Il paraît (source : Le Monde) que les écologistes pourraient être tentées de se maintenir aux deuxième tour en Bretagne.

Cela ouvre des scénarios relativement inattendus : c’est justement suite aux bisbilles (et aux erreurs du PS, à mon avis) entre écologistes et socialistes qu’une ville traditionnellement « pas à droite » comme Morlaix avait pu élire un Maire et un Conseiller Général de l’UMP. Le MoDem étant absent du deuxième tour des cantonales et même du premier aux municipales.

Une Présidence Malgorn deviendrait possible ? Je dois dire que cette hypothèse m’horripile. Certes, l’ancienne Préfète de Région (tout un symbole en Bretagne) est personne connue pour travailler beaucoup, ce qui n’est pas un défaut. Elle est connue aussi pour être peu incline au débat et pour sa proximité avec le chef de l’Etat. Remarquez, même Nominöe avait été envoyé en Armorique comme affidé du souzerain, c’est dire si l’histoire, parfois, réserve des surprises. Et au delà du symbole, il y a la réalité du terrain : il y a (il doit y en avoir, c’est statistique) des gens bien à l’UMP. Mais je n’en ai pas rencontré, dans ces contrées. Et le programme pour la Région manque, à mon avis, de pertinence.

Cela dit, j’en connais un autre encore plus horrifié que moi par cette perspective : Jean-Yves Le Drian, Président sortant et candidat à sa propre succession. Je sens que les téléphones des têtes des listes ayant fait entre 5 et 9,99% risquent de chauffer grave dans la nuit du 14 au 15 mars …

Si j’étais un électeur, je trouverais cette campagne assez minable.

Mais jouissant du beau rôle du simple observateur, elle risque d’être riche en (r)enseignements.

Voter !

Je réagis au billet de Frédéric, que je trouve intéressant. Il nous dit, je cite :

Et avec le recul, donc, il me semble évident qu’en termes de stratégie politique, trois chemins sont possibles pour les démocrates :

  • soit devenir majoritaires contre ces deux forces politiques que nous jugeons dangereuses pour le pays (Cf. les accords proposés par F. Bayrou aux écologistes, et rejetés aussitôt par les Verts) ;
  • soit nous associer à une gauche qui accepterait de renoncer à l’irréalisme socialiste (Cf. le projet de « Rassemblement » ou de « parlement de l’alternance » capable d’accoucher d’un projet alternative) ;
  • soit nous associer à une droite qui ferait une conversion à 180°, revenant aux valeurs républicaines et rejetant le sarkozysme, ses réseaux, sa doctrine, sa pratique politique, ses orientations, ses budgets, et j’en passe.

Ces trois chemins seraient tous trois honorables et prometteurs pour le pays. Si nous faisons passer nos valeurs et notre projet démocrate en première priorité, nous n’avons aucune raison d’exclure aucune de ces trois options.

Je crois qu’il a raison et qu’il se trompe en même temps. Car il voit juste mais il ne va pas au bout de l’analyse.

Est que le chemin 3, est faisable ? Tout d’abord, cela implique de considérer le sarkozysme comme un accident de l’histoire. C’est possible, mais je n’y parierais pas mes sous. Plus simple, la « droite » veut gagner, ce qui est parfaitement légitime au demeurant. Ce qui implique qu’elle ne changera pas de « logiciel » jusqu’au moment où un autre se montrerait plus efficace. En clair, pour que l’association avec la droite puisse devenir une option acceptable pour la droite, il sera nécessaire, pour les démocrates, d’avoir fait la preuve de leur efficacité électorale. A combien de xx,x% on pourra considérer que la preuve est faite ? Ce qu’on a l’habitude d’appeler « le centre » n’a pas résisté au mauvais score des présidentielles 2002, avec l’aspiration de gros bataillons para-centristes par l’UMP naissante (où leur poids reste faible, Raffarin en sait quelque chose). Donc 6% c’est peu. Mais le score de 2007 n’a pas suffit à enrayer les glissements. Au contraire, le groupe à Morin est parti armes et bagages, ainsi qu’un député breton pourtant élu sous l’étiquette UDF-MODEM contre le candidat de l’UMP. Donc 18,5 % n’est pas assez.

