C’est pas moi qui le dit, c’est Robert Rochefort.

Mais moi, je suis d’accord.

Voter !

Dialogue social

Brest, Finistère, Bretagne.

France, également.

Une entreprise réputée par son attitude sociale, prix à l’appui.

Et une énième restructuration.

Le cas est simple. Cette entreprise possède un certain nombre de centres d’appels distribués sur le territoire national. En 2006/07 elle décide de « rationaliser » sa structure : un certain nombre de centres sont fermés et le personnel qui n’est pas mis en pré-retraite est redéployé. Par exemple, le centre de Morlaix ayant arrêté son activité c’est à Brest que les personnel résidu est affecté. Bien évidemment, cela n’est pas sans conséquences pour les familles : entre Brest et Morlaix il y a une soixantaine de kilomètres, peu pour que un déménagement (et on laisse de côté le travail du conjoint ou les tracas liés à la scolarisation/garde des enfants) puisse être rentable (la région brestoise étant nettement plus chère que la morlaisienne), beaucoup pour assurer ne fut-il que le coût de transport (centre d’appels = horaires atypiques) pour des budgets plutôt serrés (on parle de centres d’appels …).

Eh bien, maintenant c’est Brest qui ferme. Malgré les assurances d’il y a deux ans. L’entreprise envisage de réaffecter le personnel qui ne sera pas mis en retraite anticipée (aux larges frais du contribuable, rappelons-le) sur Quimper (70 km de Brest vers le sud). Cocasse quand on sait que du personnel avait été transféré il y a deux ans de Quimper à Brest pour conforter le site qu’aujourd’hui on choisit de fermer !

D’ailleurs, j’aimerais avoir l’avis du Jean-Marie Vanlerenberghe, Sénateur-Maire d’Arras : sa ville est également concernée par cette restructuration.

Il se trouve que le MoDem brestois a prix tout de suite position et que ils ont réussi a passer dans la presse. Il se trouve que une rencontre s’est tout naturellement organisé avec des représentants syndicaux. Il se trouve que, selon une rumeur, ces mêmes syndicats ont eu beaucoup de mal à se faire recevoir par les forces en charge de la ville et de la communauté urbaine, pourtant étiquetées « à gauche ». Et, bien entendu, la droite saisit brillamment une nouvelle occasion pour être absente du débat. Vous comprenez, c’est beaucoup plus pertinent de savoir si on va avoir un villepéniste (Jacques Le Guen, déjà indiqué par les militants) ou une ancienne préfète de région très proche de l’Elysée (pour laquelle des hiérarches se sont déjà pressées de prendre parti) à la tête de la liste régionale …….

Ils se trouve également que tout cela a une certaine logique.

La soi-disant droite ne peut (ni veut) aller contre une entreprise du CAC 40 pour laquelle le pouvoir a utilisé souvent de ses relations. La soi-disant gauche ne veut (ni peut) s’occuper d’un dossier considéré comme mineur et aux entrelacs multiples au niveau national.

Finalement, quoi de plus normal que le dialogue, social au sens premier du terme, se noue autour des forces qui mettent les personnes avant toute autre considération ?

Certes, ma lecture de la situation est différente de celle portée par les syndicalistes. Ils considèrent que le management applique et applique bien des modèles de gestion venus d’outre atlantique, durs et sans pitié. Ces techniques, je les connais et je considère que le management les applique franchement très mal. Car ils cassent la fidélité du personnel à l’entreprise, l’envie de travailler pour elle. Et tout manager qui se respecte sait qu’aucun sytème d’organisation ne peut être performant sans l’implication des acteurs.

Comment faire confiance à une entreprise qui n’a même pas su mener correctement sa restructuration (hypothèse blanche) ou qui, alors, a choisi de mentir (hypothèse noire) ? En aucun cas le management par la peur et l’angoisse ne favorise la productivité.

D’ailleurs, fermer un site que l’on vient de féliciter pour ses résultats, quelle magnifique contradiction économique !

J’ai une suggestion aux actionnaires : mesurez la valeur ajoutée de votre management, vous pourrez avoir des surprises. Car là, des sérieux doutes d’incompétence commencent à surgir.

Voter !

Bah oui, c’est important et cela serait même intelligent. Nemo compare un peu un parti à une entreprise. Je ne partage pas la totalité de sa pensée mais c’est une simplification qui peut être utile. Un produit, des VRP … soit.

Et les études de marché ?

Ils se trouve que les partis avec des simples adhérents (pas les militants, plus engagés, ni a fortiori les élus, plus informés, plus à même de faire du décryptage fin et aussi plus intéressés et tactiques) ont un patrimoine exceptionnel en termes de markéting : un panel.

