Les aléas des liens mi-virtuels mi-réels dans la blogosphère font que c’est en passant par la Porte d’Italie que j’ai découvert un blogueur breton, costarmoricain pour la précision, engagé politiquement sur un autre bord que le mien, nettement plus rose, virant rouge. Il tient un carnet de notes.

En période de campagne électorale, souvent, chacun ne fait qu’encenser son poulain. Il est grand, il est beau, il est intelligent, le poulain. Normal, on le soutiendrait pas, autrement.

Sauf que l’on oublie un détail extrêmement important : dans un système politique comme celui français, le nombre de gens qu’on arrive à convaincre est toujours infiniment plus petit de ceux qui restent pas convaincus. Et ce n’est pas l’artifice du deuxième tour qui peux faire oublier la réalité : combien votent tout juste pour le moindre mal, dans un deuxième tour ? Demandez aux gens de gauche en ce qui concerne 2002. Demandez aux électeurs de Bayrou en 2007 qui n’ont pas pu faire confiance à l’égérie de la « bravitude ». Aucun jugement, juste le constat.

Comprendre le regard des autres, il est essentiel, en politique. En tout cas, dans ma façon de concevoir la politique.

Alors, si Yann, costarmoricain de gauche, avait l’envie de nous restituer un portrait, sans sombrer dans la caricature, de Bruno Joncour, costarmoricain centriste, cela m’intéresserait. S’il le veut, j’essaierai de faire un portrait de Le Drian en retour, bien que j’ai une opinion plus précise des personnalités finistériennes.

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Le Fanfaron

Hier, un regard sur les électeurs. Aujourd’hui un regard sur les aspirants élus.

J’ai toujours adoré regarder les listes des candidats, essayer de saisir les raisons qui les ont emmenés sur cette liste spécifique, pour cette élection spécifique, à cette place spécifique. Je dois dire que le jeu est un peu plus intéressant en Italie où, traditionnellement, on exprime une « préférence » pour un des candidats, ce qui fait que, au moins à mon époque, on pouvait très bien être dernier sur la liste et être élu. Car vous aviez su conquérir la confiance des citoyens sur votre personne.

La diffusion des listes bloqués, en France, enlève une partie de ce sel : une bonne partie des candidats n’est que de l’équipe de campagne améliorée, et encore. Car l’éligibilité se joue en très grande partie lors de la constitution des listes, ce que, soit dit au passage, est une bonne incitation à la joyeuse tuerie fraternelle, telle celle qu’on a pu admirer en Bretagne entre Bernadette Malgorn et Jacques Le Guen (UMP). Mais passons.

Sur les listes, il faut le dire, il y a de tout. Et c’est très bien ainsi : il paraît que les listes doivent ressembler à la société. Il y a l’expert, l’intello, l’agricole, l’apparatchik, l’ambitieux qui regarde loin, le militant qui veut bien boucher un trou.

Et ensuite il y a souvent un personnage assez particulier auquel ma modeste plume ne peux pas rendre justice. S’il y a un Molière parmi mes quelques lecteurs, je lui adresse une prière : après le malade imaginaire et l’avare, il n’est pas admissible de manquer d’un portrait du Fanfaron.

Car le Fanfaron est un univers à lui seul. Par sa seule présence, il provoque de tels mouvement de consensus que la tectonique des plaques politiques en résulte à jamais modifiée. Dans son univers, évidemment Fanfaron-centrique, la seule évolution de son désir (n’ayant jamais connu la défaite, le Fanfaron ignore ce qu’est la volonté) le propulse aux sommets de la popularité. Les foules océaniques l’acclament. Il loue des stades pour ses réunions publiques. Les paparazzis le guettent pour dénicher toute inflexion d’humeur. A se demander pourquoi il n’est pas Président. Ce que, par ailleurs, le Fanfaron se demande souvent, en se répondant probablement que le monde des humains ne peut pas s’élever à son niveau.

Toute élection a son Fanfaron. C’est un rôle dans ce théâtre de l’improvisation qui est une campagne électorale sans lequel il y aurait beaucoup moins à rigoler dans les bistrots. Car si, bien entendu, « les circonstances exogènes et exceptionnelles » font que le Fanfaron perd régulièrement les élections (faute aux autres, hein !) entraînant dans sa spirale tout ce qu’il touche, il rempli la fonction essentielle de catalyser la tchatche de bar, occasion essentielle pour le tissage de liens humains intergénérationnels.