La « preuve de l’efficacité électorale » se positionne, à mon avis, dans la capacité de faire jeu égal avec les « grands » partis : rien à espérer si on n’est pas capables de se positionner durablement et de manière stable au delà des 20 % avec pointes au delà des 25. Si on n’est pas capables de ça, mieux abandonner toute velléité d’indépendance. Ce qui explique mon agacement profond vis à vis de tout ceux qui considèrent 10% comme un « bon » score (et même moins, à en juger par la composition des listes ici et là).

Venons au chemin 2. C’est un peu la démarche Cohn-Bendit, il me semble. Et il me semble qu’avoir fait peur au PS dans une élection ponctuelle, n’a pas changé grand chose chez le grand éléphant rose. Là encore, 16 % n’est pas assez. Là encore vaut le discours fait pour la droite. C’est le PS qui en veut ainsi.

Désolé d’être dur, mais cette envie (qui n’est pas forcément de Fréderic) de rêver d’alliances me semble la réédition politique du garçon boutonneux qui veut sortir avec la plus belle fille de l’école, qui passe ses journées et ses nuits à imaginer quel cadeau lui faire et à combien il sera magnifique de se promener main dans la main. Sauf que la fille se fout éperdument de lui.

Le chemin 3 demande de 20 à 25. Le chemin 2 demande de 20 à 25. Où les prendre, ces 25% ? Que l’on veuille ou non, que cela nous plaise ou non, il nous reste que le chemin 1 : devenir majoritaires.

C’est d’ailleurs ce que je m’échine à dire à mes amis oranges avant même d’avoir pris ma carte (les bonnes mémoires se rappelleront d’une réunion à Landerneau en 2007 …) ainsi que sur la toile, dès mes timides débuts bloguesques.

Enfin, je ne crois pas qu’il soit trop tard pour entreprendre cette voie. Mais cela implique la capacité de changer radicalement de braquet : disposons-nous d’un matériel humain suffisamment costaud pour se taper Tourmalet, Galibier, Ventoux et autres Gavia (fallait bien une touche d’Italie) ? N’étant pas dopé aux médias ni aux réseaux divers ?

En toute franchise, c’est loin d’être prouvé par l’histoire, mais si on ne prends pas le risque on ne le saura jamais.

(Ici une image d’amateur du « Gavia », et la montée fait 20% par endroit …)

Voter !

Prémisse qui devrait être inutile : le nom des leaders politiques pris pour référence sont à considérer comme des avatars de positions idéologiques plus générales et non comme des références strictes à la personne citée.

Jean-Luc Benhamias, ancien responsable des Verts, ayant intégré le MoDem, pour lequel il a été élu député européen, depuis quelque temps déjà, est à l’origine d’un nouveau sujet, Ecologie et Démocratie, auquel on pourra adhérer après les régionales.

La démarche étant très récente, il est difficile d’en cerner le caractère authentique : tactique ? de fond ? N’ayant pas plus d’éléments, il me semble judicieux de prendre la deuxième hypothèse. D’ailleurs, si cela devait être une pure manœuvre politicienne, elle n’aurait aucun intérêt au fins de cette série de billets. Donc, posons l’hypothèse que c’est du fond. Est-que ce fond est intéressant ? Est-qu’il montre le potentiel pour dépasser faiblesses et limites des autres approches déjà passés en revue ?

Sur papier, je suis sceptique. Je recopie du site officiel :

Ouverte à tous ceux pour qui écologie et démocratie sont indissociables, cette fédération vise l’accélération de la mise en place des mesures indispensables à l’émergence d’une société responsable.