Si « les adhérents » n’adhèrent pas, probablement l’électeur non plus. Combien d’adhérents ont manifesté leur peu d’enthousiasme pour les maux de ventre centro-centristes datant déjà des législatives et poursuivies pendant un moment ? Combien d’adhérents ont voté pour une liste autre que le MoDem aux européennes, notamment Europe Ecologie ? Combien d’adhérents se tuent à crier qu’ils veulent un MoDem fort, indépendant et résolument tourné vers le futur ? Combien sont-ils partis, las de crier dans le désert ?

Certes, ce ne sont que gesticulations d’adhérents, de néophytes, de supporters, de girouettes … c’est ça qu’on entend, n’est pas ? Et, bien entendu, pas qu’au MoDem. Les seuls qui sont bien lotis sont les gens du RPR : il veulent un dieu à adorer (et à brûler sur le bûcher le moment venu), c’est ce qu’ils ont. Un dieu et la foi. Croire, obéir, combattre … ah non, je divague, ça c’est l’Histoire transalpine …

Dommage que ces agitations constituent également la réponse du panel à l’étude de marché.

Études que nombre d’entreprises politiques s’évertuent à ignorer.

Dites, on appelle comment en français bien de chez vous un parti qui choisit de se couper de ses électeurs ?

Voter !

A vous de juger, comme dirait l’autre …

Quand on pense que les Constitutions ont vu le jour pour donner aux sujets la dignité de citoyens et rendre moins aléatoire l’exercice du pouvoir absolu des monarchies héréditaires, je crois qu’on est en droit de se poser des questions.

[EDIT : tout juste quelque référence de texte]
Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen
Art. 9 : Tout homme étant présumé innocent jusqu’à ce qu’il ait été déclaré coupable [...]
Constitution de la République Française
Art. 5 : Le Président de la République veille au respect de la Constitution.
Art. 67 : Le Président de la République n’est pas responsable des actes accomplis en cette qualité, sous réserve des dispositions des articles 53-2 et 68
Art. 68 : Le Président de la République ne peut être destitué qu’en cas de manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l’exercice de son mandat
[/ EDIT]

Sur le même sujet :
Les Alcibiades

Oréade

Voter !

Journée classée rouge aujourd’hui, donc vraisemblablement pas de billets originaux.

Mais, car à toute règle il y a une exception et étant donné que vous économisez le temps à dédier à mes tartines, vous ne devez pas rater deux pépites de ce matin :

Démocrate sans Frontière parle du centre et la droite

Uri Avery parle du Rapport Goldstone (Israël – Gaza)

Voter !

Le 21 juin, je présentais une contribution écrite au débat sur le mauvais score des Démocrates aux élections européennes. Au vu de la tournure que prend le débat, il me semble intéressant de partager la réflexion avec vous.

Vous voudrez bien me pardonner d’avoir omis des passages qui n’ont pas vocation à être rendus publics et qui n’altèrent pas le sens du texte.

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Chers collègues Démocrates,

nous sommes appelés à cette occasion pour donner notre sentiment sur le résultat insatisfaisant des élections européennes et pour fournir quelques réflexions tournées vers le futur.

Les élections européennes

Il est très facile de jeter la pierre sur le dos de François Bayrou et de son altercation avec Daniel Cohn-Bendit. Certes, dans un contexte d’abstention massive où les voix pèsent lourd cela n’a pas été négligeable et tous ceux qui ont été au bureaux de vote le savent. Cependant, cela s’est greffé sur des faiblesses plus anciennes et plus profondes qui sont à la fois les raisons d’un niveau faible des Démocrates (11/12 % avant altercation) et qui étaient déjà présentes dans la défaite, certes glorieuse, aux élections présidentielles.

Quand on a la prétention de rompre un duopole de pouvoir aussi bien installé qu’en France, on doit savoir qu’on sera attaqué de tout bord, parfois avec de la mauvaise foi et la provocation. Et on doit préparer les réponses, on doit être solide. Du sommet du parti jusqu’au dernier des militants. En passant par les cadres, élus et barons divers. Or, nous avons été faibles, en 2007, en 2008 et également en 2009, et nous avons perdu par notre faiblesse. Et si nous avons été faibles c’est qu’on n’a pas su être un collectif.

