Les concepts de « développement » et de « développement économique » sont souvent utilisés comme synonymes : ainsi, juste comme exemple, on parlera de pays en voie de développement pour indiquer des Etats où le système économique est encore balbutient, selon le référentiel communément admis des systèmes économiques de marché.

Je crois que cet amalgame est abusif et que cet abus de langage porte avec soi l’incompréhension des phénomènes territoriaux.

C’est d’ailleurs une des réflexions qui guident mes recherche économiques : si vous avez le temps, l’envie et l’inconscience de lire six pages de mon très mauvais français … c’est sur DREMM.

Par ailleurs, sur DREMM j’ai un problème de commentaires … en attente de le résoudre, vous pouvez réagir ici.

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Promoteur au Carré #2

Venons donc au Carré Orange et à ses trois mots clés : réfléchir, partager, témoigner

Contrairement aux Promoteurs, le Carré a la volonté de s’affranchir du cadre strictement partisan pour se concentrer sur les défis de fond qui se parent face à notre société. Certes, le choix d’un code couleur marqué politiquement peut faire grincer des dents à des gens non impliqués au sein des Démocrates ou, encore plus, à ceux qui ont cru à cette aventure et qui en ont été déçus.

J’assume ce choix car c’est une question politique, avant d’être partisane. Mon sentiment est qu’il y a, aujourd’hui, deux espaces politiques distinctes en compétition entre eux. Le premier, héritage du XIXème et du XXème siècle, est structuré par l’opposition, manichéenne à mes yeux mais certainement ressentie comme fondamentale par d’autres, entre la droite et la gauche. Je ne veux pas porter de jugement sur cet espace. Il existe et il a sa dignité. Il a également ses partis pour le représenter.

Mais je ne m’y reconnais pas. Et mon sentiment est que je suis loin d’être le seul. Les millions de voix qui, dans un cadre de mobilisation massive de l’électorat, se sont portés sur François Bayrou au premier tour de l’élection présidentielle en 2007, expriment, à mon avis, la demande de ce nouvel espace politique de trouver un représentation valable. Avec tout le respect que j’ai pour la plus grande partie des personnes le composant, je pense que c’est un message que l’appareil de l’UDF transporté au Mouvement Démocrate n’a pas su écouter. Ainsi, cette fois dans un cadre de mobilisation très faible, le message a été hurlé par le vote d’Europe Ecologie. Qui est, même si je peux me tromper, bien différent politiquement du vote « Vert » à Dominique Voynet ou à Noël Mamère.

Cet espace politique est, je le crois, l’espace politique du XXIème siècle. Mais il n’est pas structuré. D’où la difficulté pour une structure partisane de l’interpréter dans sa globalité. D’où également une certaine infidélité électorale. Dans ce contexte, le code « orange » me parait le plus pertinent. De ce manque de structuration aussi l’exigence de se pencher sur les sujets de fond, de faire émerger les différences et donner des élements pour donner forme aux projets de société alternatifs qui sont demandés avec force par cette partie de nos concitoyens.

Pour l’instant, le Carré n’est qu’un embryon. J’ai décidé, après avoir pris en compte plusieurs alternatives, de le lancer d’abord comme groupe sur Facebook. Je suis le premier à savoir que, si ça marche, cet instrument deviendra rapidement obsolète. Car, si je crois aux vertus de la Toile, je sais aussi l’importance de la relation humaine « en vrai ». Cependant, je préfère franchir une étape à la fois. Rêve avec les pieds par terre qu’on m’a appris dans mes cours de stratégie : c’est une méthode qui me convient bien et qui m’a donné de nombreuses satisfactions.