- « Ecologie et démocratie » participe en France et en Europe à toutes les initiatives qui œuvrent à la construction d’une force démocrate, écologique et sociale dont le Mouvement Démocrate (MoDem) est le principal référent en France et le Parti Démocrate Européen en Europe.
- « Ecologie et démocratie » débat avec toutes les formations se revendiquant de l’écologie politique en France et en Europe.
- « Ecologie et démocratie » est ouverte aux discussions avec tous les démocrates, laïcs et républicains et soutient en ce sens l’initiative du Rassemblement initiée à Marseille et Dijon autour de Vincent Peillon, Marielle De Sarnez, Daniel Cohn-Bendit, Christiane Taubira, Robert Hue, François Rebsamen et Jean-Luc Bennahmias.

On y trouve trois choses, dans ce passage éclaircissant. Sans hiérarchie entre les points, on peut commencer par citer le rappel très « Brundtland » du « rassemblement » pour construire une force « démocrate, écologique et sociale » ayant comme interlocuteurs privilégiés ceux issus de « l’écologie politique ». En cela, la différenciation avec la démarche « à la Cohn-Bendit » est faible, la distance avec une approche « à la Lepage », infime.

De même, il y a l’appel à une « société responsable », rappel implicite au volontarisme de l’action des minorités éclairées assez contradictoire avec le rappel à la démocratie, affichée dès le « label ».

Enfin, l’ancrage strictement « modémiste » de la proposition. Ce dernier élément pourrait avoir un quelque intérêt si le MoDem s’avérait capable de dépasser le stade de « mouvement centriste » (cf Anticentrisme). Ce qui ne semble pas, à mon regret, être réellement d’actualité. En effet, et en l’état, il me semble que le fond original soit relativement modeste, impression renforcée par l’affichage comme « valeurs fondateurs » de « simples » mesures de programme (parfois intéressantes, au demeurant).

Ainsi, le sentiment que l’hypothèse de départ n’est pas bonne et qu’on est en présence d’un mouvement tactique pour ne pas découvrir le « flanc vert des oranges », alors que le PS peut phagocyter la dynamique verte et euroécologiste et que l’UMP dispose de solides relais médiatiques et de quelque personnalité sincèrement impliquée (Morizet, Juppé, plus sceptique sur Borloo). Dans ce cas, rien de nouveau sur l’échiquier.

Fautes d’éléments plus concrets, je me réserve, sceptiquement, le jugement.

Voter !

George Bernard Shaw, devenu célèbre pour son sens de la formule, disait : Some people see things as they are and say why. I dream things that never were and say why not? D’ailleurs, le concept a fait mouche dans la culture populaire, si tant que un refrain presque identique peut être entendu dans le récent ouvrage d’une chanteuse francophone bien connue.

Moi, je suis un peu de ces gens là. C’est ma grande force, et c’est ma grande faiblesse, également. Je ne sais pas jouer petit bras, je ne sais pas m’asseoir dans le confort de la routine. Cela m’ennuie. Infiniment. La gestion de l’ aujourd’hui me fatigue, la construction, forcément sans fin, du lendemain, me passionne. D’ailleurs, c’est pour ça que je ne sais pas rester loin de la politique : elle, seule, offre des instruments suffisamment puissants et larges pour offrir un terrain de jeu à mon esprit. Et encore, je dois avouer que la politique ne me suffit même pas.

Quand j’ai pris ma carte au Mouvement Démocrate, je l’ai fait car j’ai perçu dans cette démarche une opportunité pour construire quelque chose de juste, de bon, de valeur. Presque trois ans après, c’est un goût d’inaccompli qui reste en bouche. Je ne reviendrai pas sur l’historique de ce jeune mouvement politique, il y a suffisamment de sources déjà disponibles pour en rajouter une couche.

Là, ce sont les proverbiales gouttes qui font déborder la proverbiale vase. Malgré moi, et malgré l’estime que je continue à avoir pour François Bayrou, je suis obligé de constater que, aujourd’hui, je me reconnais très peu dans les positions politiques portées au niveau national, par exemple par le moyen du livre orange, et encore moins dans les propositions censées constituer le fil de la campagne régionale. Je ne me reconnais aucunement dans le fonctionnement du parti, dans le parcours qui conduit aux décisions, dans les décisions elles-mêmes.

