On vote depuis hier pour les Régionales. En Italie. Et on vote également aujourd’hui. Pour une élection à un seul tour à la proportionnelle avec prime pour la majorité relative.

Dans une élection marquée par l’amateurisme de certains (les listes du parti de Berlusconi ont été exclues dans la région de Rome) qui ne sont même pas bons à se faire les règles pour eux mêmes (un décret a été pris en urgence pour pallier les irrégularités mais il ne s’applique pas, car le Latium a ses règles régionales qui priment sur le général) l’abstention, quelle surprise, est en augmentation.

On parle même de « syndrôme française ». Si la participation descend en dessous de 70,5 % (source www.corriere.it).

Quand on dit que tout est question de perspective …

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Bon, ces douze pages sont enfin prêtes, au moins pour ce qui concerne la substance, et envoyées. La suite est déjà programmée. Le délai me laisse quelques jours de pause. C’est bien un peu de pause aussi. Pour célébrer, en retard bien sûr, la procrastination et faire hommage à  Jorge Cham, un génie dans la matière. Pour voir venir, calmement, le futur que les instances dirigeantes envisagent pour le MoDem. Pour laisser un peu respirer mes amis, également.

Alors, sauf surprises, ça sera une semaine sport, musique et bloglandouille.

Cidre et chouchenn à volonté.

Voter !

Tout d’abord, merci à tous ceux qui ont eu le courage de lire le tout premier jet de « La Route de la Liberté » et qui m’ont fait part si bien de remarques positives que de critiques et suggestions. J’ai reçu uniquement des commentaires constructifs et, jusqu’à présent, personne ne m’a demandé de l’enlever de la liste d’envoi. Je considère ces signaux comme positifs, notamment dans la conjoncture actuelle, rude pour les démocrates, qui est hélas un moment propice aux tireurs de couteaux, de préférence dans le dos, et professionnels de la guillotine à horologérie.

Je veux le dire avec sérénité et une grande clarté, le problème principal du Mouvement Démocrate n’est pas un problème organisationnel ni un problème de leadership. C’est un problème politique. Nous avions un socle conceptuel constitué par celle que j’appelle la méthode centriste, c’est à dire le rassemblement de gens différentes pour aboutir à un compromis plus élevé que les positions de départ. Nous étions riches de nos différences. Nous avions une ambition, celle de faire de la politique « autrement », idée sur laquelle sept millions de Français nous avaient demandé de continuer à travailler. Pour préciser, peaufiner, rendre concret au service de l’ensemble des citoyens. La route semblait être tracée. Et elle, l’était.

Cependant, cet « autrement » n’a jamais pu se concrétiser. Le sens de cet « autrement » n’a pas pu être défini. La structuration idéologique d’une voie alternative aux approches aussi inadaptées que dominantes n’a jamais vraiment été affrontée.

Et à la fin, même la méthode a été oubliée. Parler avec des gens issues de la gauche, alors que le dialogue devrait être dans les gènes « centristes », a été vu comme un ralliement. Parler avec des gens issues de la droite, comme une trahison de la démarche démocrate. Et tout ce beau monde de parleurs et vierges effarouchées a oublié le fondamental : qu’on avait reçu un mandat par les électeurs pour construire quelque chose d’utile. Trop pris dans des calculs de rassemblements de partis, il ont oublié que le vrai rassemblement  en politique est celui du corps électoral au sein d’une proposition cohérente.

Peut-être le groupe dirigent porte une responsabilité. C’est probable. Mais si quelqu’un pense que c’est en coupant des têtes qu’on va répondre aux attentes de ces sept millions de personnes envers lesquelles nous avons une responsabilité, il se fourre le doigt dans l’œil jusqu’au coude, comme dit si bien l’adage populaire.

Comme vous le savez, j’ai décidé de proposer une vision globale de ce qui est, pour moi, une politique démocrate. C’est une démarche purement idéologique, je l’assume. Et elle ne se limite pas au Mouvement Démocrate, ni à l’espace strictement français. C’est ambitieux, très certainement. Si c’est aussi un péché d’orgueil, l’avenir le dira.

