Taxe carbone.

C’est un sujet duquel j’avais discuté longuement au sein des Commissions du MoDem avec mes collègues de Cap21 notamment. J’ai toujours trouvé cette taxe une très mauvaise idée et l’évolution de mes travaux de recherche en matière d’économie et développement me confortent dans cette évaluation.

Par conséquent, et même si je suis conscient que le retrait de la taxe ne correspond nullement à une réflexion aboutie mais à une simple exigence de donner quitus à un électorat présidentiel en perdition, je salue cette décision.

En effet, l’idée de la taxe carbone est simple : la pollution étant une sorte de « produit », plus son prix est élevé moins sa consommation est forte. C’est ce que les économistes appellent la relation inverse prix/quantité, ce qui donne une courbe de demande (et pas une demande) inclinée négativement. Dans ce contexte, taxer serait logique. Bien que, à la rigueur, l’objectif d’une telle taxe est de produire un encaissement nul puisque les comportements auraient été modifiés.

Ce raisonnement souffre de trois énormes biais, à mon sens. Pour les montrer de façon aisément compréhensible je me cantonnerai à l’exemple des déplacements des personnes physiques.

Le premier biais, tient à la réactivité de la demande à la variation des prix, ou, pour être un brin plu technique, à l’élasticité de la demande. Si elle est forte (la courbe de demande est relativement plate), une faible augmentation du prix induit un forte baisse de consommation : une petite opération fiscale induit un résultat tangible. Or, la demande de produits pétroliers pour déplacements est extrêmement rigide. En effet, que l’augmentation du prix vienne de la taxe ou des conditions de marché, l’effet est strictement le même : les statistiques USA relatives au nombre de kilomètres parcourus pendant la flambée du prix du pétrole (non amorti par effet de change) montrent une corrélation assez faible. Si ma mémoire est bonne (pas le temps de chercher le bon lien) avec un pétrole qui monte de 30 à 150 dollars la baisse des kilomètres a été de 10%. La demande est rigide, la taxe, inefficace.

Le deuxième biais explique en réalité le premier. La relation négative prix-demande tient aux postulats de la microéconomie néoclassique. Une partie de mes travaux vise, justement, à montrer que ces postulats sont inadaptés à la lecture de notre monde. La parfaite liberté de choix, postulée par la théorie, ne correspond pas à la réalité. Autrement dit, les choix de transport sont largement contraint, à un moment fixe. Certes, des initiatives d’aménagement territorial, de développement de formes de transport en commun, d’actions sur la localisation des entreprises et l’adoption de méthodes de travail différentes, à la limite même repenser les schémas d’urbanisation de l’espace, peuvent modifier ces contraintes. Et il y aurait très certainement un débat important à avoir sur toutes les relations villes-campagnes. Mais tout ça, n’a rien à voir avec une taxe. L’efficacité de la taxe implique la liberté de choix. Qui est absente. D’où la rigidité de la demande. Donc, en plus d’un opération inefficace, l’introduction de la taxe carbone aurait contribué à réduire l’espace de liberté (au sens de Sen) des populations affectées, ce qui revient, dans mon modèle, à un développement négatif.

Enfin, est c’est quand même étonnant que cela soit si peu dit, une sorte de taxe carbone, en France, existe déjà (la TIPP). Et compte tenu du fait que toute la filière électrique était exonérée …D’ailleurs, l’exemple de la TIPP montre bien comment la réactivité de la consommation aux variations de prix est négligeable : qui, sauf les passionnées, savent combien de TIPP est versée par litre de gazole ou d’essence ? Le « grand public », qui autre n’est que les citoyens susceptibles de payer la taxe, « payent le prix ».

En conclusion et pour résumer, je reste persuadé que la réduction de l’émission de polluants (pas uniquement de CO2 d’ailleurs) est une vraie priorité, car c’est un levier important pour augmenter l’espace de liberté des citoyens. Mais je considère la taxe un instrument inefficace, donc inutile et pernicieux.

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Donc, en très grande synthèse :

= Darcos paye son incapacité à évincer Lassalle en Aquitaine

= On peaufine la stratégie pour 2012 (Baroin, Tron, Daubresse)

= On perd la seule véritable figure d’ouverture (Hirsch)

= On met un dur (de qualité au passage) à la reforme des retraites.

Du maquillage, de l’habillage et de la continuité.