Qu’on soit justes : ce n’est pas la « faute » au MoDem. Le parti ne peut pas être tenu pour responsable du décalage qu’un de ses membres (bien que les faits me donnent raison fort souvent) ressent. C’est à l’adhérent d’en tirer les conséquences.

Ce soir, mon sentiment est simplement de ne pas être dans le bon timing. Pour un politique, avoir raison trop tôt, c’est une faute. Je crois que je suis fautif. Depuis longtemps. Dans la situation actuelle, extrêmement morose pour le système politique dans son ensemble avant même que pour mon parti, j’aurais voulu apporter ma contribution à cette restructuration de l’espace politique que je considère comme indispensable. D’après ce que je peux voir, mon parti n’est pas prêt.

C’est dommage, car la réalité se rappellera à nous très violemment. Nous avons une droite de conflit, victime du culte de la personnalité, incohérente et incapable d’offrir à la France une quelconque perspective de rebond malgré une mainmise durable sur l’Elysée. Nous avons aussi une gauche de petits et grands barons, victime d’un complexe de supériorité intellectuelle frôlant la mauvaise foi pathologique, prive de vision globale et par conséquent obligée de trop en faire en petite chamaillerie. Nous avons aussi les nouveaux enchanteurs de vert vêtus, portant, en tout cas pour la plus grande partie d’entre eux, une vision du monde très mécanique, déshumanisée, qui a eu le temps de vieillir avant de s’imposer. Toutes ces forces, et a fortiori les extrêmes, font une politique de la peur. Si les peurs chevauchées par les uns et les autres sont différentes, aucun de ces acteurs, c’est en tout cas mon avis, n’offre une perspective constructive et positive. La recherche du coupable à punir, rien d’autre. Nous bons, vous méchants. Nous jaunes, vous violets. Nous OM, vous PSG. Écartelé par ces sirènes, l’électeur, tel un nouvel Ulysse, risque de naufrager sur les rochers du renoncement et, in fine, le risque que le conflit, normalement canalisé par la dialectique politique, puisse exploser de façon violente n’est pas négligeable.

De même, je fais le choix de ne pas me lancer seul dans une opération de renouvellement du parti qui passerait, dans les conditions actuelles, fort probablement par des épreuves de force que je pourrais gagner mais pas sans déchets. La politique pour une personne, fut-il moi même, au détriment d’un collectif, ce n’est pas ma conception de l’engagement.

Par conséquent, tout en gardant ma carte car je sais bien que l’avenir peut réserver des surprises, je choisi de me mettre en retrait du Movement Démocrate et de renoncer à la plus grande partie de mes fonctions. Ainsi, ce billet est transmis aux instances compétentes et il a valeur de démission des charges suivantes :

- Conseiller Départemental 29

- Animateur de la commission économie 29

- Membre de la commission économie nationale

En revanche, je souhaite rester membre de la conférence nationale, notamment en considération du fait que, la liste finistérienne ayant été incomplète, il n’y aurait personne pour prendre ma place. Donc ma démission serait inutile. Et, bien entendu, mes compétences restent à disposition du parti, si ce dernier a envie d’en profiter et si les conditions de cette éventuelle mise à disposition sont cohérentes avec mes convictions profondes.


Voter !

Anticentrisme

Bob a raison : la campagne du MoDem fait les gros titres. Le « centriste réfugié dans la majorité » semble tiraillé entre la joie de voir le « sacrificateur de centristes » mordre un peu plus la poussière et la tristesse de savoir, car il sait être lucide, que la saison politique du centrisme est, encore un peu plus, révolue. Car c’est bien là, en tout cas c’est mon avis, la source même de la grandeur et de la décadence du Mouvement Démocrate. Je sais bien que d’autres collègues blogueurs pour lesquels j’ai de l’estime sont foncièrement en désaccord avec moi. Je respecte leur opinion mais je crois avoir une analyse plus juste de la situation.

Les passionnés de philosophie y verront une certaine analogie avec la dialectique hégélienne : quoi de plus normal dans un espace politique toujours structuré, bien que de plus en plus faiblement, par des formalisations intellectuelles qui appartiennent essentiellement au XIX siècle ?

