Les sondages sur les Présidentielles fusent, et ça ne sert à rien de rappeler que jamais, en tout cas à ma mémoire, un sondage à deux ans n’a donné une indication un tant soit peu précise de l’issue électorale.

Et, si l’on veut, cela est une très bonne chose qui ne met pas forcément en cause les instituts de sondage : deux ans, en politique, c’est très très long. Déjà qu’il paraît que 90 minutes sont longs à Barcelone … mais je m’égare.

Deux ans c’est long et beaucoup de choses vont se passer d’ici là, ce qui fera changer, probablement, l’orientation de l’opinion. Cependant, ces sondages donnent une photo à l’instant présent : c’est utile pour les challengers de voir quel retard doivent combler.

Le Figaro fait état d’un IFOP intéressant :

Sarkozy : 25 %

Aubry : 25 %

Le Pen (Marine) : 13 %

Duflot : 8 %

Bayrou : 7 %

De Villepin : 7 %

Mélenchon : 6 %

Besancenot : 3 %

Borloo : 3 %

Autres (mon calcul) : 3 %

Il y a là dedans deux candidatures auxquelles je ne crois pas, à des degrés différents : Borloo et De Villepin. En revanche une candidature Arthuis (ou similaire), même avec l’aval discret de l’Elysée me paraît à envisager. Cela pourrait d’ailleurs, par un jeu de flux musicaux, affaiblir légèrement Le Pen, mais cela reste à voir.

Ce qui est clair dans ce sondage (et dans les consultations électorales récentes) :

- Sarkozy s’affaiblit par rapport au 31 % de 2007 mais il ne s’effondre pas (on doit rajouter un deux points en provenance du sondage « Borloo » et deux points du « Villepin », à mon avis)

- Aubry est un challenger crédible, donc la candidature de DSK n’a rien de « naturel »

- Comme aux européennes et même aux régionales le démarrage des écologistes est faible. Mais ils ont deux fois sur deux réaliser des bonnes fins de campagne : un bon score n’est pas à exclure même s’ils ne semblent pas en mesure de challenger le candidat PS.

- Le FN « normalisé » de Marine Le Pen se nourrit de la crise à la fois économique et de confiance dans la politique

- Le MoDem est relativement mal en point. Ce qu’on savait déjà, par ailleurs.

Certes, il ne manquera point de personnes pour remarquer que Bayrou démarra à 6 % la campagne de 2007. Cependant, mes amis ferait bien de noter que depuis le MoDem a toujours fait moins bien que les prévisions des premiers sondages avec des fins de campagne en faiblesse.

L’espace politique semble, à regarder ce sondage, bouché. Et même si un « recentrage à droite » (ce qui reste à mon avis un oxymore) permettait de conquérir le consensus dont il est crédité De Villepin, on ne serait que aux quelques 12 % qui caractérisent des partis moyens, bons « perdants », dont la survie politique dépend du bon vouloir des « gros ».

Certes, les vicissitudes de nos voisins d’outre manche nous montrent que rien n’est impossible, même avec un système électoral extrêmement pénalisant. Mais penser que nous pouvons aisément reproduire ce sursaut démocrate serait illusoire. Car la conjoncture politique (ex. scandales divers) au Royaume Uni est différente qu’en France et parce que les Lib-Dems, cela fait des années et des élections qu’ils arrivent à avoir des élus nationaux et locaux en indépendance.

Et entre une « gauche » très droitière et une droite recroquevillée sur le passé, les « libéraux-démocrates » ont su, dans le temps, être porteurs d’une autre vision de l’économie et de la société britanniques.

Si nous voulons faire la même chose, nous devons être capables de soumettre le système politique, donc les citoyens, à un vrai électrochoc de contenus, de créer un nouvel espace. On en est loin.

J’espère comprendre rapidement si nous en avons envie.

