Délusion italienne

C’était dans l’air, maintenant c’est une réalité. Le Parti Démocrate italien a choisi son nouveau numéro un : Pierluigi Bersani.

Voté par la majorité absolue des inscrits et par la majorité absolue des sympathisants au cours de primaires (bien que des journalistes aient montré des failles dans le procédures car ils ont pu voter plusieurs fois et même dans le même bureau de vote), il est sans doute légitime.

Cependant, je trouve que ce choix représente un recul inquiétant.

Le Parti Démocrate était né de la fusion des Démocrates de Gauche (que pour simplicité on assimilera au PS) et des centristes à tendance humaniste et démocrate de la Marguerite (une espèce d’aile gauche du MoDem, mais c’est un gros raccourci). L’idée étant de structurer une offre politique « démocrate » (Walter Veltroni, initiateur du projet a toujours été un fan de Kennedy) à vocation majoritaire, capable à la fois d’offrir une alternative au berlusconisme et de ne pas être soumise au chantage de la gauche radicale dans une logique d’alliances à tout prix.

Pour mémoire, s’il est vrai que Prodi gagna deux fois les élections (et trois défaites, mais Prodi n’était pas candidat) il est autant vrai que pour 2 fois il tomba bien avant la conclusion de la législature.

Avec Bersani, à en croire ses arguments de campagne, la vocation majoritaire est abandonnée et on revient à la saison des alliances. De même, avec Bersani l’équilibre du parti revient clairement dans le giron de la gauche : ce sont les héritiers des DS (à son tour héritier du PCI) qui ont été sacrés. Ceux mêmes qui, ce n’est qu’un avis personnel, ont sabordé la présidence Veltroni par crainte de perdre des rentes de position importantes (et quand on connaît les soutiens de Bersani … bref, passons à autre chose avant de se choper une plainte pour diffamation). Ceux-mêmes qui ont tout fait afin que les députés européens du PD siègent dans l’ancien PSE, maintenant S&D, avec par conséquence l’affaiblissement du PDE et, indirectement, le glissement de l’ADLE sur les positions de l’ELDR.

En somme, ce n’est pas une bonne journée pour ceux qui, comme moi, se cassent la voix à crier le besoin de donner structuration et représentation à l’espace politique qui existe hors des clivages du XXème siècle.

Certes, on me dira, avec les primaires les électeurs se sont exprimés et Bersani a été jugé le meilleur. Certes, mais combien de gens ont voté à ces primaires ? Soyons généreux, disons trois millions de personnes. Ce qui est beaucoup. Sauf que, si aux prochaines élections le PD ne touche que trois millions de voix cela risque fort de faire un pourcentage à un seul chiffre.

Comme j’ai eu occasion de dire ailleurs, j’ai été un électeur du Parti Démocrate. Aujourd’hui je m’interroge sans beaucoup d’espoir sur le futur politique de celui qui reste, malgré tout, mon pays.

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Aujourd’hui les Démocrates français réunissent leur Conseil National.

Demain les Démocrates italiens votent avec un système de primaires « élargies » pour leur chef de file.

Dans les deux pays, ces initiatives courageuses et à haut risque ont tenté (et tentent) d’apporter une réponse solide à l’évolution politique de nos contrées, avec le dépassement des clivages du XIXème et XXème siècle pour donner représentation à l’espace du XXIème.

Dans les deux pays, la défense de rentes de position (pas forcément ni prioritairement en haut lieu) a freiné et freine les deux mouvements.

En Italie, il y en a qui regarde avec nostalgie à l’Union. Certes, gagnante. Mais aussi incapable d’offrir un gouvernement un tant soit peu stable au pays et aux citoyens. L’éternelle question, « des élus, pour quoi faire » est dans ce cas d’une pertinence cruelle.

En France, la situation ne me parait pas très différente.

Le weekend du tournant ? J’aimerais le croire.

Alors ce soir ça sera match de hand.

Quoi ? Je passe du coq à l’âne ?

Vraiment ?