Finalement, le Fanfaron est un bienfaiteur.

Qui s’ignore.

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Il paraît (source : Le Monde) que les écologistes pourraient être tentées de se maintenir aux deuxième tour en Bretagne.

Cela ouvre des scénarios relativement inattendus : c’est justement suite aux bisbilles (et aux erreurs du PS, à mon avis) entre écologistes et socialistes qu’une ville traditionnellement « pas à droite » comme Morlaix avait pu élire un Maire et un Conseiller Général de l’UMP. Le MoDem étant absent du deuxième tour des cantonales et même du premier aux municipales.

Une Présidence Malgorn deviendrait possible ? Je dois dire que cette hypothèse m’horripile. Certes, l’ancienne Préfète de Région (tout un symbole en Bretagne) est personne connue pour travailler beaucoup, ce qui n’est pas un défaut. Elle est connue aussi pour être peu incline au débat et pour sa proximité avec le chef de l’Etat. Remarquez, même Nominöe avait été envoyé en Armorique comme affidé du souzerain, c’est dire si l’histoire, parfois, réserve des surprises. Et au delà du symbole, il y a la réalité du terrain : il y a (il doit y en avoir, c’est statistique) des gens bien à l’UMP. Mais je n’en ai pas rencontré, dans ces contrées. Et le programme pour la Région manque, à mon avis, de pertinence.

Cela dit, j’en connais un autre encore plus horrifié que moi par cette perspective : Jean-Yves Le Drian, Président sortant et candidat à sa propre succession. Je sens que les téléphones des têtes des listes ayant fait entre 5 et 9,99% risquent de chauffer grave dans la nuit du 14 au 15 mars …

Si j’étais un électeur, je trouverais cette campagne assez minable.

Mais jouissant du beau rôle du simple observateur, elle risque d’être riche en (r)enseignements.

Voter !

La Roue de l’Histoire

Le constat est sans appel : à même pas 40 ans, je suis vieux.

De toute manière, je suis vieux depuis tellement longtemps que j’ai oublié le jour où cela m’est arrivé de vieillir. Peut-être, ce jour le long de la voie ferrée, Antonio. Où quand j’ai découvert ton destin, Massimo. Ou encore, et peut-être encore, grand-père. Qu’importe : c’est comme ça.

Et un vieux, c’est connu, ça radote. C’est chanceux, d’être vieux.

Et c’est connu, le vieux n’aime pas les jeunes. Vous savez, ces jeunes de 20 à 90 ans (et plus) qui remplissent le monde contemporain. Agités à défaut d’être énergiques. Maniérés à défaut d’être brillants. Verbeux à défaut d’être profonds.

Et quel meilleur point d’observation, pour un sceptique, de l’arène politique ? Tout l’Homme y est. Toute l’Histoire de l’Homme. Toute l’Histoire de la Pensée de l’Homme. A chaque époque, son philosophe de référence. Aujourd’hui la modernité s’appelle Hobbes. J’ai toujours préféré Sénéque, au moins sur coup là. Je suis vieux. Ah, je l’ai déjà dit. Excusez-moi, je radote. Ah, je l’ai déjà dit, aussi.

Non parce que il ne faudrait pas pousser le stoicisme trop loin. Vieux. Pas vieuxcon. Le scepticisme, en revanche … ah si seulement ces jeunes avaient cette graine de sagesse … Ah oui, ils sont jeunes, j’avais oublié. Même à la retraite, même en carrière. Surtout en carrière. Dommage, car les illusions ne sont pas les rêves. Bien qu’il puissent y rassembler à l’œil peu expérimenté. Et Pyrrhôn vous le dira, tout ce que vous voyez est, peut-être, une illusion.

Mais j’en conviens, pour échapper au pièges des illusions et trouver la voie de ses rêves il faudrait une âme. Vous savez, ce truc vieuxjeuetdémodé sur lequel Descartes s’est cassé la figure. L’âme, quoi. Ce truc que ces jeunes n’ont pas. Qu’ils ont décidé de ne pas avoir. Trop lourde, encombrante et emmerdante. Mieux courir, et sans âme on est plus légers. Cyniques et fiers de l’être ils oublient néanmoins que Diogène ne voyageait jamais sans lanterne. Eärendil, négligée, s’est endormie. Nihil est maître.