François Bayrou, pour lequel j’ai de l’estime, avait, je le crois, bien saisi les dérives droitistes et gauchistes des comportements de la classe politique française, celle-ci s’inscrivant dans un processus de portée internationale. En effet, après l’âge des « compromis », qui s’est traduit en Europe par une majorité des gouvernements « centristes », au moins dans les pays démocratiques, l’âge de l’affrontement revenait en force. Face à la radicalisation de l’espace politique, le ni-ni, la résistance, devenait la seule option de bon sens. Mais François Bayrou, qui a, je le répète, mon estime, n’a pas vu toutes les implications de son intuition, qui demeure juste.

Pour comprendre cela, il faut revenir aux racines de l’électorat centriste. Centriste a voulu dire, depuis 1946, ni fasciste, ni communiste. Souvent (Italie, Allemagne, France) cela a pris les formes de la démocratie chrétienne. Parfois (Pays nordiques), celle de la social-démocratie. D’où la dichotomie entre le « centre-droit » et le « centre-gauche ». Et, en définitive, l’explosion du « centre », si bien symbolisé par l’éclatement de la DC italienne suite aux scandales de 90-91, suivant de façon peu anodine la chute du mur de Berlin (89).

Sortie du cadre contraint par la guerre froide et influencée par les théoriciens du conflit (Tatcher, Reagan), la droite européenne s’est « décomplexée » : Berlusconi (1994), Aznar (1996), Sarkozy (tardif, 2007) en sont des exemples connus, sans oublier le couple Kazynsky & Kazynsky en Pologne (2005). Cela a vidé de sens le côté « droit » du centre : le hold-up de Chirac sur l’UDF en 2002 et la naissance du Nouveau Centre en 2007 rentrent dans cette logique. En même temps, les forces « socio-démocrates » restent engluées dans leur intellectualisme excessif qui les rend otages des composantes plus radicalement « de gauche » au fins électoraux. Les tiraillements du PS en France ou l’échec du projet du Parti Démocrate en Italie porté par Walter Veltroni, montrent cette dynamique perverse. Privé d’espace de médiation entre gauche et droite par la seule volonté de la gauche et de la droite, le centre que j’appellerai « historique » n’a plus de sens politique : il doit choisir un camp, dans l’espoir (très mince, l’UMP et le PD l’illustrent bien) de le modérer.

Mais, alors, qui a voté Bayrou en 2007 et qui s’est reconnu, au moins un temps, dans le Mouvement Démocrate ? Mon opinion, testée et corroborée par les comportements de l’électorat populaire et des militants, est que le clivage gauche-droite est de moins en moins pertinent face aux besoins et aux aspirations exprimés par le corps électoral. Il y a une vraie demande de « autrement », un « autrement » de fond, pas uniquement de casting ou de méthode. En effet, il y a eu (et il y a) une authentique demande de dépasser le centrisme. Et c’est parfaitement normal et logique : le centrisme ayant été, dans les faits, une architrave lancée entre la droite et la gauche de dialogue, il ne peut que s’effondrer suite à l’effritement des piliers sur lesquels il reposait. Ainsi, pour une offre qui se perçoit toujours « centriste », il y avait (et il y a, c’est mon pari) une demande « anticentriste« , du « ni-ni-ni », si on veut.

La frustration de cette demande qui se perçoit comme trahie, se traduit en refus de la politique et, en définitive, dans un affaiblissement de notre niveau de civilisation. C’est une demande qui appelle des réponses, des réponses responsables, des réponses structurantes. C’est une demande qui appelle une pensée, une idéologie dans laquelle se reconnaitre. Cette idéologie, cette réponse, ne peut pas être « centriste », pour les raisons déjà évoquées.

Cependant, elle ne peut naitre sans un héritage que seul le centre a su porter dans l’histoire de la pensée politique : la capacité de doute, de remise en question. Hier, c’était le doute face aux vérités absolues des dictatures de tout bord. Aujourd’hui ça doit être la capacité de réinterpréter le monde et notre rôle dans le monde. La demande politique nous demande, Hegel doit en sourire, une synthèse.

