Hier on était invités chez ATTAC à Morlaix pour répondre à des questions sur les engagements en vue des élections européennes. Le Front de Gauche, le NPA, Europe-Ecologie et le PS étaient également à la table. L’UMP, le FN, Debout la République, Libertas et Lutte Ouvrière n’avaient pas fait le déplacement.

Une bonne soirée face à une salle pas comble mais très attentive, avec un débat un peu expéditif (deux minutes par orateur et par thème abordé) mais qui a permis aux uns et autres d’aller à l’essentiel  des propositions. Taxation des mouvements financiers, paradis fiscaux, initiative législative du Parlement Européen, marchandisation des services publics, voici certains des thèmes abordés. Et bien sur, le TCE/Traité de Lisbonne.

Qui est sorti gagnant de la soirée ? Difficile à dire. Notre orateur, Erwan Balanant (un des quatre vice-présidents finistériens) a porté avec talent et pertinence notre programme. Les candidats des autres listes ont montré d’avoir bien préparé le débat, favorisés par le fait d’avoir reçu les questions à l’avance (nous n’avons rien reçu mais le responsable d’ATTAC était réellement surpris et je crois à sa bonne foi). Peut-être, mais ce n’est que mon goût, le FG mieux que le NPA dans la position de la gauche radicale. Au fond, je crois qu’il n’y a pas de gagnants.

En revanche il y a des perdants. Les absents nous ont montré deux choses : leur désintérêt pour l’enjeux et leur refus du débat avec des gens qui pensent différent d’eux. Cela n’est guère surprenant : aucun besoin de débattre pour des supporters. Cela n’est pas moins désolant : on pourrait s’attendre de la part de personnes qui souhaitent nous représenter à Bruxelles qu’ils fassent un peu de politique.

Ah, j’oubliais, j’ai un message au représentant du NPA : il pense que son parti n’aura pas de députés. Or, selon mes analyses sur l’Ouest (qui ont une marge d’erreur importante) il se pourrait qu’il se trompe. A l’heure actuelle il semblerait assez probable que six sièges sur neuf  se repartissent entre UMP (2), PS (2), MoDem (1), Europe-Ecologie (1). Des trois restants, un pourrait revenir à l’UMP (disons à 65%) les deux autres pouvant profiter (un seul siège par parti) au MoDem (prob. 50%), au PS (50%), au NPA (35%), à Libertas (30%), à Europe-Ecologie (25%), au Front de Gauche (10%). (La somme fait 200% car il y a deux sièges)

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Tous les adhérents l’ont reçu dans leur boîte mail : le Programme est arrivé !

Je l’ai parcouru avec une certaine curiosité : après tout le travail mené dans les commissions, les propostions, les mails, les forums … je voulais voir le contenu de ce condensé, forcément synthètique. Je le trouve intéressant, même si (c’est chose connue) je n’en partage pas tous les points. Alors, comme dirait l’autre, partageons mon avis.

Chapitre 1 – Répondre à la crise (4 propositions) : d’accord 4/4

Chapitre 2 – Pour une solidarité économique européenne (6 propositions) : d’accord 5/6, réservé sur le point 6 (anti-trust européen)

Chapitre 3 – Pour une régulation de la mondialisation (6 propositions) : d’accord 4/6, assez d’accord avec le point 4 (Conseil de Sécurité Economique), réservé sur le point 6 (monnaie de réserve internationale)

Chapitre 4 – Modèle social européen (9 propositions) : d’accord 9/9

Chapitre 5 – Développement durable (11 propositions) : d’accord 10/11, très réservé sur le point 7 (Taxe carbone)

Chapitre 6 – Agriculture et Pêche durables (7 propositions) : d’accord 7/7

Chapitre 7 – Europe des Citoyens (8 propositions) : d’accord 7/8, réservé sur le point 1 (débat public préalable)

Chapitre 8 – Protection des Droits (5 propositions) : d’accord 5/5

Chapitre 9 – Protection des Identités (4 propositions) : d’accord 4/4

Chapitre 10 – Voix européenne dans le monde (4 propositions) : d’accord 3/4, contrasté sur le point 4 (un jour faudra bien définir les « frontières de l’Europe » mais je pense que la position spécifique à la Turquie n’est pas correcte)

Chapitre 11 – Développement Pays pauvres (5 propositions) : d’accord 4/5, réservé sur le point 4 (aide publique au développement)

Pour être pleinement honnête, il y a deux éléments que j’aurais aimé voir au chapitre 7 et qui n’y sont pas : une reconnaissance plus complète de la citoyenneté européenne et le renforcement de la défense du citoyen européen face à des Etats défaillants dans l’application du droit communautaire.

Si on fait le calcul, le MoDem porte 69 propositions concrètes. J’en partage 62. Si on rajoute les deux sur lesquelles c’est le MoDem à ne pas les partager avec moi, ça fait 62 points d’accord sur 71. Ce qui nous fait une proximité de 87,3 %. C’est mon MoDemProfiler à moi.

Et vous ? A combien vous êtes proches de ce programme ?