Le groupe du Carré se présente par ce message :

Ce groupe se veut un premier pas vers la mise en commun des expériences et des réflexions de citoyens engagés dans un cadre qui s’assume politique mais non partisan. Cette étape, si couronnée de succès, sera amenée à évoluer vers des formes plus structurées.
Le groupe se veut un espace de liberté. Cependant, l’expérience montre que ces espaces tendent, avec le temps et le succès, à dégénérer. Et la liberté d’insulter, de déraper, de dénigrer et autres dérives similaires n’est pas reconnue dans le Carré Orange.
Participer au Carré Orange c’est faire preuve de tolérance vers les idées d’autrui. C’est accepter d’exprimer parfois des opinions minoritaires. C’est avoir le courage de les proposer quand même.
Participer au Carré Orange c’est laisser de côté la partisanerie : faire l’éloge ou le dénigrement d’un tel ou un tel politique ne sera pas toléré. Pour cela il y a déjà suffisamment de lieux. Le modérateurs y veilleront.
Participer au Carré Orange c’est mettre l’humain au centre de la réflexion et de l’action politique. C’est chercher des solutions complexes à des problèmes complexes. C’est également les faire partager.

Maintenant, l’espace est crée. J’attends que les membres, Démocrates ou pas, proposent du débat. Car si c’est bien moi qui a initié la démarche, le Carré ce n’est pas à moi. C’est à eux.

Enfin, pour tous ceux qui grinceraient des dents puisque « on » risque de fournir des éléments de réflexion également à des adversaires d’un certain parti, je rappellerai cette perle de sagesse qui nous arrive d’Irlande :

« Si j’ai une pomme et tu as une pomme, et qu’on s’échange les pommes, nous avons toujours une pomme chacun. Mais si j’ai une idée et tu as une idée, et qu’on s’échange les idées, maintenant nous avons chacun deux idées. »

Faire de la politique c’est aussi prendre le risque d’avoir du succès.

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Promoteur au Carré

Comme vous aurez déjà deviné, c’est un billet politico-nombriliste que vous êtes en train de lire. J’avoue : je suis un Promoteur. En effet, j’ai décidé de soutenir la démarche initiée par Christophe car il me semble qu’elle touche un point important : donner de l’épaisseur au Mouvement. Et j’estime que « mon » Mouvement en a besoin afin de se donner les moyens d’accomplir sa mission : permettre à l’espace politique du XXIème siècle de trouver représentation.

Les Promoteurs, c’est une initiative tournée vers l’intérieur du Mouvement Démocrate. Je cite :  » « Les Promoteurs » est un rassemblement de cadres et de militants du Mouvement Démocrate désirant travailler ensemble sur trois axes principaux au service de leur formation politique : l’amélioration de la gouvernance,l’optimisation de la communication, la production d’idées neuves ».

Je félicite Christophe car il n’a pas choisi la facilité en lançant les Promoteurs. En plus, quand vous lisez la liste des premiers signataires, on y trouve des gens impliquées et exigeants. Et aussi des bonnes connaissance de la blogosphère orange :-)

Donner vie à cette initiative, n’est pas dépourvu de risques : l’éventualité qu’un jour, surtout si l’opération a un quelque succès, quelque carriériste myope puisse être tenté d’en faire un tremplin personnel, voire d’agiter l’épouvantail d’un contre-pouvoir hors statuts, ne peut pas, hélas, être oubliée. C’est la règle des organisations humaines : la connerie est le chemin le plus bref d’une bonne idée à son échec. A nous qui avons entrepris ce chemin et à tous ceux, j’espère nombreux, qui vont nous rejoindre, d’être vigilants et de montrer qu’on sait, déjà en interne, faire de la politique autrement.

L’autre sujet évoqué dans le titre est le Carré Orange.

On en reparle juste un peu plus tard.

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[EDIT] Je retrouve enfin une connexion stable après deux jours de grosse galère, voyons si ça dure … [/]

Mettre le mot « libéral » dans le titre de cet article pourra paraitre provocateur à ces collègues de Toile lesquels, avec beaucoup plus de talent que moi, partagent leur avis sur un monde qui change (ou pas assez) adoptant des perspectives de gauche, de droite et, parfois, d’ailleurs.

L’occasion de la réflexion est, bien évidemment, cette nouvelle frontière franchie dans la régression des relations entreprise-salariés qui est le cas « British Airways » et son appel au « travail gratuit ». Avant il eut le cas Osram, Donatello … Et à vrai dire, l’État français y est aussi allé de son grain de sable avec la « journée de solidarité » … Et pourtant, on est là en présence d’un vrai problème d’asymétrie dans la relation entre l’entreprise et les salariés qui ne peut pas laisser indifférent l’économiste (dans une perspective libérale).