Centriste – Anticentriste – Démocrate.

C’est un travail de longue (très longue) haleine, et j’espère que les gens de qualité qui sont tentées par le désengagement face « aux gros titres » et aux dérapages divers, sauront mettre tout cela en perspective, bien que le quotidien puisse être lourd de désillusions. Au delà d’un tel ou d’un tel, il y a les citoyens. Qui c’est nous. Qui c’est nos enfants. Je serai peut-être naïf sur ce coup, mais c’est ma vision des choses.

Sur cette synthèse à venir, j’ai des idées. Je les crois bonnes et pertinentes. Normal, je les aurai abandonnées si ce n’était pas le cas. Cependant, j’applique à moi même les méthodes que je propose. Je suis conscient du fait que je peux avoir tort. Et, de ce point de vue, le fait que le MoDem porte, chez moi, une liste résolument « centriste » (Bretagne au centre), m’intéresse. Si mon analyse est juste, sa seule force sera la force (résiduelle) des réseaux des candidats. Si je me trompes et demande politique « centriste » il y a, alors les scores seront plus importants.

En tout cas, les choix, bons ou mauvais peu importe, ayant été faits, il sera intéressant d’avoir une campagne sereine, dans le respect des divergences d’appréciation, pour avoir des données électorales fiables à analyser et à comprendre.

Voter !

Ca tangue de partout !

Le rideau se lève, musique électro, atmosphère orange.

Dans cette période presque électorale, il est toujours agréable de lire la presse. Prenez, à titre d’exemple, le titre très sobre de celui qui fut le « quotidien de référence » : Défections en chaîne au MoDem. Très sobre, vous en conviendrez. Je me demande si on ne frôlerait pas une pignouferie, par hasard. D’ailleurs, le principe même des chaînes est de taguer les suivants : aller, monsieur X, qui taguez vous pour poursuivre la chaîne des défections ? Bref, pas sérieux. On va gagner l’Aquitaine, faire un score en Bretagne, créer la surprise en Ile de France, saloperie de défaitistes !

Scène deux. Quelqu’un assis dans un fauteuil, dos au public. Sur une télé passent des images de hièrarches nazistes faisant la fête alors que Berlin est presque détruite. Une fiction, probablement. L’homme assis réfléchit à haute voix.

Ces jours-ci, la campagne pour les régionales commence. Ou devrait commencer. Je ferai mon devoir de militant mais le cœur à l’ouvrage, l’enthousiasme n’est pas là. J’ouvre cette magnifique fenêtre sur cour qui est internet et je vois des gens rêver de scores importants, d’indépendance, d’élus. Combien parmi eux ont sorti la tête du guidon, regardé la réalité en face ? On avait une occasion historique de changer le système politique. On n’a pas été à la hauteur. Ça tangue de partout et personne ne tient la barre. La mutinerie règne dans un tourbillon qui aurait ravi Gorgias. Encore heureux, on est en haute mer, peu de risque qu’on se fracasse sur les rochers, bien que des naufrageurs bien intentionnés ont déjà allumés leur lanternes. Et, entretemps, il y en a qui dansent …

Épilogue. Une vieille servante balaye le sol, plein d’assiettes et verres cassés

Regardez-moi ça, quel gâchis ! Je vous le dis, ces gens là n’ont aucun sens du travail, de l’effort. Même pas de la décence. Ils s’en fichent, je vous dis ! Il a fallu de l’argent pour acheter tout ça (montre le bazar au sol), plein de sous ! Sans parler du travail pour les fabriquer, le stocker … le nettoyer, ces assiettes, pardi ! Des couverts en bois, qu’il mériteraient, et bien appuyés sur leur tête de mule … (elle s’assoit) On n’a plus aucune assiette désormais, pensez vous qu’ils vont en acheter ? Bien sur que non, casser, ils aiment mais mettre la main à poche … non, quelqu’un d’autre (fait signe avec l’index vers sa poitrine) devra s’en charger. Je sais, je sais … ils ne méritent pas ça. Mais moi, je veux pas me passer de bouffe pour les priver de jouets … En revanche, les priver de mains … (elle sort agitant son balai comme une épée)

Rideau

Voter !