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Rémy Daillet Wiedemann, sur le compte duquel beaucoup a été dit et écrit à l’occasion du dernier Conseil National du Mouvement Démocrate, pose officiellement candidature à la Présidence du parti qui devrait être renouvelée (j’utilise le conditionnel car je ne me suis pas penché sur la question) lors d’un Congrès autour de la fin d’année. Dans tout ce qui suit je postule deux choses, qui ne sont peut-être pas si évidentes que cela dans la réalité réelle : ces élections vont avoir réellement lieu et Rémy peut effectivement y postuler.

Tout d’abord une considération générale : même si la leadership de François Bayrou est telle que je le vois mal perdre un congrès, je pense qu’une pluralité de candidatures, quand la question sera posée, serait salutaire. Car le débat dans notre parti a besoin de respirer, les arguments de se fortifier, les personnes de se dépasser. Une campagne saine serait le bon moment pour le faire. J’en suis tellement persuadé que j’ai même pensé un temps de me proposer. C’est dire.

Cependant, j’estime que la candidature de Rémy ne permettra pas ce déroulement sain de campagne. Contrairement à d’autres, je respecte Rémy Daillet Wiedemann et peu m’importe d’où il vient. Dans ma vie politique j’ai travaillé avec gens venant de tous horizons, de celle qu’on appelait en Italie la « gauche extra parlementaire » (au dela du NPA) jusqu’à des anciens fils de « repubblichini » (ceux qui suivirent Mussolini dans le drame de la République de Salò), et toute la palette des modérés entre les deux. D’où les gens viennent, je m’en fous par principe : la seul chose qui m’intéresse c’est où ils ont envie d’aller. Mais le contraste entre Rémy et François Bayrou est devenu manifestement personnel, bien que les deux s’en défendront.

De ces affrontements, le MoDem n’en a pas besoin.

Autre raison de mon non soutien, c’est l’éternel débat sur le fonctionnement interne. Oui, c’est important. Mais pour moi, non, ça ne fait pas un socle suffisant pour que une candidature à la Présidence du MoDem me soit satisfaisante.

Ce que je voudrais voir de la part d’un candidat Président, c’est une vision claire de ce que ça doit être un « parti démocrate », quels objectifs politiques, quelles ambitions pour le parti et pour la France. Que après analyse sur le fond je pourrais choisir de partager ou pas. Je veux de la Politique. Et j’avoue que, pour l’instant, un très sain vote blanc me titillerait. Car non seulement je ne vois pas beaucoup de porteurs d’une telle clarté mais ceux qui l’ont ne voudront pas prendre le risque de se présenter en face du patron. Et parfois il faut admettre que dans leurs positions respectives ça serait une bêtise inutile. Car au bout du compte, et ça peut valoir pour moi aussi, il n’y a que les petits chiens qui sont obligés de brailler pour se faire repérer.

Par conséquent, et malgré une certaine sympathie humaine pour Rémy, je ne peux pas soutenir cette candidature.

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Bien.

La production du « Machin » touche à sa fin.

Il fixe une certaine vision de l’être démocrate. Il propose un ancrage idéologique clair, . Il montre avec simplicité un chemin pour avancer dans cette restructuration de l’espace politique qui est la raison même de mon engagement. Cette « Route de la Liberté » qui est évoquée dans le titre de ce « Manifeste pour une Politique Démocrate ».

Et, bien évidemment, en l’état, il reflète uniquement des convictions personnelles : l’humilité doit être d’autant plus grande que les projets sont ambitieux. Il se peut bien que je sois isolé dans la défense de ces idées. Cependant, non seulement je les défendrais même seul, car elles sont les miennes, mais il me semble que ce n’est vraiment pas le cas. Tout au plus, je pousse le raisonnement au delà de l’immédiat pour en montrer la cohérence et la puissance.

Cela dit, maintenant que c’est fait, ce texte perd d’importance au profit d’une question plus opérationnelle : qu’est qu’on va en faire ? J’ai ma petite idée la dessous mais votre opinion m’intéresse. Que vous ayez reçu le texte ou pas.

Alors, sondage.

Il fixe un cadre idéologique qui donne du sens à l'altérité par rapport aux autres partis et mouvances, offrant des critères précis de choix public. Quel usage en faire ?