On reproche souvent à François Bayrou d’avoir un style de direction plutôt rude et pas très participatif. Mais sommes nous, à notre niveau, tous blancs comme colombes ? J’étais candidat pour être sur cette liste. Je n’y étais pas et j’avais fait part, discrètement et très en amont de la campagne, de mes perplexités. Elles n’ont pas été prises en compte. Mais faire partie d’un Mouvement politique c’est aussi savoir accepter d’être minoritaire et jouer quand même le jeu à fond. C’est un signe de maturité politique qui nous a fait, collectivement, défaut.

François Bayrou a certainement ses responsabilités : avec dignité les a reconnues. Cependant, penser que le Mouvement peut se construire par le haut c’est, au mieux, faire preuve de naïveté. On ne bâtit pas une maison par le toit, même si c’est ce qu’on voit de loin. Et la base de tout Mouvement politique, ce sont ses militants. Est-que [omissis] on a toujours respecté le vote des militants ? Est-qu’on a accepté les orientations indiquées par les représentants des militants ? Est qu’on a su être solidaires les uns des autres et travailler pour construire une relation de confiance durable entre le citoyen et le Mouvement ? Si nous pouvons répondre avec un oui sincère à toutes ces questions, alors on n’a rien à nous reprocher.

Le fait est que cette relation de confiance durable entre Mouvement et citoyens ne s’est pas construite. A mon avis, il y a deux raisons qui nous ont empêché de réussir. Premièrement, nombre d’entre nous ont mis du temps à comprendre que l’époque où l’UDF apportait la nécessaire intelligence aux voix du RPR est révolue. Et si c’est révolu, c’est d’abord parce que le RPR l’a décidé, en 2002, et l’a confirmé en 2007. Le RPR ne veut pas d’alliés mais des assujettis. L’ « ouverture » sarkozyenne en est la meilleure démonstration : qu’est qu’il y a de « centriste » et de « gauche » dans la politique de la Majorité Présidentielle ? Quel rôle politique pour les différents satellites ? On ne peut pas s’allier avec quelqu’un qui rêve de te tuer, sinon en conditions de force. C’est une vérité élémentaire [omissis] finalement évidente à tous.

Ensuite, il y a un vrai problème de compréhension de l’espace politique. Mon sentiment est qu’il y a, aujourd’hui, deux espaces politiques distinctes en compétition entre eux. Le premier, héritage du XIXème et du XXème siècle, est structuré par l’opposition, manichéenne à mes yeux mais certainement ressentie comme fondamentale par d’autres, entre la droite et la gauche. Je ne veux pas porter de jugement sur cet espace. Il existe et il a sa dignité. Il a également ses partis pour le représenter.

Je revendique le droit de ne pas m’y reconnaître. Et mon sentiment est que je suis loin d’être le seul. Les millions de voix qui, dans un cadre de mobilisation massive de l’électorat, se sont portés sur François Bayrou au premier tour de l’élection présidentielle en 2007, expriment, à mon avis, la demande de ce nouvel espace politique de trouver un représentation valable. Avec tout le respect que j’ai pour la plus grande partie des personnes le composant, je pense que c’est un message que l’appareil de l’UDF transporté au Mouvement Démocrate n’a pas su écouter. Ainsi, cette fois dans un cadre de mobilisation très faible, le message a été hurlé par le vote d’Europe Écologie. Qui est, même si je peux me tromper, bien différent politiquement du vote « Vert»  à Dominique Voynet ou à Noël Mamère.

Cet espace politique est, je le crois, l’espace politique du XXIème siècle. Mais il n’est pas structuré. D’où la difficulté pour une structure partisane de l’interpréter dans sa globalité. D’où également une certaine infidélité électorale. De ce manque de structuration aussi l’exigence de se pencher sur les sujets de fond, de faire émerger les différences et donner des éléments pour donner forme aux projets de société alternatifs qui sont demandés avec force par cette partie de nos concitoyens.

Cela me paraît d’autant plus pertinent que le « gadin » du MoDem peut être lu comme la victoire de la stratégie défensive du PS. Tous connaissent le traumatisme socialiste de 2002 et le rappel, presque obsessionnel, au vote utile en 2007 quand, pour éviter un nouveau « cauchemar» , le PS avait dû (et réussi à) siphonner tous ses alliés. A partir des écologistes. Depuis, il nous servent tous les jours la même soupe : Bayrou l’imposture de droite. Car ils pensaient que, le Béarnais liquidé, les brebis seraient rentrées docilement au bercail. Grave erreur. Finalement, cet électorat voit maintenant Bayrou comme un réactionnaire de droite donc, ils votent Europe Écologie. Chapeau.