En effet, pourquoi un salarié devrait accepter de travailler jusqu’à un mois sans salaire ? Il le fait car il craint deux choses : d’être viré (bien que j’ai cru comprendre que cela serait illégal en France) et, plus radical, que « son » entreprise fasse faillite. Et là, pas de parade.

A bien regarder, ce comportement est complètement irrationnel : si l’entreprise n’est pas capable de dégager suffisamment de ressources pour payer les salaires, tous les « sacrifices » du monde ne seront pas suffisants à la « sauver ». Par ailleurs, le fait que le salarié croit à ces menaces et à ces solutions, montre bien qu’il y a un biais dans l’information  ou, à minima, dans la compréhension de l’information.

Le problème est donc ailleurs. Je ne suis pas en possession d’informations réservées sur l’état de santé de BA, donc je n’aborderai pas le problème vu du côté de l’entreprise. En revanche, je me demande pourquoi diable le salarié a-t-il aussi peur. Et c’est drôlement simple : il pense qu’il ne retrouvera jamais du travail (et du revenu). Il pense que sans l’entreprise il ne vaut rien.

En réalité, ils ne sont déjà plus des « salariés » : ils ne touchent pas (j’espère pour une brève période) de salaire. Non, pour faire un italianisme, ils sont des « dépendants » : leur même survie, dépend de l’entreprise. Ils vivent en symbiose. Pourtant, si on peut concevoir que la mise à disposition d’un cadre organisé de travail peut permettre d’apporter une valeur ajouté aux qualités individuelles, un peu comme une équipe n’est pas la simple somme de joueurs, réduire la valeur de la personne à son simple rôle dans une entreprise déterminée est très dangereux.

Comment on a pu en arriver là ? A mon avis, c’est une faute collective. « Nous » (de droite, de gauche et d’ailleurs) avons chargé l’entreprise, notamment la grande entreprise, d’un rôle social et sociétal qui été exagéré. « On » a oublié que l’entreprise, avant d’être un « sujet », un « acteur » de l’économie, n’est qu’un instrument d’organisation du travail. « On » a fait de l’entreprise la valeur fondante de la société, alors que la société est faite avant tout de personnes (Mounier, sort de ce corps!).

En rendant l’entreprise plus importante qu’elle ne l’est dans la réalité, « on » a rompu l’équilibre pasychologique entre l’offre et la demande de travail. « On » a infantilisé et déresponsabilisé l’entreprise. « On » a théorisé une société de toutes les inégalités croissantes et des responsabilités décroissantes.

On a ainsi abandonné l’approche réellement « libérale » du fait économique pour rentrer dans le monde institutionnaliste, le monde des Veblen, des Commons, des Galbraith. Et on a décidé de faire semblant, de faire comme si on vivait toujours dans le monde des Smith, des Keynes, des Hicks.

Une remise en cause des grilles d’analyse qui lient la société à l’économie est de plus en plus urgente.

C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles je suis engagé avec les Démocrates.

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Franchement, cela serait autrement intéressant ! Considérons les inconvénients de l’écriture.

1. Ça consomme du papier, de l’encre, de l’électricité, du plastique, des métaux rares, bref, c’est une catastrophe écologique.

2. Ça favorise l’émergence (ou l’aggravation) des problèmes de dos, de vue, de troubles de la main et du poignée : une vraie catastrophe sanitaire.

3. En plus, si par hasard on nuance son avis en cours d’écriture, il faudrait tout reprendre à nouveau. Donc on a la tentation de bâcler son texte ce qui est une catastrophe culturelle.

Mais, cher Maître, il y a plus grave. Une catastrophe tout court.

Je suis trèèèès rapide à écrire. Je progresse d’une page environ par jour … Et cela me bouffe un temps pas possible …

Donc je ne peux pas me pencher sur des sujets de primaire importance comme la rurbanité, les rondes noires ou le Parlement Européen

Une catastrophe, je vous dis !

Alors, puis-je rédiger à l’oral ?