Demain, le MoDem va avoir un Conseil National qui s’annonce rugueux. C’est pour éviter toute confusion avec ce qui en ressortira que je vais envoyer à la liste de distribution, ainsi à tous ceux qui en feront demande à l’adresse skeptikos [at] dremm [point] net, la deuxième version de mon texte. Dès ce soir. Ou cette nuit.

Un peu plus longue que la précédente, elle y gagne en clarté et en simplicité de lecture. Une structuration en paragraphes relativement indépendants a été aussi mise en place afin de favoriser l’extraction de fiches. En revanche, la relecture formelle n’a pas encore pu être faite, ce qui entraine très certainement un nombre conséquent de fautes et quelque lourdeur résiduelle.

Voici la structuration en paragraphes en l’état actuel :

  • Le constat initial
  • Principes de Politique Démocrate
  • Les raisons d’une démarche idéologique
  • Les démocrates et les droites
  • Les démocrates et les gauches
  • Les démocrates et les écologistes
  • Les démocrates et les centres
  • La méthode démocrate
  • Exemples de méthode appliquée : la fiscalité et la dette
  • Exemples de méthode appliquée : l’éducation
  • Exemples de méthode appliquée : la santé

    J’espère que la lecture vous sera agréable et que cette réflexion, avec les autres qui sont en cours, puisse remettre le débat dans la direction d’une reconquête du sens de la politique

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    Taxe carbone.

    C’est un sujet duquel j’avais discuté longuement au sein des Commissions du MoDem avec mes collègues de Cap21 notamment. J’ai toujours trouvé cette taxe une très mauvaise idée et l’évolution de mes travaux de recherche en matière d’économie et développement me confortent dans cette évaluation.

    Par conséquent, et même si je suis conscient que le retrait de la taxe ne correspond nullement à une réflexion aboutie mais à une simple exigence de donner quitus à un électorat présidentiel en perdition, je salue cette décision.

    En effet, l’idée de la taxe carbone est simple : la pollution étant une sorte de « produit », plus son prix est élevé moins sa consommation est forte. C’est ce que les économistes appellent la relation inverse prix/quantité, ce qui donne une courbe de demande (et pas une demande) inclinée négativement. Dans ce contexte, taxer serait logique. Bien que, à la rigueur, l’objectif d’une telle taxe est de produire un encaissement nul puisque les comportements auraient été modifiés.

    Ce raisonnement souffre de trois énormes biais, à mon sens. Pour les montrer de façon aisément compréhensible je me cantonnerai à l’exemple des déplacements des personnes physiques.

    Le premier biais, tient à la réactivité de la demande à la variation des prix, ou, pour être un brin plu technique, à l’élasticité de la demande. Si elle est forte (la courbe de demande est relativement plate), une faible augmentation du prix induit un forte baisse de consommation : une petite opération fiscale induit un résultat tangible. Or, la demande de produits pétroliers pour déplacements est extrêmement rigide. En effet, que l’augmentation du prix vienne de la taxe ou des conditions de marché, l’effet est strictement le même : les statistiques USA relatives au nombre de kilomètres parcourus pendant la flambée du prix du pétrole (non amorti par effet de change) montrent une corrélation assez faible. Si ma mémoire est bonne (pas le temps de chercher le bon lien) avec un pétrole qui monte de 30 à 150 dollars la baisse des kilomètres a été de 10%. La demande est rigide, la taxe, inefficace.