Les échéances à venir

Bernard Poignant a déclaré récemment : « Il ne manque pas de citoyens compétents et intelligents pour diriger le pays en dehors du PS. Si un parti, comme structure d’organisation, ne répond pas à ce pour quoi il est fait, il peut mourir, au moins s’étioler, agoniser lentement. » Je crois que son propos s’applique parfaitement à notre Mouvement. Notre mission est de donner voix à cet espace politique, majoritaire, susceptible de se reconnaitre dans une proposition démocrate, qui considère l’argent au service de l’homme et pas le contraire. Or cela ne sera pas possible sans un enracinement profond sur le territoire.

L’analyse des résultats par commune nous montrent que avoir des élus n’est pas, de soi-même, une garantie de résultat. Ce qui est important est l’enracinement. [omissis].

Je crois que nous devons être capables de tirer les leçons de ce scrutin et travailler à un enracinement harmonieux du Mouvement Démocrate [omissis] : cela implique probablement un renouvellement plus radical des attitudes qui ont été les nôtres évitant que les résistances de la structure nuisent à la cohésion entre les militants et avec l’électorat.

Voter !

Honteux ou Hontox ?

Sans commentaire. Sauf les vôtres, bien sur.

Voter !

J’ai écouté avec attention le discours du Chef de l’Etat sur la taxe carbone, retransmis par Public Sénat. Tout va bien madame la marquise, j’ai signé, je me suis engagé, j’ai tenu parole, c’est une innovation historique ……

Je dois avoir, les conseillers markéting du Président me soulent. Un acteur si talentueux bridé par des textes aussi médiocres ! Mais ainsi va la vie, et la taxe carbone devient une réalité.

Ainsi, les familles que la flambée de l’immobilier a expulsé de plus en plus loin de leur lieux de travail, souvent à la campagne et qui n’ont pas autre choix que de polluer (bagnole, chauffage, …) pour survivre  payeront plus de taxe qu’un connard quelconque de centre ville allant s’acheter les clopes en Carrera. C’est un bon exemple de la différence entre une conception abstraite de la liberté (et donc de la responsabilité) : les premiers ont un choix contraint, il devraient être tenus par non responsables.

En plus, le dispositif me laisse perplexe. Voici ce que j’écrivais dans le forum des commissions démocrates en novembre 2008 :

Discussion intéressante.
Cependant je ne crois pas qu’il s’agit d’un problème « classique » (ou néo-classique) d’économie. Déjà aujourd’hui, si les consommateurs en avaient la possibilité, consommeraient moins de « carbone ». Mais cette consommation est, en très grande partie, contrainte. Changer une chaudière au fuel pour passer au solaire coûte de l’argent et on y met du temps à rentabiliser. De plus, les avantages fiscaux accordés sont en partie neutralisés par la hausse des prix (ex.chaudières bois, bon, c’est du carbone dans ce cas) Or, l’adage dit : « Investir, t’aurais dû le faire, mais ton fils manquait de chaussures ».
Ce qui me gène dans l’approche c’est que, en synthèse, on part du principe d’un comportement (modification de comportement) contraint. Cela risque de provoquer deux effets : de pénaliser les classes moyennes et faibles alors que pour les classes aisées et très aisées la surconsommation « carbone » pourrait devenir du « gaspillage ostentatoire » à la mode de Veblen (T.Veblen : « Théorie de la classe de loisir »).
Je sais que je suis provocateur mais, si on ne garde pas le sens de la mesure, nous pouvons arriver à préconiser la fin des déplacements touristiques de masse, donc la fin des « vacances » telles qu’on les connait, ou encore l’interdiction (légale ou économique) de se déplacer au delà d’un certain nombre de kilomètres de son domicile.
Je crois qu’agir en rendant plus onéreux de « polluer » ne résout pas le problème du « comment vivre sans polluer ». C’est donc sur ce volet que j’aimerais qu’on travaille, sachant que la fiscalité est inefficace pour induire un comportement (opportunisme des acteurs).

Le problème de l’élasticité de la demande telle que révélée par les comportements réels des consommateurs (ratio hausse du carburant/baisse de km ou encore hausse du fioul domestique/consommation en litre) avait été évoquée. Bien que je suis scientifiquement réservé sur les préférences révélées, il s’agit de données qu’on n’a pas le droit d’oublier. Dans notre cas elle est extrêmement rigide. Ce qui entraîne le fait que le montant choisi soit absolument insuffisant. Du moins en théorie (je sais, notre Président n’aime pas les théories …). Et, par symétrie, le niveau suffisant pourrait ne pas être soutenable.