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Lever le pied

Après une campagne intense, et un après campagne tout autant prenant je suis obligé de lever un peu le pied du blog. La vie « au quotidien » (y inclus politique) exige que je me concentre sur les choses que j’ai délaissées.

Tout d’abord, ma thèse. En 2007 j’écrivais à François Bayrou (dommage, j’ai perdu le mail dans le formatage de mon disque dur) que je trouvais sa proposition excellente mais que, à mon avis, il lui manquait une vision novatrice de l’économie. Sans cela, le positionnement « politique » des démocrates risque d’être toujours peu lisible. A l’époque je n’étais pas en thèse. Je n’étais pas encore engagé officiellement aux côté des « oranges » non plus. Deux ans se sont écoulés et je ne vois rien qui ait pu me faire changer d’avis. Ma thèse est importante pour moi. Peut-être (ou pas) que je pourrais aussi être utile au Mouvement par l’apport d’une pensée … différente. En tout cas, il est essentiel pour les deux aspects de la question que je m’y concentre et que j’éclaircisse les zone d’ombre qui restent (encore nombreuses) dans mon système. Priorité absolue.

Deuxièmement, il faut que je trouve du taf. Oui, c’est trivial mais cela reste néanmoins essentiel : à partir du 31 août, plus de contrat. Et entre le fait que pour un étranger (même communautaire) c’est objectivement plus difficile de s’insérer durablement dans le monde du travail français et le fait que j’ai choisi pour vivre une région qui offre relativement peu dans mon domaine de compétences, c’est presque un travail à temps plein. Priorité.

Ensuite, il y a quand même mes engagements de terrain au Mouvement Démocrate du Finistère. Au delà des rôles presque honorifiques de Conseiller Départemental et de membre de la Conférence Nationale (ah! quel lancement qu’on a fait pour Eva Joly ….), je suis également responsable de la commission « développement économique, emploi, recherche (tourisme, pêche, agriculture, économie sociale et associative)« . Il faut bien que je l’anime. On avait prévu de faire deux rencontres, fin juin et début juillet, sur les thèmes : « Sortir de la crise de l’emploi » et « Tourisme, développement, emploi : le défi de la mise en cohérence« . Bien entendu, si quelqu’un d’entre vous estime avoir quelques choses à dire, envoyez-moi un mail (skeptikos [at] dremm [point] net), je porterai vos propositions au débat. A faire (et chronophage).

Par conséquent, je pense que je serai obligé de lever un peu le pied du blog.

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Aujourd’hui c’est jour de vote (si c’est pas encore fait, filez voter, vous lirez plus tard) : une excellente journée pour une réflexion générale (et synthétique) sur l’approche au fait politique qui est la mienne.

J’ai commencé à m’intéresser à la politique probablement trop tôt : déjà en dernière année de collège je « théorisais » (noter les guillemets) une formation politique qui n’était pas à droite (occupée à l’époque par le MSI), pas à gauche (occupée par le PCI), ni même au centre (les partis de gouvernement, en premier lieu la DC) mais bien « là haut », c’est-à-dire une force rompant avec une conception linéaire de la politique. A ma décharge, j’invoque le fait d’avoir vécu mon enfance dans une période traversée par des bouleversements importants. Je suis né en 1970, presque au milieu des barricades. En 1978 les Brigades Rouges tuaient Aldo Moro. En 1979 le Pape Jean-Paul I mourait dans des circonstances jamais élucidées et Karol Woitila devenait Jean-Paul II. Dans la foulée, en 1980, c’est la grande grêve de Gdansk et la naissance de Solidarnosc, conduite par un certain Lech Walesa. La même année, presque dans les mêmes jours, des terroristes (pas clair de quel bord) fesaient sauter un train à la gare de Bologne. Brejinev conduisait toujours l’Union Soviétique. Bref. De cette intuition, je n’ai jamais trouvé des raisons de dévier. Pire, j’en ai trouvé de nombreuses pour la conforter. Ayant mené ma première campagne électorale (déjà européenne) en 1989 (au profit du PLI, membre du LDR dont le président de groupe n’était autre que Valéry Giscard d’Estaing), je passe parfois pour un jeune vieux de la politique. D’ailleurs, je dois encore comprendre si c’est un compliment ou de la moquerie.