    Le deuxième biais explique en réalité le premier. La relation négative prix-demande tient aux postulats de la microéconomie néoclassique. Une partie de mes travaux vise, justement, à montrer que ces postulats sont inadaptés à la lecture de notre monde. La parfaite liberté de choix, postulée par la théorie, ne correspond pas à la réalité. Autrement dit, les choix de transport sont largement contraint, à un moment fixe. Certes, des initiatives d’aménagement territorial, de développement de formes de transport en commun, d’actions sur la localisation des entreprises et l’adoption de méthodes de travail différentes, à la limite même repenser les schémas d’urbanisation de l’espace, peuvent modifier ces contraintes. Et il y aurait très certainement un débat important à avoir sur toutes les relations villes-campagnes. Mais tout ça, n’a rien à voir avec une taxe. L’efficacité de la taxe implique la liberté de choix. Qui est absente. D’où la rigidité de la demande. Donc, en plus d’un opération inefficace, l’introduction de la taxe carbone aurait contribué à réduire l’espace de liberté (au sens de Sen) des populations affectées, ce qui revient, dans mon modèle, à un développement négatif.

    Enfin, est c’est quand même étonnant que cela soit si peu dit, une sorte de taxe carbone, en France, existe déjà (la TIPP). Et compte tenu du fait que toute la filière électrique était exonérée …D’ailleurs, l’exemple de la TIPP montre bien comment la réactivité de la consommation aux variations de prix est négligeable : qui, sauf les passionnées, savent combien de TIPP est versée par litre de gazole ou d’essence ? Le « grand public », qui autre n’est que les citoyens susceptibles de payer la taxe, « payent le prix ».

    En conclusion et pour résumer, je reste persuadé que la réduction de l’émission de polluants (pas uniquement de CO2 d’ailleurs) est une vraie priorité, car c’est un levier important pour augmenter l’espace de liberté des citoyens. Mais je considère la taxe un instrument inefficace, donc inutile et pernicieux.

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    Il paraît que l’enseignement principal de ces élections régionales consiste dans la dénonciation du monolithisme de l’UMP sarkozyste. Remaniement oblige, on donne visibilité aux chiraquiens et même aux villepinistes. On en appelle à la pluralité de la droite. On évoque l’étouffement et l’oubli des électeurs de centre-droite, où il se trouverait un « boulevard politique ».

    Cela serait même convaincant si une petite rengaine umpiste ne faisait de la résistance dans mon oreille de sceptique : je me souviens de nombreuses voix, à l’UMP, qui râlaient car les listes faisaient la part trop belle aux « centristes » et à l’ouverture.

    Alors, un peu chafouin, j’ai voulu vérifier quelque donnée. Prenons Valérie Létard. Avec 25,9 % elle ne se détache pas vraiment de Marine Le Pen (22,2 %). Et le PS (avec alliés rouges et verts) vole au delà des 50 %.

    Vous me direz, le Nord, c’est un peu spécial. Très bien. Parlons Pays-de-Loire. Christophe Béchu est quelqu’un qui sait travailler avec les « centristes » : un nom pour tous, Laurent Gerault, ancien candidat MoDem aux européennes, président départemental dans le Maine-et-Loire, longtemps pressenti pour conduire la liste orange avant de se désister, était son colistier aux municipales d’Angers où le score fut très serré. J’ai cru comprendre également que les relations avec Arthuis ne sont pas mauvaises.

    En Pays-de-Loire, pas de triangulaire : le PS l’emporte dans tous les départements. Très largement dans le 44 de Jacques Auxiette. Mais aussi dans le Maine-et-Loire de Gerault, dans la Mayenne d’Arthuis, dans la Sarthe de Fillon (très largement), dans la Vendée (d’extrême justesse) de De Villiers.

    Je ne fais que prendre deux exemples et j’avoue volontiers ne pas connaitre tous les « centristes et modérés de droite » qui se présentaient comme têtes de liste à ce scrutin.

    Mais il me semble que les résultats nous laissent deux seules interprétations possibles. La première est que l’électorat de « centre-droite » est, à présent, relativement marginal. La deuxième, est qu’il ait choisi massivement l’abstention et en manière plus importante que les autres familles politiques. C’est bien possible mais peu probable : on parle d’un électorat modéré, qui est marqué par le sens du civisme. On est loin de l’avatar du contestataire et du poujadiste qui s’abstient par refus de la politique et des politiques.