Il se raconte qu’on dansait au palais de Néron pendant que Rome était dévastée par l’incendie. Qu’on dansait sur le Titanic. Qu’on dansait dans le QG de la Berlin nazie.

Qui est prêt pour la dernière danse ?

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Avez-vous jamais rencontré un punching-ball, ce petit instrument qui adore prendre des coups, se sacrifier pour faire en sorte que le niveau de stress ne dépasse la limite du déraisonnable ?

Eh bien, sachez que la couleur de ce sympathique jouet, traditionnellement rouge, vire de plus en plus à l’orange.

Soyons justes, le MoDem est loin d’être un parti parfait. Par conséquent il s’expose à la critique. Parfois dure. Parfois justifiée.

Cependant, soyons justes : le tir au pigeon démocrate devient un défouloir, presque un service d’intérêt public. Les sortants sont candidats ? Le parti est arcbouté sur des positions anciennes et refuse d’évoluer. Il s’ouvre à la « société civile » ? C’est un « casting ». Et si de surcroît il y a un candidat  de couleur en métropole, c’est forcément un « coup d’Obama ». Bayrou rencontre Cohn-Bendit (alors qu’il y a même des gens de l’UMP à cette réunion ? Le MoDem deviendrait presque communiste.

J’arrête la liste.

A-t-on jugé de la même manière les « débouchages » (dixit DCB) de Europe Ecologie ? L’ »ouverture » de Sarkozy (allant de Hirsch à De Villiers et Nihous) ? Le « sectarisme latent » de certains partis ? Même les ailes extrêmes ont reçu un traitement plus équilibré. Le cas du PS étant un peu particulier…

Voilà, continuez à tirer si ça vous amuse. De toute manière, ce qui est excessif est ridicule.

PS : le billet est volontairement sans liens, car il vise les propos et pas ceux qui les ont tenus.

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Dialogue social

Brest, Finistère, Bretagne.

France, également.

Une entreprise réputée par son attitude sociale, prix à l’appui.

Et une énième restructuration.

Le cas est simple. Cette entreprise possède un certain nombre de centres d’appels distribués sur le territoire national. En 2006/07 elle décide de « rationaliser » sa structure : un certain nombre de centres sont fermés et le personnel qui n’est pas mis en pré-retraite est redéployé. Par exemple, le centre de Morlaix ayant arrêté son activité c’est à Brest que les personnel résidu est affecté. Bien évidemment, cela n’est pas sans conséquences pour les familles : entre Brest et Morlaix il y a une soixantaine de kilomètres, peu pour que un déménagement (et on laisse de côté le travail du conjoint ou les tracas liés à la scolarisation/garde des enfants) puisse être rentable (la région brestoise étant nettement plus chère que la morlaisienne), beaucoup pour assurer ne fut-il que le coût de transport (centre d’appels = horaires atypiques) pour des budgets plutôt serrés (on parle de centres d’appels …).

Eh bien, maintenant c’est Brest qui ferme. Malgré les assurances d’il y a deux ans. L’entreprise envisage de réaffecter le personnel qui ne sera pas mis en retraite anticipée (aux larges frais du contribuable, rappelons-le) sur Quimper (70 km de Brest vers le sud). Cocasse quand on sait que du personnel avait été transféré il y a deux ans de Quimper à Brest pour conforter le site qu’aujourd’hui on choisit de fermer !

D’ailleurs, j’aimerais avoir l’avis du Jean-Marie Vanlerenberghe, Sénateur-Maire d’Arras : sa ville est également concernée par cette restructuration.

Il se trouve que le MoDem brestois a prix tout de suite position et que ils ont réussi a passer dans la presse. Il se trouve que une rencontre s’est tout naturellement organisé avec des représentants syndicaux. Il se trouve que, selon une rumeur, ces mêmes syndicats ont eu beaucoup de mal à se faire recevoir par les forces en charge de la ville et de la communauté urbaine, pourtant étiquetées « à gauche ». Et, bien entendu, la droite saisit brillamment une nouvelle occasion pour être absente du débat. Vous comprenez, c’est beaucoup plus pertinent de savoir si on va avoir un villepéniste (Jacques Le Guen, déjà indiqué par les militants) ou une ancienne préfète de région très proche de l’Elysée (pour laquelle des hiérarches se sont déjà pressées de prendre parti) à la tête de la liste régionale …….

