque sorte, je crois qu’il n’est pas abusif de définir EE comme l’UDF du PS. La politique est une question de logique, avant d’être une question de personnes, même si la largissime majorité des personnes impliquées en politique n’ont pas le niveau pour le comprendre.

Cette démarche, à mon avis, représente une double impasse. Premièrement, c’est une démarche faible en termes de structuration de pensée : seule une pensée non structurée peut être assez souple pour accueillir la diversité de vision sectorielles, relativement décousues, émergentes du contexte relativement anarchique du « terrain ». L’environnement comme évidence, comme postulat, comme plus petit ressenti commun dans la fonction de liant faible. Tout le monde s’y sent à l’aise mais on n’a pas d’authentique « vision du monde ». On se limite à reproduire le questionnement des citoyens en lieu de l’interpréter. On renonce à la politique.

D’ailleurs, tenir Eva Joly et José Bové, cela demande une certaine … souplesse intellectuelle.

Ensuite, comme toute démarche de compromis, elle hérite des faiblesses des approches « pures », dans ce cas écologisme orthodoxe et socialisme. Sur le premier je me suis déjà exprimé, sur le second je crois qu’il en est nullement besoin.

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Prémisse qui devrait être inutile : le nom des leaders politiques pris pour référence sont à considérer comme des avatars de positions idéologiques plus générales et non comme des références strictes à la personne citée.

Il s’agit, histoire oblige, d’une vision de l’écologisme très structurée et je partage l’avis de Toréador quand il affirme qu’on est en présence d’une idéologie qui se veut globale et qui est susceptible de remplacer, à terme l’idéologie socialiste dans son rôle politique. Cependant, elle reste ce que j’appelle « une impasse ». Et contrairement à Alec, j’estime que c’est impasse est idéologique alors que, avec un peu de maîtrise et de capacité d’anticipation, elle peut trouver un consensus électoral important.

J’aime les paradoxes, alors permettez moi de faire mon Socrate.

Je pense que tout écologiste « orthodoxe » sera d’accord avec moi si je dis que le capitalisme est une impasse, ce dont je suis radicalement convaincu. Par conséquent, se je peut montrer que l’écologisme partage les mêmes défaut de l’idéologie capitaliste, il devrait (noter le conditionnel, la foi ne se discute pas …) convenir qu’il s’agit d’une voie sans issue.

Or, les deux, vise à imposer un modèle de comportement universel, ce qui va à l’encontre de la simple diversité humaine (cf. l’œuvre d’Amartya Sen) : elles sont donc deux idéologies de conflit, qui portent en eux les germes de la théorisation de la domination d’une élite visionnaire sur les masses ignares. Il s’agit de deux visions du mondes potentiellement totalitaires. L’histoire nous apprend que toute approche de ce type s’est heurtée, tôt ou tard, à des formes de rébellion, plus ou moins violentes, par cause de leur incapacité à reconnaitre les besoins politiques.

Les deux, et c’est une conséquence directe de ce qui est plus haut, privilégient le mécanisme à l’humain. La croissance au prix des formes modernes de servage. L’optimisation énergétique des comportements au prix de la réduction de l’homme à un producteur d’entropie.

Les deux, est c’est rédhibitoire dans le regard d’un pyrrhonien comme moi, ne laissent aucune place au doute. Il n’y a que des vérités, que des certitudes. La terre est plate. Elle est au centre de l’univers. Je me suis trompé de millénaire ? Oh que non, hélas ! Ipse dixit, c’est toujours et plus que jamais d’actualité. Et pourtant, elle tourne.

Dans leurs versions « pures », tant le capitalisme que l’écologisme (et on pourrait bien sur élargir au socialisme et toute autre idéologie de domination) représentent des obscurantismes. Et le fait qu’il s’agit d’un obscurantisme à la mode, n’y change rien : même l’Inquisition espagnole fut populaire en son temps.

On me répondra : mais l’écologisme, c’est le durable, tout est pris en compte ! Je ne suis pas d’accord et j’espère que les ayatollah divers me laisseront la liberté de ne pas être, mais alors pas du tout, convaincu.

