Nota : tous les pourcentages cités sont tirés de sources de presse, je m’excuse par l’avance d’éventuels erreurs que je corrigerai le cas échéant avec les données officielles, une fois celles-ci disponibles.
Après la veste des européennes, le veston des régionales.
Le MoDem, pardon, les listes soutenues par le MoDem, à 4% nationalement, selon les estimations.
Une seule région où le maintien est possible : l’Aquitaine, avec peu de marge. En Bretagne, où la liste conduite par Bruno Joncour ambitionnait les 10%, on sauve tous juste les meubles financiers : avec 5,36%, cinquième force derrière le Front National, on sera remboursés. Heureusement, le piètre résultat finistérien (3,61 %) n’a pas induit de dégâts plus conséquents. Et malgré tout, il se peut que cela soit un des meilleurs scores au niveau national.
Même si l’ampleur des dégâts est supérieur à ce que j’avais prévu (j’estimais autour de 7/8 pour la Bretagne), le résultat n’est guère étonnant. Quand on a peur d’assumer son identité, les électeurs regardent ailleurs. Et cela malgré les qualités reconnues de Bruno.
Dans mon canton, Bayrou avait récolté, au présidentielles, 2784 voix. Il n’en reste plus que 308. Et encore, mon canton est un canton avec un score honorable, nettement supérieur à la moyenne départementale. Peut-être nous y avons aussi la commune avec le score plus élevé du département (13,13 %) avec Plougourvest, bourgade du blogueur-candidat (en 8ème position) Alain Somme. Je regarderai les tableaux dans la presse demain pour en être sûr. En tout cas, bravo à lui pour s’être décarcassé avec intelligence et générosité.
Que faire de ce résultat ? Écouter, enfin, l’électorat ça ne serait pas une mauvaise chose.
Et l’électorat dit, c’est mon opinion, qu’un MoDem toujours tiraillé entre petits groupes de petits pouvoir, toujours en train de jouer à qui est plus centriste, plus orange, plus vert, toujours incapable d’être cohérent avec lui-même, et bien, le MoDem n’est pas crédible.
Aujourd’hui commence le raide chemin qui va nous conduire aux élections présidentielles, les seules où François Bayrou peut mettre dans la balance tout le poids de sa personnalité, de sa culture et de ses intuitions. J’étonnerai quelques lecteurs mais François Bayrou peut devenir Président en 2012, bien que cela ne soit pas probable.
Nous connaissons d’ores et déjà les arguments qui vont être déployés contre sa campagne. Il est seul. Pas de programme. Incapable d’avoir une majorité. Obsédé par le pouvoir. Un illuminé. On a déjà vu, et on a déjà vu combien ces arguments peuvent faire prise durablement sur l’électorat.
A nous de les déjouer dès à présent. Et il y a un seul moyen pour le faire. Fonder, enfin, le Mouvement Démocrate au niveau de son idéologie. Fonder enfin ce parti qui sache parler différent aux électeurs non seulement dans la forme mais dans la substance.
Face aux dirigismes bleu, rouges, roses, vertes et autres couleurs fantaisistes, les Démocrates doivent incarner la force de la liberté. C’est par ce chemin, par l’invention de l’humanisme du XXIème siècle, que les Démocrates permettront, je le souhaite, de dépasser les clivages archaïques qui continuent à structurer l’espace politique français avec le résultat mirobolant de conduire la majorité absolue du corps citoyen à s’exclure de la vie politique, de la participation aux décisions collectives.
Je l’ai dit de nombreuses fois, y inclus sur ces mêmes pages. Le centrisme n’a plus de pertinence politique. L’écologisme est une impasse. La dictature des marchés, pas mieux. Des étatismes de droite et de gauche, on taira par pitié humaine.
Nous n’avons même pas à tirer un trait sur le passé : les électeurs s’en sont chargé à notre place.
Maintenant, inventons la politique de demain, pour mettre l’État au services des citoyens, pour accompagner le développement de notre civilisation, pour contribuer à l’élargissement continu de l’espace de liberté.