Ils se trouve également que tout cela a une certaine logique.

La soi-disant droite ne peut (ni veut) aller contre une entreprise du CAC 40 pour laquelle le pouvoir a utilisé souvent de ses relations. La soi-disant gauche ne veut (ni peut) s’occuper d’un dossier considéré comme mineur et aux entrelacs multiples au niveau national.

Finalement, quoi de plus normal que le dialogue, social au sens premier du terme, se noue autour des forces qui mettent les personnes avant toute autre considération ?

Certes, ma lecture de la situation est différente de celle portée par les syndicalistes. Ils considèrent que le management applique et applique bien des modèles de gestion venus d’outre atlantique, durs et sans pitié. Ces techniques, je les connais et je considère que le management les applique franchement très mal. Car ils cassent la fidélité du personnel à l’entreprise, l’envie de travailler pour elle. Et tout manager qui se respecte sait qu’aucun sytème d’organisation ne peut être performant sans l’implication des acteurs.

Comment faire confiance à une entreprise qui n’a même pas su mener correctement sa restructuration (hypothèse blanche) ou qui, alors, a choisi de mentir (hypothèse noire) ? En aucun cas le management par la peur et l’angoisse ne favorise la productivité.

D’ailleurs, fermer un site que l’on vient de féliciter pour ses résultats, quelle magnifique contradiction économique !

J’ai une suggestion aux actionnaires : mesurez la valeur ajoutée de votre management, vous pourrez avoir des surprises. Car là, des sérieux doutes d’incompétence commencent à surgir.

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Bah oui, c’est important et cela serait même intelligent. Nemo compare un peu un parti à une entreprise. Je ne partage pas la totalité de sa pensée mais c’est une simplification qui peut être utile. Un produit, des VRP … soit.

Et les études de marché ?

Ils se trouve que les partis avec des simples adhérents (pas les militants, plus engagés, ni a fortiori les élus, plus informés, plus à même de faire du décryptage fin et aussi plus intéressés et tactiques) ont un patrimoine exceptionnel en termes de markéting : un panel.

Si « les adhérents » n’adhèrent pas, probablement l’électeur non plus. Combien d’adhérents ont manifesté leur peu d’enthousiasme pour les maux de ventre centro-centristes datant déjà des législatives et poursuivies pendant un moment ? Combien d’adhérents ont voté pour une liste autre que le MoDem aux européennes, notamment Europe Ecologie ? Combien d’adhérents se tuent à crier qu’ils veulent un MoDem fort, indépendant et résolument tourné vers le futur ? Combien sont-ils partis, las de crier dans le désert ?

Certes, ce ne sont que gesticulations d’adhérents, de néophytes, de supporters, de girouettes … c’est ça qu’on entend, n’est pas ? Et, bien entendu, pas qu’au MoDem. Les seuls qui sont bien lotis sont les gens du RPR : il veulent un dieu à adorer (et à brûler sur le bûcher le moment venu), c’est ce qu’ils ont. Un dieu et la foi. Croire, obéir, combattre … ah non, je divague, ça c’est l’Histoire transalpine …

Dommage que ces agitations constituent également la réponse du panel à l’étude de marché.

Études que nombre d’entreprises politiques s’évertuent à ignorer.

Dites, on appelle comment en français bien de chez vous un parti qui choisit de se couper de ses électeurs ?

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Depuis les rencontres de Marseille, c’est un sujet qui a pas mal agité le microcosme politique, 2.0 et non. Je le dis tout de suite, je n’ai aucun scoop, aucune tête de liste à vendre, aucun ragot à colporter. Désolé, juste mon regard : en fin des comptes, je suis « celui qui examine … »

Bon. Il m’est assez évident qu’une alliance de partis entre ces trois là n’est pas vraiment possible. Ça tombe bien, les partis disent la même chose.