Si à l’époque j’avais décidé de soutenir le PLI, c’est que je pensais que, dans la situation spécifique de ces temps là (c’est l’année du démantelement du Rideau de Fer en Hongrie et du Mur de Berlin) seul un parti suffisamment petit avait les moyens de se remettre en cause assez profondément pour relire l’espace politique du nouveau millénaire qui allait s’ouvrir. Ce que je n’imagianais pas à 19 ans c’est que même un très petit parti peut être une simple et formidable machine à clientèles finalisée à la réélection de tel ou tel « baron ». J’ai du l’apprendre vite. C’est peut-être ça ce qu’on appelle l’expérience, j’en sais trop rien. Et tout cas, je ne nierai pas que ces vingts ans d’engagement ont été intenses et instructifs. La politique, telle que je la fais en tout cas, c’est quelque chose qui ne vous laisse pas indemne.

En ces vingts ans j’ai adhérez à deux partis, en deux Etats européens différents, j’en ai co-fondé un (dont l’existence fut malheureusement éphémère pour des raisons financières et politiciennes), j’ai connu et tutoyé trois présidents de parti (je ne compte pas le dernier car je ne le connais pas encore à ce point), plusieurs anciens ministres, un ancien premier ministre (bon il fait partie des trois présidents, ça compte quand même ?), j’ai été fiché par les anciens « RG » italiens (on m’a dit, jamais pu vérifier) en occasion d’une simple distribution de tracts, j’ai été traité de raciste et xénophobe, j’ai été traité de naif pro-immigrationiste, on a essayé de m’acheter, on a essayé de me faire payer le fait de ne pas m’être vendu. Je pourrais continuer. Vingt ans comme ça, c’est difficile à résumer.

En revanche, cela apprend des choses. Je veux en partager trois avec vous.

La première c’est que les hommes changent. Mais pas trop souvent et pas sans une expérience de rupture. Ou alors c’est qu’ils sont fidèles à leur opportunisme (et donc ils ne changent pas). Si je prends mon cas, au fond, je suis encore le préadolescent qui est « ailleurs » qu’à droite ou à gauche. Et, finalement, mon positionnement politique n’a guère changé depuis 1989. Si on se réfère au cadre européen, cela est frappant : « mes » députés étaient au LDR en 1989, à l’ELDR (nouvelle dénomination) en 1994, de 1999 à 2004 j’ai volontairement grillé mon vote, mon parti actuel siège dans l’ADLE (ELDR+PDE). En effet, la seule chose qui a vraiment changé dans mon positionnement politique c’est le regard sur l’économie. En 1989, étudiant en première année d’école de commerce j’avais une vision qui, des années d’études, de recherches et de travail plus tard, n’est plus la mienne. En gros, j’ai vieilli (un peu).

La deuxième c’est que les partis fondés sur des projets sont plus solides que ceux fondés sur des chefs charismatiques. Certes, et j’y reviendrai, le charismatique sait mobiliser les foules, ce qui facilite la récolte des voix. Cependant, l’Histoire nous montre qu’elle n’est pas arrivée à sa fin, pour reprendre l’image de Fukuyama, et que nous avons de plus en plus besoin de pensée complexe pour faire face à notre monde. Or, le charismatique est foncièrement simpliste, même quand il a une idée complexe en tête. C’est la voie de la hypercommunication et, in fine, de la hyper-impuissance. C’est une impasse, même si c’est une impasse riche en récompenses pour ceux qui l’entreprennent. Aujourd’hui on devrait le savoir : le culte de la personnalité ne mène strictement nulle part.

La troisième c’est qu’aucun projet n’a la moindre chance de se voir recompensé dans une échéance électorale s’il n’est pas incarné par une personne. C’est quelque chose dont on devrait se souvenir quand on parle de « l’égo démesuré » de notre personnel politique. Cette incarnation demande des qualités qui sont, à mon avis, assez rares. Si vous n’êtes pas d’accord, eh bien, vous avez trois ans pour me démentir.