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Marc Fesneau

Bon interview, rien à dire. Juste à faire partager.

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DILs

à suivre …

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Message aux adhérents MoDem de l’Ouest

Notre Mouvement traverse une nouvelle épreuve. Sollicitée par bon nombre d’entre vous, il m’est apparu utile de vous livrer mon sentiment, tout en sachant que nous aurons besoin de temps pour réfléchir ensemble aux conséquences à long terme des échecs des scrutins perdus.

Déjà, en juin dernier, le résultat de l’élection européenne n’avait pas été à la hauteur de notre engagement et de nos attentes. Dans ce contexte, et bien qu’ayant été favorable à une campagne centrée sur l’Europe et non sur les enjeux nationaux, je n’ai pas ajouté ma voix à celles qui ont nourri des polémiques publiques contre François Bayrou et la direction du parti. A l’avenir, je continuerai à m’astreindre à la même réserve.

Comme je m’y étais engagée devant les électeurs, je me consacre à temps plein à ma fonction de députée européenne. L’influence de la France dans la prise de décision communautaire, la défense des intérêts de la région Ouest mais aussi la promotion de l’idéal européen, si malmené, requièrent un engagement constant. Il y a fort à faire, à Bruxelles et Strasbourg, pour défendre nos idées sur des sujets aussi graves que la crise économique et sociale, l’avenir de la zone Euro ou la réforme de la PAC, pour ne citer que trois chantiers relevant des commissions auxquelles j’appartiens. Au sein de l’intergroupe « lutte contre l’extrême pauvreté et droits de l’homme – comité quart monde», je m’efforce aussi de veiller à ce que l’Union européenne agisse en faveur des personnes les plus démunies.

Certains m’ont demandé si j’allais quitter le MoDem ou le groupe ALDE. Reconnaissante envers ceux qui m’ont fait confiance l’an dernier, j’entends continuer à travailler là où je suis. Le groupe ALDE, sous la Présidence de Guy Verhofstadt est à la pointe du combat européen. En France, notre famille est affaiblie mais nos convictions, résolument européennes, centrées sur la personne humaine et la liberté gardent toute leur pertinence de long terme. La justesse de nos analyses ressurgira d’autant plus vite que nous resterons fidèles à nous-mêmes et à nos convictions – l’Europe en est l’un des piliers.

Au total, et comme je l’ai affirmé de matière constante, c’est au niveau européen que j’estime pouvoir me rendre la plus utile. C’est là que je continuerai à agir, comme les électeurs me l’ont demandé en juin 2009.

Sylvie Goulard

(source : sylvie-goulard.eu)

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Il paraît que l’enseignement principal de ces élections régionales consiste dans la dénonciation du monolithisme de l’UMP sarkozyste. Remaniement oblige, on donne visibilité aux chiraquiens et même aux villepinistes. On en appelle à la pluralité de la droite. On évoque l’étouffement et l’oubli des électeurs de centre-droite, où il se trouverait un « boulevard politique ».

Cela serait même convaincant si une petite rengaine umpiste ne faisait de la résistance dans mon oreille de sceptique : je me souviens de nombreuses voix, à l’UMP, qui râlaient car les listes faisaient la part trop belle aux « centristes » et à l’ouverture.

Alors, un peu chafouin, j’ai voulu vérifier quelque donnée. Prenons Valérie Létard. Avec 25,9 % elle ne se détache pas vraiment de Marine Le Pen (22,2 %). Et le PS (avec alliés rouges et verts) vole au delà des 50 %.

Vous me direz, le Nord, c’est un peu spécial. Très bien. Parlons Pays-de-Loire. Christophe Béchu est quelqu’un qui sait travailler avec les « centristes » : un nom pour tous, Laurent Gerault, ancien candidat MoDem aux européennes, président départemental dans le Maine-et-Loire, longtemps pressenti pour conduire la liste orange avant de se désister, était son colistier aux municipales d’Angers où le score fut très serré. J’ai cru comprendre également que les relations avec Arthuis ne sont pas mauvaises.