    Certes, il y a, parmi les gens de droite, des déçus du sarkozysme. Et, de façon ponctuelle, cela peut être une cible électorale. C’est d’ailleurs ce que Sarkozy a fait avec succès vis à vis des déçus du FN lesquels, il est utile de le rappeler ce sont des citoyens comme tous les autres même si leurs idées ne nous conviennent pas. Face à un électeur qui a vécu l’impossibilité de gagner une grande élection (2002) et le florilège de chamailleries internes qui ont suivi les régionales de 2004, Sarkozy était un recours. Ponctuel. Et cela a marché. Mais, et les défaites successives du projet sarkozyste (y inclus les européennes) sont là pour montrer qu’on ne bâtit pas dans la durée en capitalisant sur la déception des autres.

    La gauche devrait s’en rappeler, en regardant ses scores. Les écologistes en particulier.

    Mais la leçon est à retenir d’abord par les démocrates : c’est eux qui ont jeté dans la mare cette « politique autrement ». Des millions de personnes y ont cru. Ne pas offrir une vraie voie, une voie capable de devenir la première, serait, est et a été irresponsable.

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    Donc, en très grande synthèse :

    = Darcos paye son incapacité à évincer Lassalle en Aquitaine

    = On peaufine la stratégie pour 2012 (Baroin, Tron, Daubresse)

    = On perd la seule véritable figure d’ouverture (Hirsch)

    = On met un dur (de qualité au passage) à la reforme des retraites.

    Du maquillage, de l’habillage et de la continuité.

    Si j’étais français, je me sentirais insulté.

    Parfois, être étranger ça peut soulager.

    (Certes, quand on voit le Premier Ministre italien faire déclamer la preghierina, la petite prière, à ses troupes on se dit qu’au pire il n’y a pas de limites …)

    Voter !

    Il paraît que ça vote.

    Petit tour aux bureaux de vote de ma commune il y a un quart d’heure : il paraît que l’abstention recule. Si ça se confirme, deux données à regarder de près ce soir : le vote blanc/nul et les flux de voix en nombre absolu.

    A cette nuit

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    Fulrad me demande dans un commentaire : « Que pensez-vous de la stratégie mise en oeuvre par l’UDC de Casini pour les prochaines régionales italiennes ? Je crois connaître le peu de sympathie que vous lui portait, mais son score sera peut-être instructif. »

    Pour ceux qui connaitraient mal Casini, il s’agit d’un ancien membre de la démocratie chrétienne, plus précisément de son aile droite qui a été chargé dans sa jeunesse des questions de télévision. A l’éclatement de la DC suite aux scandales de corruption des années 90, il s’allia d’abord avec Berlusconi, d’abord dans des listes uniques, puis avec des listes séparées mais toujours reliées à celles de Forza Italia. Avec le temps, le rapport s’est distendu, car Casini estime que Berlusconi, en vieillissant, perd de lucidité et que le poids politique de la Ligue dans l’alliance est excessif.

    Donc, depuis quelques années il s’évertue à s’émanciper de la droite berlusconienne pour gagner en indépendance.

    Pour les régionales, l’UDC (Union Du Centre, son parti) part seul dans un peu plus de la moitié des régions qui votent (13 à renouveler), s’allie à la droite dans quelques régions du sud et à la gauche en quelque régions du nord.

    Tactiquement, je crois que cela est juste. Et je dois dire que Casini sait bien l’expliquer. Et que ses troupes sont beaucoup plus disciplinées que les nôtres, au passage. Certes, à mon gout cette espèce de catholicisme militant (démenti par les actions, qui plus est) me dérange, car je suis persuadé que la politique doit être laïque, ne fut-il parce que ses décisions vont s’appliquer à tous. Mais, de son point de vue, c’est bien essayé.

    Il faut dire que les régions ne votant pas toutes ensemble, les télescopages avec les problèmes nationaux sont moins fortes.

    Donc, pour résumer, je regarderai avec intérêt les résultats italiens région par région mais je ne crois pas que l’on puisse tirer des enseignements directs pour la situation du Mouvement Démocrate.

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    Tous sur la Charette !