Cependant, les électeurs de ces partis montrent une certaine porosité, bien qu’imparfaite. Regardons de près.

A l’origine, ces trois offres politiques n’ont pas vraiment de points de contact : les centristes « classiques » étant plutôt libéraux, les socio-démocrates plutôt keynésiens et les écologistes, à la limite, plutôt alter*capitalistes. Et pourtant.

Dans le passage des Verts à Europe Ecologie, il me semble que le discours a évolué, de la défense de l’environnement à la défense de l’homme dans l’environnement. Je me trompes peut-être mais ce glissement de l’écologique au vivable me parait palpable.

Les socialistes, semblent radicaliser leurs divisions entre quelques ayatollah du social et un corps électoral qui cherche de plus en plus la cohérence de ce social avec l’économique. C’est peut-être du au nombre important de CSP+ dans cet électorat mais là aussi, pour une partie des socialistes, le glissement du social à l’équitable est assez évident.

Et le MoDem ? Avec l’intégration, certes parfois … un peu … disons problématique, de CAP21 aux anciens « libéraux-démocrates à la française », il amorce un glissement de l’économique (certes « social et de marché » mais quand même) vers le viable.

Ces glissement créent des passerelles, des points de contact plus profonds qu’avant et laissent présager, dans un scénario parmi d’autres, la consolidation d’un courant politique déterminé. La logique dit aussi que cela, le cas échéant, prendra du temps.

En fait, la solution en images :

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Mission économie

Hier, pas de notes sur le blog et pour cause : on avait réunion de la commission départementale « économie » en vue du programme des régionales. Malgré un nombre restreint de participants (je sais, avec le foot et la pléthore d’engagements des uns et des autres c’est compréhensible) ce fut, au moins de mon point de vue, intéressant et productif. En revanche, pour préparer tout cela lire les 131 pages de la « Stratégie Régionale de Développement Économique » m’a ôté toute envie d’écrire pendant une bonne journée.

Pas que la majorité de Le Drian dise des choses absurdes ou déraisonnables. Au contraire, le document reflet ce qui était la pensée largement dominante en matière de développement en 2004 : le soutien aux filières, l’aide aux entreprises, l’économie de la connaissance, compétitivité et attractivité. Rien de particulièrement dérangeant sur le fond donc, même si un questionnement sur les méthodes et les moyens mobilisés serait utile, car j’ai la très désagréable sensation d’un usage non optimal des ressources.

En réalité si, il y a quelque chose qui m’interroge : le manque de recul, de prise de hauteur, de remise en cause d’opinions, certes communément acceptés à telle époque, prises comme des vérités, presque comme des dogmes. Le fait qu’on ait pensé pendant longtemps que la terre était plate ne l’a pas rendu moins ronde (et blue, comme une orange).

Je ne sais pas quel programme la majorité sortante va proposer aux Bretons. Cependant, j’ai comme l’intuition que cela sera assez proche de ce qu’on peut lire dans le document mis en lien. C’est en tout cas le sentiment que j’ai eu en participant récemment aux Assises des Territoires, à Brest. Or, la crise nous a montré, en tout cas à ceux qui ont eu envie de voir, les limites de ces constructions théoriques. Elles ne sont pas « mauvaises », elles sont tout juste non pertinentes. Car l’équation « développement = développement économique = croissance » est simplement fausse.

Je crois que la situation n’est pas différente dans les autres régions de France. Je crois que les élections régionales (et pas que) vont se jouer, justement, sur le thème du développement, c’est à dire sur la liberté, d’être et de faire, sur la dignité, sur la possibilité de bâtir un futur. L’enjeu est plus important que ce que j’arrive à exprimer maladroitement dans un billet perdu dans la nasse de la blogosphère. C’est une mission et un devoir auquel les démocrates ne doivent pas se dérober.

Pour gagner les élections et pour servir nos concitoyens.

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Journée classée rouge aujourd’hui, donc vraisemblablement pas de billets originaux.

Mais, car à toute règle il y a une exception et étant donné que vous économisez le temps à dédier à mes tartines, vous ne devez pas rater deux pépites de ce matin :

Démocrate sans Frontière parle du centre et la droite

Uri Avery parle du Rapport Goldstone (Israël – Gaza)

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