Ceux qui affirment ça, connaissent, je crois, mal le capitalisme. A l’échelle idéologique il y a un postulat : l’important, c’est le « plus », identifié avec le domaine économique. Tout le reste, n’est pas négligé. Il est tout juste subordonné logiquement à l’économique. Ainsi, le social et l’environnemental sont aspiré dans l’économique. Le « durable », dans cette vision, se fond dans l’économique. Tout comme dans l’ouvrage de Marx, par ailleurs, où la société n’est que superstructure. Une crèche d’entreprise ? C’est bon pour la productivité. Un système de santé performant ? Ça limite les absences. Les algues vertes ? Un problème pour le tourisme et la valeur du foncier.

L’écologisme propose strictement le même chemin, mais à partir de l’environnement, qui devient le pivot de toute la construction intellectuelle. L’équilibre nécessaire entre les trois volets pour parvenir au durable est rompu avant même d’exister. Avec une faiblesse supplémentaire pour l’écologisme : là où le capitalisme laisse l’illusion de la liberté par le biais d’une certaine utilité immédiate, l’écologisme nécessite d’une perspective plus à long terme. Par conséquent, se devant de guider les masses ignares vers des « destins merveilleux et progressifs », il se tourne naturellement vers des mécanismes de planification qui ont fait la preuve de leur échec.

Capitalisme et écologisme sont identiques, dans leur logique, bien qu’appliqués à des objets différents. Ils partagent donc la même nature : il ne sont que des impasses.

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Il y a quelques jours, Toréador sortait un billet, écrit avec talent comme souvent lui arrive, au titre titilleur : Désir de Rupture n°26 : l’écologisme alternative au socialisme ? Je vous en conseille la lecture, si par aventure vous l’aviez raté, il y a des éléments de réflexion fort intéressants. Ce qui n’implique pas que je partage l’avis de mon illustre blogo-collègue.

Mon opinion, je me cite, est que : « De mon point de vue, l’écologisme est une impasse car il ne saisit pas la nature profonde des enjeux. En revanche tu as raisons quand tu remarques une certain dogmatisme, ce qui est par ailleurs la meilleure prémisse de la radicalité et de intolérance. » Joies du débat, Alec (c’est le site qu’il met en lien aux commentaires) me pose (deux fois) une question pertinente : c’est quoi la nature profonde des enjeux ? Je soupçonne  Alec d’être moin « à blanc » de ce qu’il veut faire croire, mais sa question demeure pertinente. Alors, hop, on répond.

Je fais de la politique car je crois que la politique a un sens. Je crois que le sens de la politique est d’interpréter les demandes que les acteurs de la société (personnes, entreprises, corporations et  groupes de pression, et ainsi de suite) lui adressent, de les lire dans le contexte spécifique et d’y apporter des éléments de solutions qui dépassent le stricte intérêt particulier de l’acteur pour s’insérer de manière cohérente dans une vision d’intérêt général (oui, c’est une formulation vague et imprécise mais si vous voulez un traité, je vous fais un devis du temps d’écriture). Je crois également que cette « vision » ne peut que reposer sur une pensée, une idéologie si vous êtes plus à l’aise avec ce terme, capable de rendre cohérents les différents aspects de la prise en compte des problèmes. Je crois que cela est nécessaire, à la fois, pour stimuler l’adhésion aux proposition et pour permettre au plus grand nombre de s’approprier la démarche. Qui ne peut être que « positive », une démarche où « tout le monde » trouvera son compte en vertu de cette cohérence interne et externe de la pensée.

Je crois que, en tout cas pour le niveau d’approfondissement permise par un blog, dire que cet aspect profondément humain (je n’aime pas le terme humaniste, j’en parlerai peut-être une autre fois) de la démarche politique, cette ambition de permettre à chacun de trouver, librement, sa place dans une vision de société, constitue la « nature » des enjeux. L’Homme est mesure de toutes les choses … (Protagoras) e rien ne peut être appréhendé sans une mesure, fut-elle incommensurable.

Voilà pour qui est mon avis sur la question spécifique. Mais je remercie Alec car il me donne l’occasion d’aller plus loin et d’expliquer pourquoi, malgré des valeurs personnels et intimes qui me rendent extrêmement sensible aux thématiques environnementales, je crois que l’écologisme est une impasse politique. Dans quatre courts billets à venir j’essaierai de le montrer par une brève critique de quatre grandes approches, identifiées par quatre leaders politiques qui les incarnent : Cécile Duflot, Daniel Cohn-Bendit, Corinne Lepage, Jean-Luc Benhamias.

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