Bon weekend (peut-être) démocrate à tous

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Bonne nouvelle d’Europe

Je lis une dépêche Reuters que le groupe des « Conservateurs et Réformateurs Européens » serait né au Parlement et qu’il compterait 55 membres. Au risque de paraître incorrect, c’est une très bonne nouvelle. En effet, la mauvaise avait eu lieu le 7 juin avec l’élection de nombreux députés, notamment britanniques et polonnais, oscillant entre l’euroscepticisme et l’europhobie. Mais cela est la volonté de l’électeur et je la respecte.

Ces députés avaient a-priori leur collocation dans le PPE, avec l’UMP parmi d’autres. Or, les fait qu’ils ait constitué un groupe autonome, et à vrai dire assez important, rendra plus clair le positionnement de la droite dite européenne et les différentes alliances qui vont se nouer au fur et à mesure. Par opposition, la naissance de ce groupe pourrait, le conditionnel est de rigueur, remettre sur le tapis l’exigence d’une vision profonde de l’Europe et, soyons optimistes, un vrai débat sur le (con)fédéralisme européen.

Ce nouveau groupe, il le dit avec clarté, est pour une Europe  virtuelle, à minima, faite uniquement d’accords entre Gouvernements. C’est un projet de désintégration européenne. Il y a, en France et ailleurs, des gens qui ont parlé d’Europe « volonté », « puissance », « repère » … notamment au PPE.  Maintenant, ils devront choisir : accepter d’être affaiblis au Parlement et renoncer à ces 55 voix ou alors s’allier de façon explicite avec les europhobes. Je parie que la blogosphère et j’ose penser même les structures partisanes vont être vigilants : la prochaine campagne européenne est déjà en marche. Et en ce qui concerne la France, la Présidentielle pourrait bien en être une étape.

Par ailleurs, cet affaiblissement de la droite européenne ouvre des espaces politiques à toutes les forces centrales : les Démocrates, les Libéraux, les Ecologistes. C’est la règle de la proportionnelle. Et je sais, pour l’avoir vécu au Parlement Italien où on avait des députés qui se revendiquaient directement de l’héritage mussolinien, que les extrêmes parlementaires ont tendance à ce stériliser et à recentrer la politique.

C’est pour cette raison que je partage les perplexités de Francesco Rutelli (co-fondateur avec F.Bayrou du PDE au nom de la Marguerite, depuis ayant intégré le « Parti Démocrate » italien) quant à l’accord passé entre le PD et le PSE pour créer un groupe d’ « Alliance des Socialistes et des Démocrates Européens« . Bien que j’en comprends les raisons, cela c’est à mon avis une erreur car cela retarde la structuration du nouvel espace politique européen ne se reconnaissant plus dans le binairisme droite-gauche. Par ailleurs, en Italie, on votait aujourd’hui pour des référendums sur la loi électorale qui auraient mis en difficulté les partis non majoritaires. Sachant que le quorum de 50% des votants est nécessaire pour la validité de la consultation, s’abstenir c’est vraiment voter avec ses pieds. Et l’affuence n’a été que de 20% environ.

Cet espace existe et il se manifeste régulièrement.

Donnons lui de la voix, de l’espoir et de la cohérence.

C’est notre « job« 

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D’accord, c’est de l’intox.

Cependant, permettez-moi une chronologie comparative entre la France et l’Italie. Pourquoi ? Mais parce que, comme je disais ailleurs, la France a décidé, drôle d’idée par ailleurs, de suivre la marche de l’Italie avec au moins dix ans de décalage. Vous n’y croyez pas ? Place au calendrier.

Tout juste une précision de langage : en Italie le « Parti Socialiste » a été plutôt le parti des affaires, l’homologue du PS français devant se rechercher plutôt au Parti Communiste Italien.