J’aimerais avoir l’avis de Laure, Hypos, BGR, Oaz, Bob et Marc. A vous la décision de refiler le bébé ou pas.

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Agenda de campagne

Enfin un moment de répit pour mettre au clair mon emploi du temps pour cette campagne européenne qui marche un peu par à-coups médiatiques.

Hier j’étais à Quimperlé pour co-animer un café démocrate sur le thème de la crise économique, ses impacts sur le territoire spécifique et les réponses européennes à apporter. Cela a été vraiment un bon moment face un bon groupe de militants, sympatisants et, fait rare dans les réunions politiques de campagne, des personnes simplement curieuses de comprendre ce qui se passe. C’était pour moi une première et j’ai trouvé cet excercice intéressant car ce type de rencontre permettent de balayer un nombre important de sujets et surtout de se focaliser sur les questions du « public » beaucoup plus que dans une réunion traditionnelle. Merci donc à Erwan et à l’équipe de la 8ème circonscription du Finistère pour cette belle et utile rencontre.

Maintenant le programme prévoit :

le 23 mai à Paris par cause de  Conférence Nationale du Mouvement Démocrate

le 26 mai, 20h, à Brest pour un Café Démocrate sur le thème : « Europe: Institutions et Démocratie – Réunion débat sur la citoyenneté européenne » (Voile d’Or au Moulin Blanc)

le 29 mai, 20h30, co-animation d’un Café Démocrate à Landerneau sur le thème : « L’Europe au quotidien, l’Europe pour tous » (salle municipale, quai de Cornouaille)

le 1 juin François Bayrou nous rend visite à Brest (venez nombreux ;-)

le 2 juin, réunion des militants du canton de Landivisiau

le 3 juin, 18h30, co-animation d’un Apéro Démocrate à Lampaul-Guimiliau sur le thème : « L’Europe et les défis de l’agroalimentaire » (Bar de l’Enclos)

le 4 juin, 20h30, co-animation d’un Café Démocrate à Landivisiau sur le thème : « Europe, emploi et protection des TPE/PME » (Le Perroquet Bleu, face au Super U)

le 5 juin, 20h30, co-animation d’un Café Démocrate à Saint-Derrien sur le thème : « Europe et Santé » (Bar Le Didgéridoo)

Tout ça ponctué de tractages divers et variés :-)

Bon, je vous laisse. C’est pas tout ça mais il faut que j’envoie quelques mails avec le programme du MoDem

Ah j’oubliais … c’est vrai que Bayrou n’a pas mis d’objectif, mais nous par ici on aimerait bien faire mieux qu’au cantonales

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Nous proposons

Lors de la Convention thématique européenne du dimanche 29 mars, François Bayrou a présenté les 12 engagements européens du Mouvement Démocrate.

1 – L’union de l’Europe, maintenant, plus de doutes possibles
Dans l’histoire de l’humanité, jamais de peuples libres n’ont choisi de se rapprocher pour relever ensemble les défis de leur temps. C’est l’entreprise historique la plus pacifique et la plus novatrice de tous les temps. Mais comme toutes les constructions humaines, après des succès impressionnants, il est arrivé à l’idéal européen de s’émousser et d’être un sujet de désillusion. Parfois, les peuples ont douté, beaucoup, ou un peu. Aujourd’hui, le doute n’est plus permis. La crise prouve que le chacun pour soi rend impuissant. En revanche, ensemble, on peut agir. L’euro a résisté à la crise et nous a évité les catastrophiques dévaluations d’autrefois. Où en serions-nous si l’euro n’avait pas existé ?

Nous proposons une réponse coordonnée de l’Union européenne à la crise, avec un grand emprunt européen de 3% du PIB, destiné, en particulier, à aider les PME à préparer l’avenir. Nous proposons que les grandes politiques de lutte contre la crise, par exemple, le plan automobile, fassent l’objet d’une démarche concertée et coopérative des Etats de l’Union, en tous cas de la zone euro.

2 – L’Europe, ce n’est pas seulement une économie, c’est un projet de société, des valeurs humanistes
Ceux qui ont voulu limiter l’union de l’Europe à un marché ont trahi l’idéal européen. L’Europe ne peut pas se résumer à la défense de la concurrence en tous domaines et sur tous sujets. Pour nous, démocrates français et européens, l’exigence sociale, civique et écologique doit servir de point de repère. Ce sont les valeurs de l’humanisme européen qui doivent maintenant être défendues, notamment dans nos relations avec les autres puissances mondiales.

Nous proposons que l’exigence sociale, démocratique et écologique soit placée au même niveau que la concurrence.

3 – En Europe, la compétition doit être rendue équitable
Nous ne pouvons pas continuer à imposer à nos entreprises, à nos agriculteurs, des normes légitimes et justes, par exemple en matière d’environnement, et accepter qu’entrent chez nous des produits qui ne les respectent pas.

Nous demandons l’équité : les produits qui entrent en Europe doivent être soumis aux mêmes règles que ceux que nous fabriquons chez nous et l’Europe doit les aider à y parvenir.