En Pays-de-Loire, pas de triangulaire : le PS l’emporte dans tous les départements. Très largement dans le 44 de Jacques Auxiette. Mais aussi dans le Maine-et-Loire de Gerault, dans la Mayenne d’Arthuis, dans la Sarthe de Fillon (très largement), dans la Vendée (d’extrême justesse) de De Villiers.

Je ne fais que prendre deux exemples et j’avoue volontiers ne pas connaitre tous les « centristes et modérés de droite » qui se présentaient comme têtes de liste à ce scrutin.

Mais il me semble que les résultats nous laissent deux seules interprétations possibles. La première est que l’électorat de « centre-droite » est, à présent, relativement marginal. La deuxième, est qu’il ait choisi massivement l’abstention et en manière plus importante que les autres familles politiques. C’est bien possible mais peu probable : on parle d’un électorat modéré, qui est marqué par le sens du civisme. On est loin de l’avatar du contestataire et du poujadiste qui s’abstient par refus de la politique et des politiques.

Certes, il y a, parmi les gens de droite, des déçus du sarkozysme. Et, de façon ponctuelle, cela peut être une cible électorale. C’est d’ailleurs ce que Sarkozy a fait avec succès vis à vis des déçus du FN lesquels, il est utile de le rappeler ce sont des citoyens comme tous les autres même si leurs idées ne nous conviennent pas. Face à un électeur qui a vécu l’impossibilité de gagner une grande élection (2002) et le florilège de chamailleries internes qui ont suivi les régionales de 2004, Sarkozy était un recours. Ponctuel. Et cela a marché. Mais, et les défaites successives du projet sarkozyste (y inclus les européennes) sont là pour montrer qu’on ne bâtit pas dans la durée en capitalisant sur la déception des autres.

La gauche devrait s’en rappeler, en regardant ses scores. Les écologistes en particulier.

Mais la leçon est à retenir d’abord par les démocrates : c’est eux qui ont jeté dans la mare cette « politique autrement ». Des millions de personnes y ont cru. Ne pas offrir une vraie voie, une voie capable de devenir la première, serait, est et a été irresponsable.

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Fulrad me demande dans un commentaire : « Que pensez-vous de la stratégie mise en oeuvre par l’UDC de Casini pour les prochaines régionales italiennes ? Je crois connaître le peu de sympathie que vous lui portait, mais son score sera peut-être instructif. »

Pour ceux qui connaitraient mal Casini, il s’agit d’un ancien membre de la démocratie chrétienne, plus précisément de son aile droite qui a été chargé dans sa jeunesse des questions de télévision. A l’éclatement de la DC suite aux scandales de corruption des années 90, il s’allia d’abord avec Berlusconi, d’abord dans des listes uniques, puis avec des listes séparées mais toujours reliées à celles de Forza Italia. Avec le temps, le rapport s’est distendu, car Casini estime que Berlusconi, en vieillissant, perd de lucidité et que le poids politique de la Ligue dans l’alliance est excessif.

Donc, depuis quelques années il s’évertue à s’émanciper de la droite berlusconienne pour gagner en indépendance.

Pour les régionales, l’UDC (Union Du Centre, son parti) part seul dans un peu plus de la moitié des régions qui votent (13 à renouveler), s’allie à la droite dans quelques régions du sud et à la gauche en quelque régions du nord.

Tactiquement, je crois que cela est juste. Et je dois dire que Casini sait bien l’expliquer. Et que ses troupes sont beaucoup plus disciplinées que les nôtres, au passage. Certes, à mon gout cette espèce de catholicisme militant (démenti par les actions, qui plus est) me dérange, car je suis persuadé que la politique doit être laïque, ne fut-il parce que ses décisions vont s’appliquer à tous. Mais, de son point de vue, c’est bien essayé.

Il faut dire que les régions ne votant pas toutes ensemble, les télescopages avec les problèmes nationaux sont moins fortes.

Donc, pour résumer, je regarderai avec intérêt les résultats italiens région par région mais je ne crois pas que l’on puisse tirer des enseignements directs pour la situation du Mouvement Démocrate.