Bien. En 2009 Manuel Valls souhaite que le PS change de nom. En 1991, le PCI, sous l’impulsion de Achille Occhetto, décide d’abandonner les références au communisme et change de nom pour adopter celui de « Parti des Démocrates de Gauche » (PDS en italien). Les « durs et purs » quittent le parti pour défendre des positions plus radicales mais ouvertes à des pactes de gouvernement (un Front de Gauche avec 15 ans d’avance). Manuel Valls trouve que le mot « parti » enferme la proposition politique dans quelque chose d’étroit et lui préfère le mot « mouvement« . Sans enfoncer le clou rappelant que cette distinction entre « parti » et « mouvement » était un cheval de bataille de la Ligue du Nord dès l’acte de sa création en 1991 (tiens, encore) au point que dans ses statuts on utilisait jamais le mot de « parti », cette réflexion a existé également au sein du PDS : en 1998 le mot « parti » est abandonné et la force politique prend le nom plus large de « Démocrates de Gauche » (DS). En effet, à cette époque, pratiquement aucune force de l’échiquier politique n’arbore le nom de parti. Je cite en vrac : Forza Italia, Alliance Nationale, Ligue du Nord, Démocrates de Gauche, Centre Chrétien-Démocrate, Marguerite, Démocratie Européenne, Réfondation Communiste, les Verts, Fiamma Tricolore, Liste Di Pietro, Liste Bonino … Voyez-vous des « partis » là dedans ? Et pourtant ça couvre un spectre politique très (mais alors très très) large. Manuel Valls se déclare favorable à une ouverture vers les Démocrates et vers la société civile. Je suis épatté par sa capacité de vision innovante : en effet c’est le projet de Romano Prodi de 1995 (l’Olivier). Par ailleurs, ce projet (le seul capable de mettre Berlusconi à l’opposition sur les derniers 15 années) a toujours capoté « grâce » aux alliés de la gauche radicale. Pour autant il me semble que le PS (français) ne puisse pas laisser tomber le PCF, ni Mélenchon et son « Die Linke à la française ».

Le constat de l’incapacité de cette alliance à tenir le rênes du Pays (deux victoires at aucune législature portée à terme) conduira à la création (ô combien complexe et difficile) du Parti Démocrate par la fusion des socio-démocrates modérés et des démocrates de la Marguerite (co-fondateurs du PDE).  La litigiosité, la volonté hégémonique et le complexe de supériorité intellectuelle existant dans l’aile « gauche » de ce parti ont empêché jusqu’à présent le succès de l’opération, conduisant aux démissions de Walter Veltroni (ex PCI) de la Présidence du Parti. Son successeur par intérim, Dario Franceschini (ex Marguerite) semble avoir réussi à stopper pour l’instant l’hémorragie de suffrages.

Si je me permets ce rappel historique à Manuel Valls c’est que l’histoire de nos voisins nous apprends deux choses : qu’il existe un espace politique majoritaire susceptible de se reconnaitre dans une proposition démocrate, qui considère l’argent au service de l’homme et pas le contraire et que cette proposition, au delà des Alpes, n’a été crédible que quand elle a été portée par un homme du « centre » (Prodi, Franceschini).

Manuel Valls demande, dans les faits, la création d’un Parti Démocrate à la française mais préfère parler de Mouvement. J’ai un scoop pour lui : le Mouvement Démocrate, existe déjà.

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ASDE

Non, ce n’est pas de l’ « Aide aux Salariés en Difficulté en Entreprise » dont je vais vous parler. Mais de la nouvelle « Alliance des Socialistes et des Démocrates Européens » : selon Dario Franceschini, c’est dans ce nouveau groupe que les 21 (22 si Lisbonne passe) députés européens du Parti Démocrate vont siéger.

Article de Repubblica (en italien).

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Réunion militante à Brest

Lundi 1er juin à 14h

avec

François Bayrou,

Sylvie Goulard et Bruno Joncour

à l’Auberge de Jeunesse de Brest
5 rue Kerbriant
(en face Océanopolis-Moulin Blanc)

avec collation café et gâteaux

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Hier on était invités chez ATTAC à Morlaix pour répondre à des questions sur les engagements en vue des élections européennes. Le Front de Gauche, le NPA, Europe-Ecologie et le PS étaient également à la table. L’UMP, le FN, Debout la République, Libertas et Lutte Ouvrière n’avaient pas fait le déplacement.