Si j’étais français, je me sentirais insulté.

Parfois, être étranger ça peut soulager.

(Certes, quand on voit le Premier Ministre italien faire déclamer la preghierina, la petite prière, à ses troupes on se dit qu’au pire il n’y a pas de limites …)

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Disp, cet esclavagiste musical, me somme de relayer cette chanson. Et moi je vous renvoie à une gentille anonyme qui s’est chargée de la traduction

Bébé refilé aux musicophiles avec sens de l’humour … aller, Michel, Christelle, Olivier, et Fabien, hop !

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RAS

Les sigles savent parfois être marrantes. RAS, en Italie (lire un peu comme « race »), est ou c’était une compagnie d’assurance. En France on utilise plutôt comme acronyme de Rien A Signaler. Tout va bien quoi. Ce qui n’est pas liens avec l’assurance … oui je divague.

La réalité est que c’est un de ces jours où rien ne vaut la peine d’être écrite. Parler de David Douillet et son avaler la promesse de non cumuler ? Gaspiller de l’uranium (ou du charbon j’en sais pas trop) pour ça ? Résolument pas la peine : on sait que la divise politique de l’UMP est bien « les promesses n’engagent …  » et suite connue. Donc, exit.

Parler de la défaite de l’Italrugby au début dans le Six Nations ? Ah, bon ? C’est vrai que c’est une énorme surprise …

Des classements de blog ? Alors que je baisse nettement, selon logique et prévisions ?

De la laborieuse constitution des listes du Mouvement Démocrate ? Pourquoi, en connaissez d’élections et de partis où faire les listes est facile (les ignares peuvent taper sur google UMP Finistère Malgorn LeGuen pour s’amuser) ?

Finalement la seule chose intéressante à commenter me paraît  l’article du Crapaud sur Sarkozy. Il se trompe, à mon avis, mais je n’ai vraiment pas l’envie d’argumenter ce soir.

Et à 21h30, j’ai match.

Vive le Hand.

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Relax(e)

Joyeux anniversaire, Mister President !

Ça promet d’être savoureux

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Davos. C’est sympa Davos, si vous aimez les décors de Suisse. En tout cas, moi j’aime bien. Pas à la folie (faut pas exagérer) mais bien quand même.

Un décor tout à fait adapté pour monter sur ses grand chevaux et continuer à jouer petit bras. Parfait pour amuser la galerie et se faire passer, un court instant après un court instant, pour quelqu’un d’important.

Et, bien entendu, le tableau ne saurait être tâché par la présence éventuelle d’un quelconque bon sens, à défaut de compétence réelle : quoi de plus réjouissant de rejouer et de surjouer la moralisation du capitalisme financier alors que cela ne veut strictement rien dire ? Alors que ce qui nous manque c’est le partage d’une nouvelle et plus large compréhension des phénomènes économiques capable de repousser ne  fut-il que d’un millimètre la frontière de notre ignorance infinie ?

L’absence de pensée et de vision cohérente, dans l’histoire humaine, a souvent conduit à l’émergence de Môssieurs La Morale. Souvent pas très moraux eux mêmes. Rien que des choses très ordinaires, au fond.

J’aurais envie d’inviter nos (ir)responsables à se tourner vers la réalité, d’arrêter de jouer aux ombres chinoises sur les parois de la caverne. Mais je sais bien que rien n’est plus réel de ses illusions quand on a perdu (ou qu’on a jamais eu) la capacité à rêver le vrai.

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Sarkozy, merci !

Monsieur le Président, je vous suis très reconnaissant.

En effet, hier soir, pris par un soudain coup de fatigue, je me suis couché bien avant la météo de TF1. Ce matin, en lisant les commentaires sur votre passage télévisé, je me rends compte que vous avez eu la grande gentillesse de avoir une pensée pour moi. En effet, au vu de ce que je lis, je n’ai aucun regret à vous avoir raté. C’est généreux, de votre part.

Merci.

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Christophe est énervé. Je le comprends.

Je ne sais pas s’il comprend l’italien mais cette « Bataille de Poitiers » me paraît drôlement appropriée ….

[Toujours partagée sur mon profil pour les amis de Facebook]

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Sarkozy, merci !

On dit les Démocrates souvent frappés du virus de l’antisarkozysme primaire. Eh bien, je tiens à remercier chaleureusement le Chef de l’Etat.