Cela deviendra du domaine publique, donc je ne révèle aucun secret d’Etat, ni j’enfreins la moindre règle de mon parti si je signale que, en Bretagne, les listes seront légèrement différentes par rapport à celles proposées aux adhérents, et approuvée avec des scores en ligne avec ceux des autres régions. En effet, en Finistère, la conseillère sortante, Madame Isabelle Le Bal, se sera pas secondée par Erwan Balanant, adjoint à Quimperlé et ancien numéro deux de la liste qui avait remporté les élections internes pour définir la Présidence, comme soumis aux vote électronique.

Évacuons tout du suite un point de détail mais qui en chiffonne plus d’un : du point de vue de nos textes, cela est parfaitement conforme à la lettre des règles qui nous nous sommes données. Les adhérents ont été consultés et à aucun moment n’est dit que le résultat de la consultation est contraignant. La lettre est donc respectée. L’esprit un peu moins. Ce qui ouvre un problème purement politique.

Je ne m’étalerai pas sur les faits qui ont conduit à cette issue, si ce n’est pour remercier Erwan de son sens de responsabilité qui tranche avec les cris de basse cour et la pleutrerie qu’on observe si couramment dans des situations similaires.

Mais, malgré cela, le problème politique reste. Tout simplement, la mouvance qui a été majoritaire (bien que de manière relative) quand on a interpellé les électeurs, n’aura aucun candidat en position ne fut-il que vaguement éligible. Le vote des adhérents, celui par internet pour ne pas se mélanger les pinceaux, à la poubelle. Les zones électorales fortes, tant en terme de corps électoral qu’en termes de scores réalisés au fur et à mesure des consultations officielles, et les équipes que les ont portées, plutôt mal loties. Je crois, que c’est assez myope et que cela contribue à affaiblir notre potentiel et notre crédibilité (et bien sur, je me prépare à être accusé de tous les maux pour cette article mais bon, depuis deux ans qu’on essaie de me salir je commence à en avoir l’habitude).

Malgré le fait que je puisse comprendre la lassitude et même le désarroi, j’ai envie de le dire presque solennellement à tous les déçus, ceux qui sont tentés de rendre leur carte et même à ceux qui viennent de le faire : le problèmes politiques s’affrontent par des initiatives politiques. Se retirer sur l’Aventin, peut soulager mais reste strictement stérile.

Je n’ai rien à vous dire sur l’échéance à venir. Votez, ou pas. Faites campagne, ou pas. Tournez vous vers d’autres candidats et propositions, ou pas. Cela est du ressort de votre responsabilité et, in fine, de votre liberté. Cependant, permettez-moi de vous rappeler qu’aucune vision politique structurante ne s’est imposée rapidement. Ni sans douleur, d’ailleurs. Le libéralisme, malgré l’influence de Smith et Ricardo sur la politique anglaise de leur époque n’a trouvé que d’applications très partielles. Le marxisme, deviendra suffisamment puissant (et encore dans une version plutôt détournée) presque 70 ans après sa théorisation. Même le centrisme historique, celui de racine démocrate-chrétienne, fondé sur le régionalisme et l’économie sociale de marché ne s’imposera, et de façon très inégale, qu’après la deuxième guerre mondiale. Et pourtant des gens comme Don Luigi Sturzo, portaient cette idée depuis presque trent’ans.

Beaucoup ont pensé que François Bayrou possédait cet « autrement » qui tant (et même trop) a plu aux Français. Cet « autrement » est à construire. Le moment de démarrer, c’est maintenant. Pour construire dans la durée. Pour inventer « notre » autrement.

Bonne campagne, et bons choix à tous

(ps : contrairement à ce que je fais d’habitude, je serai très regardant sur les commentaires, les pleureuses à la censure peuvent commencer à se chauffer)

Voter !