Ce sont trois raisons parmi d’autres qui m’ont jusqu’à présent conduit à fonder mon action politique sur les projets avant tout autre considération. Or il se trouve que le monde cherche un équilibre et que cette instabilité met sous tension l’espace politique éuropéen. Dans le monde « d’avant » c’était simple. Les « rouges » sont ceux derrière le rideau qui ont étouffé le « Printemps de Prague » et pointent leurs missiles de ce côté. Les « noirs » ce sont ceux qui, avec leurs délires, ont détruit l’Europe. Il ne restait pas grand chose. Aujourd’hui, heureusement, les choses sont plus difficiles, les clivages sont multiples. Et aujourd’hui aucune force politique en Europe est encore capable de fournir une réponse pleine et aboutie à ce nouveau défi. C’est une raison de la désaffection des citoyens.

Pour ma part, j’ai toujours choisi et je continue à choisir le potentiel car j’estime que, à défaut de réponses définitives, il y a des approches que sont mieux que d’autres capables d’aboutir positivement. Elles sont des approches complexes, situées à la confluence de plusieurs chemins. Il s’agit d’approches difficiles à expliquer à des personnes trop habituées aux simplismes des gurus. Mais c’est des directions qui est indispensable de prendre, même au risque de s’y perdre.

Enfin, j’entends déjà quelqu’un penser (bruitamment) : mais bon, pour ou contre le chef ?

Laissez-moi dire une chose simple : si vous vous posez la question, c’est qu’on ne se comprend vraiment pas.

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Merci à Michel de m’envoyer les vidéos de notre soirée morlaisienne chez ATTAC. Voici pour vous.

Bon, la prise de plan coupe souvent notre représentant, mais bon, l’audio y est

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J’avais posté il y a quelque jours des considérations sur l’Europe et le Président de la République (Skeptipost #3). Le même article est également sur « Le Post » avec le titre « L’Europe et Sarkozy : un strabisme franco-français« . Apparemment cela a été vendeur …

post

Plus de 1100 lectures (alors que mes premiers billets n’arrivaient qu’à 600 environ) pour un billet « info brute » qui disparait assez tôt de la visibilité du public c’est pas mal

J’espère simplement d’échapper à une amende en guise de royalties

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Quand j’ai intégré le Mouvement Démocrate, début 2008, mon idée était celle de contribuer avec mon expérience, mes compétences et également mes limites, à la construction de ce nouveau sujet politique qui doit enfin redonner une représentance authentique au corps électoral, imposer, pour reprendre le slogan bien connu, la politique autrement. En effet, le nôtre est un Mouvement qui a porté et qui a été porté par un espoir collectif. Cet espoir a été insuffisant, en 2007, pour changer la politique en France. Car les électeurs ont fait le choix de la peur (le vote « utile » à gauche) et du conservatisme (avec Sarkozy on revient aux excellents candidats et piètres Présidents que le RPR-UMP sait si bien produire).

A cette époque j’ai estimé (et je n’ai pas changé d’avis) que de ces dynamiques collectives j’en ai une expérience assez peu répandue au MoDem. Cette expérience me faisait dire, il y a presque deux ans, qu’il y avait un risque : la désaffection, le sentiment d’abandon, de trahison. Je ne sait que trop bien que quand une force politique fait naître un gran espoir, elle s’oblige à être à la hauteur. Ou alors il faut s’attendre à des retours de bâton. C’est normal, c’est humain. Il faut le prendre en compte. Or, il se trouve que, par les aléas de la vie de chacun, que ce côté obscur de l’espoir est peu ressenti dans notre parti. Qu’on se comprenne, dans les autres également sauf que pour eux ce n’est pas le moteur du consensus, donc, d’un point de vue utilitariste, c’est moins grave. Le fait est que presque personne, au MoDem, n’a jamais participé à la création d’un parti de masse. D’ailleurs, il n’est pas un secret qu’un nombre important de dirigeants ne souhaitent pas que le MoDem se mue en parti de masse. Je respecte leur position : je suis démocrate et je conçois d’être minoritaire, voir isolé, sans animosité particulière. Mais je crois qu’ils se trompent. Pour paraphraser Bayrou et son « Abus de pouvoir« , j’espère pouvoir faire dans le futur « amende honorable », même si cela me paraît improbable.