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Tous sur la Charette !

D’accord, le jeu de mot est pourri. Le dessin politique, lui, n’a jamais été plus clair.

Quand François Bayrou extirpe, et au forceps, celle qui était encore l’UDF du giron de la droite, dans l’entre deux tours des présidentielles, il commet, aux yeux de l’oligarchie dominante, un crime de lèse majesté. Depuis, tout est fait pour ramener les brebis centristes égarées au bercail. Surtout que cette tête de mule de Béarnais (c’est un compliment) l’avait dit clairement : « Je ne reviendrai pas en arrière ».

Ces trois ans, ont été la succession d’opérations visant à fragiliser le MoDem et son Président. Lequel, soyons juste, n’a pas toujours eu la lucidité pour déjouer les pièges qui lui étaient tendu. Car, malgré un caractère parfois difficile, il s’agit de quelqu’un pour lequel l’amitié est une vraie valeur. C’est une noble faiblesse qui lui a, à mon humble avis, joué plus qu’un tour.

Dès le départ de Morin & co. la rengaine a été toujours la même : le centre trouve sa logique dans l’alliance avec la droite. Où, si on veut être plus clairs (?) , le centre est un centre-droit. L’opération Morin ayant échoué péniblement aux législatives, vint après l’opération Arthuis. Moins pressé d’aller à la soupe, il a su se construire une certaine crédibilité vis à vis des cadres orange, notamment ceux issus de l’UDF. Question d’héritage, d’habitude, de connaissance. Ensuite, pendant un moment, la stratégie de la défection fut abandonnée pour laisser la place à la délégitimation permanente. C’est à ce moment que les forces vives du MoDem aurait du se souder. Mais, un peu aveuglée par le score européen d’Europe Ecologie, Corinne Lepage commença à taper dur aussi, alors que des adhérents de plus en plus déboussolés s’éloignaient au fur et à mesure du parti.

Et, avec un timing parfait, vendredi veille d’un probable gadin régional pour le parti majoritaire, Hérvé de Charrette se charge de boucler la boucle : là où c’était les centristes qui voulaient aller avec la droite, alors que celle-ci ne souhaitait que les diluer, maintenant l’occasion est belle pour dénoncer le parti unique monocorde.

Et il y aura très certainement de nombreux éléments qui tomberont dans le panneau.

La campagne de 2012 a officiellement commencé.

J’espère qu’il y aura suffisamment de bonnes mémoires pour se souvenir que le problème pour l’UMP n’est pas d’assouplir sa politique (car elle pourrait le faire, si elle le souhaitait) mais de se constituer des réserves de voix pour les deuxièmes tours.

Les centristes ? On les roule dans la farine et on les fait frire. Ce n’était pas un dangereux gauchiste à le dire.

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Six mois après …

Journée classée rouge dans mon planning de travail … les réunions concernant les modalités de suivi des projets de coopération européens (programme INTERREG IV B pour les passionnés) ne sont pas ce qu’il y a de plus léger.

Alors, tout juste une petite plongée dans un passé récent et pourtant déjà lointain. Je revenais de l’UR du MoDem, début septembre 2009, avec beaucoup de craintes. Et j’écrivais ce billet :

Pour en (presque) finir avec l’Université de Rentrée du MoDem
08 sept

Posted by CP as Commentaires

Il me manquait trois moments à relater pour terminer cette esquisse de souvenirs de la Grande Motte : la rencontre autour de JF Kahn, le débat sur les régionales, le discours de clôture.

Des trois j’en retiens un seul message : les régionales sont considérées, somme toute, un évènement marginal. Toute l’énergie de cette UR me semble avoir été déployé sur la perspective plus lointaine des présidentielles. Or, même si cela a été fait avec un certain brio et moins de naïveté que le lancement des travaux pour les européennes (combien de votes « orange » avons nous porté à Europe Écologie par la mise en valeur d’Eva Joly à la Convention pour l’Europe ?) et même si cela semble être scellé du bon sens, c’est un choix qui renferme quelque piège et des défauts de perspective.