Pourquoi ? Mais que diable, ne lisez vous pas les journaux ? D’accord, l’abstinence aide le maintien de la santé mentale mais quand même !

Notre bon Roy a finalement décidé d’apprendre à ces ploucs de Bretons à se tenir à carreaux ! Pour cela, il a mandaté dans les terres sauvages de l’Ouest un enfant de l’ouest de l’Ouest, une fille née là où Océan et Terre se livrent une éternelle bataille à coups de vagues et de rochers. Une femme au caractère forgé par les batailles conduites au nom de l’Etat. C’était à une autre époque, quand la France n’avait pas encore retrouvé le chemin de la Grandeur, avant l’avent de Nicolas Soleil. Notre Bernadette Bretonne, elle avait vu. Et vite compris. Elle prêta donc allégeance au futur Monocrate.

Et quand d’autres enfants de la campagne montèrent une sédition pour établir un contre-pouvoir local, elle vint au secours de la Lumière de la France. Qui l’envoya, Consul, dans la province rebelle rétablir l’ordre. Intronisée Duchesse, elle s’empresserait de renouveler son allégeance lige cette fois au nom du Duché entier.

Exit ces fâcheuses envies de langues régionales, de réunification, de reconnaissance d’une culture spécifique, d’une identité « nationale » (c’est à dire de naissance) au sens propre du terme. Exit cet horrible bruit de bombardes qui écorchent les oreilles délicates du Roy, cet odeur de transpiration et de poisson qui en affectent les narines.

Enfin redevenus soumis sans avoir jamais véritablement appris à être citoyens, nous serons finalement heureux. Et nous aimerons notre Grand Frère.

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Beaucoup de gens se sont émus de la possible (probable ? certaine ?) élection (nomination ?) de Jean Sarkozy à la tête de l’EPAD. Pour autant la question est extrêmement simple si on prend l’optique de la liberté.

Selon l’approche « orthodoxe » de la liberté, la liberté dite négative, la liberté comme absence de contrainte, on doit constater que rien n’empêche tout un chacun de postuler pour la direction de l’EPAD. Par conséquent, le pistonnage du fils du Président (on est bien d’accord, un autre Jean Sarkozy, 23 ans, étudiant en droit n’aurait pas causé le même tabac) ne peut être vu que comme le produit d’un comportement immoral (le népotisme). Ainsi, le problème est identifié dans le comportement individuel. Le Président pouvait faire un autre choix que « soutenir » son enfant, il a choisi. Donc il est coupable.

Si cela semble bien logique, cette vision laisse planer une illusion pernicieuse : avec d’autres personnes, au comportement plus moral, tout serait résolu. Je crois, je le redis, que c’est une illusion pernicieuse. J’y reviens tout de suite.

Si on approche le sujet dans l’optique de Sen, des capabilités, des libertés positives, le regard change. Jean Sarkozy a, manifestement, la capabilité de prendre la tête de l’EPAD. Il n’est probablement pas le seul mais il est tout aussi évident qu’une grande majorité de français n’ont pas un accès réel à la possibilité réelle de prendre ce poste. L’espace réel de liberté est différent d’un individu à l’autre. Le nier en raison de la confusion entre une vision philosophique de l’homme « qui nait libre et égal en droit » et la réalité des sociétés humaines rend vide de sens le mot « politique ».

Je discutais avec Abdoulatifou Aly en marge de l’UR de la Grande Motte de ce point précis : je crois que l’objectif ultime d’une politique démocrate devrait être de permettre « au plus grand nombre » (clin d’oeil à Adam Smith) de jouir du plus grand espace de liberté. Je trouve que c’est une formulation plus complète et pertinente de l’égalité des chances. Car l’égalité des chances peut être également poursuivie en réduisant les capabilités d’une partie de citoyens. C’est un peu le débat sur les différents quotas et autres discriminations positives.

Donc, plutôt que de pointer le comportement immoral du Président (des banquiers, des traders, des managers, des conducteurs de voitures, des fumeurs, des agriculteurs, des faucheurs d’OGM …), l’approche « à la Sen » permet de se poser la bonne question : pourquoi une situation de ce type se produit et, notamment, se reproduit.

Ce qui en emmène une autre.

Mais Sarkozy (Nicolas) avait (et a) vraiment le choix ?

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