Sur la base de ce diagnostic, j’imaginais mettre à profit ma condition d’étranger, et donc relativement « non candidable », pour dépassionner la parole et être support actif pour les candidats. Ce fut le cas pour les cantonales de Landivisau (16% au premier tour, avec une progression remarquable en termes de voix, de 704 à 1420 entre législatives et cantonales, 13,8 % au deuxième). Ce fut, politiquement, un succès indéniable pour le Mouvement. Vinrent ensuite les sénatoriales et une tentative désespérée de contrer un candidat bien implanté dans les réseaux mais que je savait perdant de justesse (et il perdit de 17 voix), initiative qui me valut un bon nombre d’ennemis de poids. Je ne regrette pas : les faits ont dit que j’avais raison et il fallait bien que quelqu’un prenne ses responsabilités.

Entretemps, certains de mes collègues démocrates m’incitèrent à me porter candidat à l’investiture pour les européennes. Ce fut une aventure, de mon point de vue, extraordinaire et je remercie les personnes qui m’ont accompagné dans cette démarche. Tant celles qui continuent de me soutenir que celles que j’ai pu décevoir malgré moi. Pour ma part, je les ai trouvées intéressantes et de qualité : je ne vais pas changer d’avis simplement parce que certaines d’entr’elles me font (pour l’instant ?) moins confiance. J’ai toujours dit que ma candidature était quelque chose d’extrêmement improbable et j’ai été prophète facile. Pour autant, ces dix mois écoulés entre la première Convention pour l’Europe et la présentation des listes, je crois les avoir bien utilisés dans l’intérêt du Mouvement. Des choses bougent, certes trop lentement mais, comme je disais dans un autre billet, être un bâtisseur c’est un travail de fourmi, un long travail de fourmi. Aujourd’hui, cette étape s’est achevée : il y a des équipes de campagne (bonnes ou mauvaises, ce n’est pas le débat) qui doivent faire un travail. Certes, je regrette que la campagne qui se dessine adopte une logique assez traditionnelle (vendre l’Union aux citoyens) alors qu’on aurait pu (et dû, selon moi) porter les citoyens à l’Union (mon « miniprogramme », pour mémoire) mais le bilan attendra, en ce qui me concerne, le 8 juin.

Ainsi, pour les prochaines 5 années, je n’ai pas de candidatures personnelles en vue. Ce sont des conditions nouvelles qu’il me revient de réinterpreter. Dans ces conditions, j’estime nécessaire oeuvrer pour réduire les tensions entre différentes « visions du parti ». Car toute mutation porte avec soi des opportunités et des risques : notre mutation n’est pas achevée et le MoDem reste, encore, un potentiel. Dégagé des supçons d’ambitions électorales, je peux le faire mieux que d’autres. Que j’aime ou pas, ce n’est pas le problème. C’est tout juste une question de survie (et j’espère bien ne pas être le seul à s’y coller).

Dans ce contexte, par ailleurs, je me suis vu confier une nouvelle responsabilité : celle de l’animation de la commission départementale « Développement économique, emploi, recherche (tourisme, pêche, agriculture, économie sociale et associative)« . C’est une opportunité intéressante pour faire du travail en profondeur, tant dans l’animation du corps des militants que dans la présence sur le terrain. Nous avons déjà réalisé deux réunions (sur les clès de lecture applicables à la crise et sur son impact local), je vais en animer deux pendant la campagne (normalement sur l’économie touristique et l’industrie agro-alimentaire, je vous confirmerai) mais le vrai travail démarrera après les élections. J’imagine cette commission comme un outil : au service de la Présidence Départementale et des élus, pour leur permettre d’étayer leur prise de parole et leur positions, au service des adhérents, pour permettre une valorisation des compétences quand elles existent et une autoformation quand elles sont carentes, au service du Mouvement en général par l’occupation du terrain.

Bien sur, peut-être la Présidence et les élus se passeront de nous, car rien ne les oblige à se conformer. Bien sur, peut-être les adhérents ne seront pas au rendez-vous, car rien ne les oblige à participer. Mais ma resposabilité, c’est de fournir un outil performant. Pas de faire du procès d’intention. Les faits se chargeront de juger à ma place.

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