4 – L’Europe, affaire de citoyens
Les gouvernants de nos paus et les dirigeants européens préparent toutes les décisions entre eux, dans le secret, sans que nul en soit informé. Des choix très importants, qui nous concernent tous, sont ainsi décidés. Cela ne doit plus être accepté par les peuples. Pour nous, toutes les décisions qui concernent l’avenir des citoyens européens doivent être prises en pleine lumière : c’est aussi notre affaire de citoyens.

Nous proposons que les délibérations des gouvernements, au sein du conseil, soient publiques, télévisées, ou diffusées sur internet. Nous proposons que toute préparation de décision de l’Union soit annoncée aux citoyens, sauf urgence, trois mois avant d’être prises, par voie de presse, de manière qu’ils puissent donner leur avis et saisir leurs députés européens.

5 – L’Europe ne peut pas organiser la concurrence sauvage des Etats européens entre eux
Elle doit, au contraire, les conduire à la coopération. Depuis des années, chaque pays essaie de marquer des points contre les autres. C’est une démarche vouée à l’échec et qui conduit à une impasse.

Nous proposons que soit mis en place une harmonisation fiscale qui permette une coopération et non pas des politiques de dumping qui visent à voler les entreprises des uns pour les installer chez les autres.

6 – Le savoir et la connaissance priorités de l’Europe
Nos pays développés savent désormais que la mondialisation donnera la victoire aux mieux formés, à ceux qui maîtriseront le mieux les découvertes scientifiques et les nouvelles technologies.

Nous proposons un doublement progressif du budget européen pour la recherche et, en liaison avec les Etats membres de l’Union, une aide efficace au dépôt de brevets.

7 – Pour que l’Europe agisse dans des domaines aussi importants que la recherche, il lui faut des moyens réels
Un budget limité à 1% de la production annuelle, c’est infiniment trop bas. D’autant que ce budget est utilisé pour la moitié par la politique agricole (essentielle).

Nous proposons un budget européen dont le volume serait décidé par le parlement européen et alimenté par un impôt unique sur l’ensemble des pays de l’Union, par exemple un prélèvement sur les transactions bancaires et boursières.

8 – L’Europe, zone de sécurité
En Europe, il n’y a pas de frontières pour les réseaux de criminels ou pour les mafias, mais policiers et juges sont eux, arrêtés par les frontières. La partie n’est pas égale et tous les trafics, y compris de drogue et d’êtres humains, en profitent de jour en jour davantage.

Nous proposons un procureur européen avec autorité sur les polices et les autorités de poursuite de chacun de nos pays.

9 – La responsabilité de l’Europe en matière de politique agricole est plus importante que jamais
En cette matière si sensible, qui touche à notre alimentation, à notre environnement, à notre paysage, à l’avenir de l’espèce humaine, notre approche ne peut pas être seulement de marché.

Nous défendrons une politique européenne d’agriculture de qualité qui visera à la fois la sécurité alimentaire de l’Europe, l’exigence environnementale, et le maintien d’un vrai tissu d’exploitations agricoles de taille humaine.

10 – Aucun des progrès nécessaires de l’Europe ne pourra se faire sans volonté politique
L’organisation à 27 est souvent paralysante, les discussions sont interminables, il n’en sort rien. Plus la crise avancera, plus le monde deviendra incertain, plus il nous faudra coopérer pour avancer.

Nous défendrons l’idée d’une avant-garde européenne, qui sera capable de faire bouger les choses. Pour nous, c’est la zone euro, les seize pays qui ont une monnaie unique en partage qui doivent former cette avant-garde. Libre aux autres pays de les rejoindre pour renforcer l’ensemble.

11 – Il faut convaincre les Européens que l’Europe n’écrase pas leur identité, au contraire qu’elle la garantit
Pour nous, Français, la Nation est un bien commun. La langue française, la création culturelle sont protégées : elles doivent l’être encore plus efficacement. Les régions sont une richesse de l’Europe, elles doivent être mises en valeur, avec leur langue et leur culture. L’Europe est un vivier d’identités et de cultures.

Nous défendrons l’Europe qui garantit les identités, les modes de vie, les langues et les cultures sur son sol et dans le monde.

12 – L’immigration est la partie visible du plus grand drame de l’humanité : le sous-développement et la pauvreté
Comme ils ne peuvent plus vivre chez eux, les immigrés prennent tous les risques pour passer nos frontières. Seule une politique d’ensemble, associant tous les pays européens, pourra répondre à ce drame. Mais la vraie réponse, la seule qui compte, c’est le développement.

Pour nous, il faut mettre un terme aux politiques de pillage et de corruption du tiers-monde que nous appelons le monde abandonné. Il faut protéger leurs marchés, leur permettre de produire ce qu’ils mangent et de fabriquer ce qu’ils consomment, et cesser de piller leurs matières premières. Pour cela, la lutte contre les paradis fiscaux qui abritent l’argent de la corruption est un impératif. Nous proposons qu’on ne reconnaisse plus en Europe, les contrats signés avec les paradis fiscaux.

François Bayrou
Mars 2009

[Téléchargez ici les 12 engagements européens du MoDem]

Je commenterai dès que j’ai le temps de ne pas écrire trop de banalités [CP]

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