RAS

Les sigles savent parfois être marrantes. RAS, en Italie (lire un peu comme « race »), est ou c’était une compagnie d’assurance. En France on utilise plutôt comme acronyme de Rien A Signaler. Tout va bien quoi. Ce qui n’est pas liens avec l’assurance … oui je divague.

La réalité est que c’est un de ces jours où rien ne vaut la peine d’être écrite. Parler de David Douillet et son avaler la promesse de non cumuler ? Gaspiller de l’uranium (ou du charbon j’en sais pas trop) pour ça ? Résolument pas la peine : on sait que la divise politique de l’UMP est bien « les promesses n’engagent …  » et suite connue. Donc, exit.

Parler de la défaite de l’Italrugby au début dans le Six Nations ? Ah, bon ? C’est vrai que c’est une énorme surprise …

Des classements de blog ? Alors que je baisse nettement, selon logique et prévisions ?

De la laborieuse constitution des listes du Mouvement Démocrate ? Pourquoi, en connaissez d’élections et de partis où faire les listes est facile (les ignares peuvent taper sur google UMP Finistère Malgorn LeGuen pour s’amuser) ?

Finalement la seule chose intéressante à commenter me paraît  l’article du Crapaud sur Sarkozy. Il se trompe, à mon avis, mais je n’ai vraiment pas l’envie d’argumenter ce soir.

Et à 21h30, j’ai match.

Vive le Hand.

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Article X (et IX)

Extrait de la charte éthique du Mouvement Démocrate

IX- Les adhérents du Mouvement démocrate assument le débat interne et considèrent le
dénigrement externe comme incompatible avec l’engagement.

X- Les adhérents du Mouvement démocrate sont solidaires des décisions collectives du
Mouvement, notamment en termes d’investitures pour les différentes élections.

Y a-t-il quelque chose à rajouter ? Certes, je suis de ceux qui considèrent que mon parti ne se donne pas forcément les moyens de choisir les candidats le plus performants pour chaque élection et sur chaque territoire. J’estime qu’on se satisfait souvent d’une qualité politique moyenne. Avec, heureusement, quelque sursaut remarquable. Pour faire des exemples volontairement hors Bretagne, et même hors « Ouest », des Jean Lassalle et des Robert Rochefort, j’en redemande. Vous me direz qu’il y en a pas beaucoup qui courent les rues, de cette trempe là. Je veux bien, le monde politique est médiocre car la société exprime, en masse, de la médiocrité. C’est un peu facile, mais soit. Cela est un fait connu. Tout fait connu peut et doit être géré.

Cela dit, autant le débat doit exister en interne, et il peut être parfois très vif, autant cela arrive de ne pas avoir gain de cause ou d’être obligés de descendre à un compromis. Si on n’est pas capable du minimum de maturité nécessaire pour comprendre, et donc accepter cela, on ne mérite pas, individuellement et collectivement, de gérer la chose publique. Car, malgré les artifices électoraux, il n’y a que des minorités politiques dans ce pays (et dans bien d’autres). Et quand on est aux manettes, il faudrait savoir s’en souvenir.

Personnellement, cela m’est arrivé (et ça se reproduira encore) de m’opposer à quelqu’un qui allait être candidat. De m’y opposer durement. Très durement. En interne. Et de ne pas être entendu. Les faits m’ont donné raison, par ailleurs. Et même plusieurs fois. Et alors ? Les candidatures, et même les hommes (et les femmes, ne soyons pas sexistes), passent. La construction d’une vision de société, elle, reste.

Si on la construit, bien entendu.

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… il paraît que la consultation en Bretagne ne démarre pas encore ? En tout cas, à ce moment précis, alors que le vote est ouvert dans la plus grande partie des régions (j’ai testé l’Auvergne, c’est effectivement ouvert) la Bretagne, avec Basse-Normandie, Bourgogne, Île-de-France, Martinique, Pays de la Loire, Picardie et Rhône-Alpes, sont indiquées « à venir ».

Et moi qui voulait faire le premier billet « j’ai voté » de la série … raté.

En revanche … on vote quand maintenant ? Non parce que ça commence à devenir … embêtant tout ça.

Voter !