Une bonne soirée face à une salle pas comble mais très attentive, avec un débat un peu expéditif (deux minutes par orateur et par thème abordé) mais qui a permis aux uns et autres d’aller à l’essentiel  des propositions. Taxation des mouvements financiers, paradis fiscaux, initiative législative du Parlement Européen, marchandisation des services publics, voici certains des thèmes abordés. Et bien sur, le TCE/Traité de Lisbonne.

Qui est sorti gagnant de la soirée ? Difficile à dire. Notre orateur, Erwan Balanant (un des quatre vice-présidents finistériens) a porté avec talent et pertinence notre programme. Les candidats des autres listes ont montré d’avoir bien préparé le débat, favorisés par le fait d’avoir reçu les questions à l’avance (nous n’avons rien reçu mais le responsable d’ATTAC était réellement surpris et je crois à sa bonne foi). Peut-être, mais ce n’est que mon goût, le FG mieux que le NPA dans la position de la gauche radicale. Au fond, je crois qu’il n’y a pas de gagnants.

En revanche il y a des perdants. Les absents nous ont montré deux choses : leur désintérêt pour l’enjeux et leur refus du débat avec des gens qui pensent différent d’eux. Cela n’est guère surprenant : aucun besoin de débattre pour des supporters. Cela n’est pas moins désolant : on pourrait s’attendre de la part de personnes qui souhaitent nous représenter à Bruxelles qu’ils fassent un peu de politique.

Ah, j’oubliais, j’ai un message au représentant du NPA : il pense que son parti n’aura pas de députés. Or, selon mes analyses sur l’Ouest (qui ont une marge d’erreur importante) il se pourrait qu’il se trompe. A l’heure actuelle il semblerait assez probable que six sièges sur neuf  se repartissent entre UMP (2), PS (2), MoDem (1), Europe-Ecologie (1). Des trois restants, un pourrait revenir à l’UMP (disons à 65%) les deux autres pouvant profiter (un seul siège par parti) au MoDem (prob. 50%), au PS (50%), au NPA (35%), à Libertas (30%), à Europe-Ecologie (25%), au Front de Gauche (10%). (La somme fait 200% car il y a deux sièges)

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Les sondages continuent de tomber, le dernier en date étant produit par le CSA pour Le Parisien et repris un peu partout. Certes, la baisse de deux points de l’UMP est notable, car on se rapproche des extrêmes de la marge d’erreur. Certes, le MoDem semble se consolider en haut de la fourchette 10%-14%, ce qui renforce l’hypothèse d’une possible cassure à la hausse. Certes, cela est d’autant plus intéressant que le CSA c’est l’institut de sondage qu’en 2007 avait vu Bayrou quatrième homme à deux semaines du scrutin …

Cela dit, ces informations nationales (faisons l’effort intellectuel de les considérer fiables) ne préconisent en rien l’élection ou pas de parlementaires européens démocrates, simplement décisifs (avec leurs alliés de l’ADLE) dans la prise de décision dans un parlement où aucun groupe n’a la majorité absolue (ici pour une preuve évidente). En effet, l’élection n’est pas nationale.

Dans ma circonscription, l’Ouest, l’UDF avait élu le Général Philippe Morillon lequel avait récolté 11,7% des suffrages  devancé, hélas, par le plus inutile des députés européens (et qui rempile). Or, si on prend pour bon le score de 14% national, on est à combien dans l’Ouest ? Une idée, d’ailleurs exploité par l’excellente Laure, est de redresser sur la base des européennes UDF de 2004 : à cette époque, la liste dans l’Ouest avait fait légèrement moins bien que la moyenne nationale (98% environ), ce qui préconise d’un score autour de 13,7% sur la circonscription (+2%).

Ce procédé est surement intéressant mais il fait l’impasse sur un phénomène important : le MoDem n’est pas tout à fait l’UDF, au moins en ce qui concerne sa base électorale et son positionnement par rapport aux autres forces politiques. Pour vérifier la pertinence de l’observation j’ai donc essayé de redresser par rapport au Présidentielles. Dans l’Ouest, Bayrou fait 21,05%, c’est à dire 113,4% de son score national. C’est une exception : l’UMP présente un écart entre les méthodes de 2,5%, le PS de moins de 1%, le MoDem … 15,4% !