Au printemps 2007 François Bayrou portait les couleurs d’un parti valant moins de 10%, ce que les législatives de juin allaient clarifier. Sa campagne, assez brillante bien que fléchissant dans la dernière ligne droite, couplé aux faiblesses de ses adversaires produit sept millions de voix. Il est incontestable que, dans ce rendez-vous, Bayrou a su dépasser les limites de son parti pour toucher des électeurs différents. Malheureusement, le socle électoral de son parti était trop faible : si l’UDF avait tourné de façon stable autour de 15 % depuis la naissance de l’UMP on aurait vécu une autre histoire.

Je pense, en toute humilité, que la fidélisation de l’électorat se fait progressivement, d’échéance électorale en échéance électorale, avec un discours de fond qui reste visible et permanent de programme en programme lesquels, eux, changent par rapport à l’élection et à la situation du moment.

Si je suis déçu de l’histoire du Mouvement Démocrate de sa création jusqu’à présent c’est que trop de fois nous avons déjà renoncé à bâtir ce fil avec les électeurs. Nous nous sommes laissé enfermer dans une polémique stérile entre le parti d’élus/notables et le parti d’adhérents/militants. C’est un faux débat : pour peser sur la vie politique, pour espérer pouvoir mettre en pratique nos idées, pour être un parti gagnant il est nécessaire de devenir un parti d’électeurs. Car le vote est toujours le premier pas de tout engagement politique.

J’ai remarqué avec tristesse que des personnalités importantes ne semblent pas avoir saisi ce détail. C’est fort dommage. Un exemple en est l’embryon de débat qu’on a eu sur les candidatures au régionales. Dialogue de sourds plus que débat d’ailleurs où les deux positions « non cumul + pas sortants » et « cumul légal + sortants » se sont juxtaposés. Je trouve les deux de mauvaise qualité : c’est ce qu’on appelle être isolé.

Tout d’abord, je ne crois pas que « sortir les sortants » (Poujad, 1956, nous rappelait J.Gourault, ça fera plaisir au crapaud) soit une méthode particulièrement intelligente. Cependant, être sortant signifie qu’on peut être évalué. Dans son travail d’élu dans les instances mais également dans sa capacité à se faire apprécier sur le terrain et à consolider un socle de consensus sur sa personne et sur le Mouvement qu’il représente.

J’ai parfois le sentiment qu’on est très gentils en considérant la plus grande partie de nos élus des « bons » élus. Qu’on se comprenne, de vrais « bons » élus il y en a très certainement et ils méritent de toute évidence d’être reconduits. Que cela soit généralisable au point de considérer le fait d’être sortant comme un paramètre quasi-automatique d’investiture … je suis plus réservé. En plus, le choix des candidats sera (c’est implicite dans le calendrier) indépendant des positions programmatiques. Or, la cohérence entre programme et personne est un aspect important du moment électoral.

Par conséquent, mon sentiment c’est qu’on tire un trait sur les Régions. Bien sur, il y aura des listes, des programmes et on se battra (en tout cas je le ferai) de toutes nos forces pour créer la surprise. D’ailleurs je vous en dirai quelques mots dans un billet à venir. Mais il me semble qu’on ne pose pas des bases très solides. Et je crains que cette faiblesse ne puisse persister jusqu’en 2012 où la candidature démocrate n’aurait pas beaucoup de chances de l’emporter. Je ferai prochainement un billet sur le sujet.

Cela dit, j’ai trouvé les discours de clôture intéressants : il y a du fond, de la vision, de l’envie. Je ne sous-estime pas l’intelligence et la pertinence des propos, en particulier, de Bayrou et de Corinne Lepage. Ni de ceux de J.F. Kahn (si quelqu’un à des informations détaillées sur le CREA je suis preneur). On verra ce que ça va donner. En tout cas, mettre les faux amis au pied de leur sectarisme, de leur « racisme des idées » (sic) me parait plus que judicieux.

Enfin, les 12 phrases … bon, on en parle une autre fois

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