    D’accord, le jeu de mot est pourri. Le dessin politique, lui, n’a jamais été plus clair.

    Quand François Bayrou extirpe, et au forceps, celle qui était encore l’UDF du giron de la droite, dans l’entre deux tours des présidentielles, il commet, aux yeux de l’oligarchie dominante, un crime de lèse majesté. Depuis, tout est fait pour ramener les brebis centristes égarées au bercail. Surtout que cette tête de mule de Béarnais (c’est un compliment) l’avait dit clairement : « Je ne reviendrai pas en arrière ».

    Ces trois ans, ont été la succession d’opérations visant à fragiliser le MoDem et son Président. Lequel, soyons juste, n’a pas toujours eu la lucidité pour déjouer les pièges qui lui étaient tendu. Car, malgré un caractère parfois difficile, il s’agit de quelqu’un pour lequel l’amitié est une vraie valeur. C’est une noble faiblesse qui lui a, à mon humble avis, joué plus qu’un tour.

    Dès le départ de Morin & co. la rengaine a été toujours la même : le centre trouve sa logique dans l’alliance avec la droite. Où, si on veut être plus clairs (?) , le centre est un centre-droit. L’opération Morin ayant échoué péniblement aux législatives, vint après l’opération Arthuis. Moins pressé d’aller à la soupe, il a su se construire une certaine crédibilité vis à vis des cadres orange, notamment ceux issus de l’UDF. Question d’héritage, d’habitude, de connaissance. Ensuite, pendant un moment, la stratégie de la défection fut abandonnée pour laisser la place à la délégitimation permanente. C’est à ce moment que les forces vives du MoDem aurait du se souder. Mais, un peu aveuglée par le score européen d’Europe Ecologie, Corinne Lepage commença à taper dur aussi, alors que des adhérents de plus en plus déboussolés s’éloignaient au fur et à mesure du parti.

    Et, avec un timing parfait, vendredi veille d’un probable gadin régional pour le parti majoritaire, Hérvé de Charrette se charge de boucler la boucle : là où c’était les centristes qui voulaient aller avec la droite, alors que celle-ci ne souhaitait que les diluer, maintenant l’occasion est belle pour dénoncer le parti unique monocorde.

    Et il y aura très certainement de nombreux éléments qui tomberont dans le panneau.

    La campagne de 2012 a officiellement commencé.

    J’espère qu’il y aura suffisamment de bonnes mémoires pour se souvenir que le problème pour l’UMP n’est pas d’assouplir sa politique (car elle pourrait le faire, si elle le souhaitait) mais de se constituer des réserves de voix pour les deuxièmes tours.

    Les centristes ? On les roule dans la farine et on les fait frire. Ce n’était pas un dangereux gauchiste à le dire.

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    Six mois après …

    Journée classée rouge dans mon planning de travail … les réunions concernant les modalités de suivi des projets de coopération européens (programme INTERREG IV B pour les passionnés) ne sont pas ce qu’il y a de plus léger.

    Alors, tout juste une petite plongée dans un passé récent et pourtant déjà lointain. Je revenais de l’UR du MoDem, début septembre 2009, avec beaucoup de craintes. Et j’écrivais ce billet :

    Pour en (presque) finir avec l’Université de Rentrée du MoDem
    08 sept

    Posted by CP as Commentaires

    Il me manquait trois moments à relater pour terminer cette esquisse de souvenirs de la Grande Motte : la rencontre autour de JF Kahn, le débat sur les régionales, le discours de clôture.

    Des trois j’en retiens un seul message : les régionales sont considérées, somme toute, un évènement marginal. Toute l’énergie de cette UR me semble avoir été déployé sur la perspective plus lointaine des présidentielles. Or, même si cela a été fait avec un certain brio et moins de naïveté que le lancement des travaux pour les européennes (combien de votes « orange » avons nous porté à Europe Écologie par la mise en valeur d’Eva Joly à la Convention pour l’Europe ?) et même si cela semble être scellé du bon sens, c’est un choix qui renferme quelque piège et des défauts de perspective.