Si on redresse sur la base des ratios de 2007, on pourrait imaginer un MoDem proche des 16% sur la circonscription. Sachant que tout cela n’est que théorique, que ça ne fait que traduire une hypothèse de rapports de force aujourd’hui et que ne préconise en rien des résultats du 7 juin, est que le MoDem pourrait avoir des députes européens de l’Ouest ?

La tête de liste, Sylvie Goulard, semble être relativement à l’abri. C’est une bonne nouvelle car, entre recalés de droite et traine-pieds de gauche, des gens qui connaissent leur sujet ce n’est pas de trop. Et Bruno Joncour ? Selon les chiffres (je rappelle, purement théoriques) fournis par Calc,  cela se pourrait bien. Ou pas.

En effet, en partant sur une base de suffrages exprimés égale à 45% des inscrits (c’est à dire en décomptant l’abstention, les blancs et les nuls) on se rend compte que, en l’état des choses l’élection du Maire de Saint Brieuc (22) tiendra à une marge de plus ou moins 0,5 %. C’est à dire moins de 15.000 électeurs sur plus de 6.000.000 de votants.

Alors, si vous qui lisez votez dans l’Ouest (ou si vous connaissez des gens qui votent dans l’Ouest) et si vous souhaitez envoyer au Parlement Européen Bruno Joncour, mobilisez-vous.

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Deux précisions.

1. Si vous pensez que ces « redressements » c’est du pipo mathématique, imaginez comment peut-on deviner le comportement d’un électorat de plus de 40 millions d’individus par un échantillon de moins de 1000 personnes …

2. Ce billet n’a nullemet été soumis au comité de campagne du MoDem dans l’Ouest est constitue uniquement la réflexion d’un militant engagé.

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Olivier analyse depuis quelque temps le positionnement des différents députés européen, avec un oeil particulier dédié aux députés français. Curieux comme il convient de l’être pour compredre les choses, il met en parallèle le comportement des parlementaires français avec certains de leurs homologues étrangers, dont les italiens. Ainsi il note que la « Gauche Démocrate » (j’aurais plutôt dit les « Démocrates de Gauche ») ont un comprtement assez dispersé et il s’interroge sur les raisons de ce manque de cohésion. Je ne suis pas un expert des DS (composante du PSE en Italie) mais je peux avancer quelques hypothèses.

Tout d’abord, si on regarde la carte d’Olivier on verra aisément que cette dispersion est valable un peu pour tous les groupes sauf les plus extrêmes. Prenons la droite italienne : on en retrouve quelques éléments avec les UMP, quelques uns dans un « no man’s land » de la droite (un peu comme Cornillet en France) mais la plus grande partie d’entre eux occupe une place plus proche du centre. Dans cet espace, on retrouve également un ancien ministre « socialiste-caviar » (De Michelis), des membres italiens du PSE, le leader historique des radicaux (libertarien, inscrit à l’ADLE au titre de l’ELDR). Le reste des membres italiens du PSE est également proche des députés du MoDem, sur l’aile « gauche », nettement plus que des socialistes français. Dernier , Giulietto Chiesa, répertorié comme démocrate/libéral dans la carte et qui vote pratiquement comme les verts a rejoint le PSE en cours de route. Enfin, pour anectodique qu’il soit, les représentants italiens du groupe de l’Union pour l’Europe des Nations (pas de parlementaires français) votent pour certains avec l’UMP, d’autres on les retrouve dans ce positionnement hybride déjà montré et quelqu’un relativement peu éloigné du FN (plus que le MPF néanmoins).

La dispersion est donc monnaie courante parmi les parlementaires italien. Ceci dit, en ce qui concerne les membres du PSE cela prend une dimension différente car il sont « à cheval » des deux camps traditionnels. Cela se justifie, je crois, par l’histoire de la « gauche » italienne. Et je crois qu’il y a là dedans quelques enseignements pour le MoDem.

Permettez-moi un brin d’histoire. Quand j’ai commencé à m’engager directement en politique, au début des années 90, on avait une alliance de gouvernement de centre-droit (DC-PSI-PRI-PLI-PSDI) qu’on savait rongée jusqu’à la moëlle par des pratiques de corruption et en face le Parti Communiste Italien, avec des nostalgiques du fascisme (le MSI) qui avaient été tenus à l’écart bien que le système proportionnel pur existant à l’époque leur permettait une petite représentation parlementaire. L’éclatement au grand jour des scandales de corruption et la montée en puissance de la Ligue du Nord, gangant sans alliés, en 1993, la ville de Milan, induit de grands changements dans la structure même de la politique italienne.

Un premier tournant, qui structure encore aujourd’hui la vie politique italienne, en 1994 Berlusconi s’engage directement (le PSI, son allié politique ayant été presque rayé de la carte). Autre élément, considéré presque anectodique à l’époque, le PCI change de nom pour devenir le « Parti Démocrate de la Gauche » (PDS). Berlusconi gagne avec une stratégie d’alliances à géométrie variable (avec la Ligue et contre le MSI devenu AN au nord, avec AN au sud). Dans ce bouleversement, l’ancienne DC, écornée elle aussi par des scandales à répétition, éclate. Une parti rejoint AN, une autre le parti berlusconien, une partie s’allie avec la gauche, une partie reste indépendante.

Dans un système majoritaire Berlusconi gagnera, ce qui n’a pas vraiment changé depuis, à mon plus grand regret. Certes, la Ligue le fera tomber une première fois en janvier 95 et Romano Prodi (auquel Formentini, ancien Maire leghiste de Milan  se ralliera suite au glissement vers l’extrême droite imposé à la Ligue) gagne les élections en 96 mais au prix d’une alliance avec la gauche radicale (le PDS ayant perdu des morceaux sur sa gauche un peu comme le PS avec Mélenchon) qui s’averera intenable. Et Berlusconi gagnera même les élections perdues de 2004 (un demi-million de voix en plus par rapport à Prodi). Le tout avec un argument autant couillon qu’efficace : eux ce sont les communistes, ce sont toujours les mêmes personnes, celles qui croyaient à l’URSS ; moi je suis la liberté. C’est con mais ça marche.

Depuis 94, l’histoire de la gauche (et de plus en plus du « centre ») italienne est celle de chercher une alternative durable au berlusconisme. Cela a forcé des gens d’horizons différents à se mettre ensemble. La naissance du « Partito Démocratico », fusion d’une partie des héritiers de la DC et d’une partie des héritiers du PCI, rentre dans cette logique. Cette compression des identités politiques de chacun est visible dans les votes au PE.

L’Italie a un système politique en recomposition permanente depuis 15 ans. J’espère vivement que l’expérience du PD puisse être couronné de succès. Cependant, ce que j’ai vu c’est que le complexe de supériorité d’une certaine gauche socialiste (en Italie comme en France) empêche le dialogue concret et apaisé des différentes âmes « démocrates ».

L’ancien « centre », tant en Italie qu’en France a pris ses responsabilités. Mais on ne peut pas évoluer à la place des autres.

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Je n’avais pas encore réagi aux attaques de certains concurrents politiques du Mouvement Démocrate, lequel serait porteur, en Europe, d’une conception tellement « ultralibérale » d’en faire pâlir Hayek, Smith et Ricardo réunis boire du thé au purgatoire des économistes (c’est bien connu, les économistes sont interdit de paradis).

Je veux partager avec vous la prise de position de Bernard Lehideux, député sortant et numéro deux sur la liste MoDem pour l’Ile-de-France, sur la directive sur le temps de travail. Un tel reagano-tatchérisme débridé est à écouter de vive voix.

P.S. Bonne chance à Bernard Lehideux que j’espère voir renouvelé dans son mandat pour mener la suite de ce combat sur la durée maximale du travail

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