    Au printemps 2007 François Bayrou portait les couleurs d’un parti valant moins de 10%, ce que les législatives de juin allaient clarifier. Sa campagne, assez brillante bien que fléchissant dans la dernière ligne droite, couplé aux faiblesses de ses adversaires produit sept millions de voix. Il est incontestable que, dans ce rendez-vous, Bayrou a su dépasser les limites de son parti pour toucher des électeurs différents. Malheureusement, le socle électoral de son parti était trop faible : si l’UDF avait tourné de façon stable autour de 15 % depuis la naissance de l’UMP on aurait vécu une autre histoire.

    Je pense, en toute humilité, que la fidélisation de l’électorat se fait progressivement, d’échéance électorale en échéance électorale, avec un discours de fond qui reste visible et permanent de programme en programme lesquels, eux, changent par rapport à l’élection et à la situation du moment.

    Si je suis déçu de l’histoire du Mouvement Démocrate de sa création jusqu’à présent c’est que trop de fois nous avons déjà renoncé à bâtir ce fil avec les électeurs. Nous nous sommes laissé enfermer dans une polémique stérile entre le parti d’élus/notables et le parti d’adhérents/militants. C’est un faux débat : pour peser sur la vie politique, pour espérer pouvoir mettre en pratique nos idées, pour être un parti gagnant il est nécessaire de devenir un parti d’électeurs. Car le vote est toujours le premier pas de tout engagement politique.

    J’ai remarqué avec tristesse que des personnalités importantes ne semblent pas avoir saisi ce détail. C’est fort dommage. Un exemple en est l’embryon de débat qu’on a eu sur les candidatures au régionales. Dialogue de sourds plus que débat d’ailleurs où les deux positions « non cumul + pas sortants » et « cumul légal + sortants » se sont juxtaposés. Je trouve les deux de mauvaise qualité : c’est ce qu’on appelle être isolé.

    Tout d’abord, je ne crois pas que « sortir les sortants » (Poujad, 1956, nous rappelait J.Gourault, ça fera plaisir au crapaud) soit une méthode particulièrement intelligente. Cependant, être sortant signifie qu’on peut être évalué. Dans son travail d’élu dans les instances mais également dans sa capacité à se faire apprécier sur le terrain et à consolider un socle de consensus sur sa personne et sur le Mouvement qu’il représente.

    J’ai parfois le sentiment qu’on est très gentils en considérant la plus grande partie de nos élus des « bons » élus. Qu’on se comprenne, de vrais « bons » élus il y en a très certainement et ils méritent de toute évidence d’être reconduits. Que cela soit généralisable au point de considérer le fait d’être sortant comme un paramètre quasi-automatique d’investiture … je suis plus réservé. En plus, le choix des candidats sera (c’est implicite dans le calendrier) indépendant des positions programmatiques. Or, la cohérence entre programme et personne est un aspect important du moment électoral.

    Par conséquent, mon sentiment c’est qu’on tire un trait sur les Régions. Bien sur, il y aura des listes, des programmes et on se battra (en tout cas je le ferai) de toutes nos forces pour créer la surprise. D’ailleurs je vous en dirai quelques mots dans un billet à venir. Mais il me semble qu’on ne pose pas des bases très solides. Et je crains que cette faiblesse ne puisse persister jusqu’en 2012 où la candidature démocrate n’aurait pas beaucoup de chances de l’emporter. Je ferai prochainement un billet sur le sujet.

    Cela dit, j’ai trouvé les discours de clôture intéressants : il y a du fond, de la vision, de l’envie. Je ne sous-estime pas l’intelligence et la pertinence des propos, en particulier, de Bayrou et de Corinne Lepage. Ni de ceux de J.F. Kahn (si quelqu’un à des informations détaillées sur le CREA je suis preneur). On verra ce que ça va donner. En tout cas, mettre les faux amis au pied de leur sectarisme, de leur « racisme des idées » (sic) me parait plus que judicieux.

    Enfin, les 12 phrases … bon, on en parle une autre fois

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