Je sais, d’autres, notamment parmi les écologistes démocrates, avancent l’exemple Suédois. Je crois qu’il passent un peu trop vite sur le fait qu’en Suède il y a moins de pauvreté qu’en France. Et que la pauvreté aussi limite la liberté.

Dans les conditions qui sont celles posées, il me semble que cette taxe carbone ne soit que l’énième petit coup de petit populisme à deux balles dix-sept euros : c’est à la mode, c’est porteur, les euro-écologistes ont fait un tabac alors, à fond la caisse avec l’affichage.

Les conseillers markéting du Président me soulent. Ah je l’avais déjà dit ? Pas grave, répétita juvant.

Ce qui en parle le mieux c’est encore Martin.

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Et pourtant, tout été réuni pour qu’il soit une bonne journée.

Que sais-je ? L’Inter a giflé le Milan AC 4 buts à zéro : un supporter heureux (moi) et un Président dépité (Berlusconi). En italien on dirait qu’on a attrapé deux pigeons avec une fève. Pas mal.

Sur un vrai circuit, on a eu une très belle course, avec une victoire de Ferrari et, contre tout pronostic, une superbe Force India. Rafraichissant.

En plus, c’est un jour d’anniversaire (pas le mien, hein) …

Et bien non : ce vieux démon de la politique me gâche la rentrée depuis une semaine désormais. Mais allons dans l’ordre des choses.

Je ne comprends pas les critiques à Marielle de Sarnez pour son intervention à Marseille. C’est sans doute que je suis naïf mais je trouve qu’elle a parfaitement raison de dire ce qu’elle dit. Dans son excellent « Repenser l’inégalité », Amartya Sen souligne que tout projet de société considéré acceptable tend à se fonder sur l’égalité de tous quant à un élément spécifique : les revenus, le patrimoine, les bien premiers de Rawls ou, tout simplement, les libertés des libertariens. Ainsi ce qui est important pour distinguer un projet de l’autre n’est pas de savoir s’il prône l’égalité ou pas mais de cerner l’égalité « de quoi » (sic). Or, le projet porté par la majorité présidentielle rompt avec cette idée. Comme François Bayrou a dénoncé avec habileté dans Abus de Pouvoir se fonde sur l’égalité de rien. Ce n’est même pas un projet conservateur, c’est un projet réactionnaire qui vise à la perpétuation d’une oligarchie, voire d’une nouvelle aristocratie, intouchable.

Face à ce projet de re-castification de la société française, projet qui dépasse la simple personne du Président, je pense en effet que nous sommes beaucoup plus éloignés de l’UMP que des partis « de gauche ». Si on diverge sur l’égalité de quoi on partage cet obligation de justice. Ce n’est pas si anodin que cela.

Cependant, nos différences (et même le simple respect d’autrui) devraient inciter à bannir le mot « ralliement » du vocabulaire. Martine Aubry fait visiblement semblent de ne pas le comprendre. Elle peut tuer le MoDem, et elle le sait. Le prix à payer sera la pérennisation du PS comme deuxième force, condamné à la défaite. Mais bon, les socialistes ont l’habitude : les statistiques l’indiquent. Et comme le scorpion de dit au crapaud (non pas celui-ci), « je n’y peux rien, c’est mon instinct ».

Dans ce contexte, d’un projet inacceptable car contraire à tout idéal de justice, valeur démocrate par excellence, et d’un sectarisme sans failles bien que mâtiné de grands sourires, on serait dans le droit d’attendre un vrai sursaut démocrate. Cela viendra peut-être la semaine prochaine. Je ne me fais guère d’illusions. J’espère être surpris.

Je disais il y a bien longtemps que le MoDem a pour alliés naturels les électeurs (27.12.2008). Je n’ai pas changé d’avis. Même si, à l’évidence, je suis plutôt minoritaire. Malheureusement, au MoDem il y a trop de monde qui se satisfait de petits scores qui permettent d’arranger de petits accords. Je ne suis pas en colère avec eux : je constate qu’ils ont un esprit vassal. Nous manquons cruellement d’ambition collective, nous n’avons pas l’intelligence de comprendre qu’avec 20% on compte plus qu’avec 10% mais qu’on ne peut pas arriver à 20% si nous ne savons pas changer de vitesse et d’aptitude.

La présidentielle de 2007 a été un espoir. Il me semble que cet espoir ressemble de plus en plus à celui qui avait été porté par Lecanuet en 1965.

J’en veux pas à la « tradition » ou au « centristes ».

J’en veux à l’inconséquence.

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Kag, qui suit Nelly, qui suit Le Mécanicien en Chef, déteste l’économie. Ainsi pense-t-il peut-être échapper au billet du jour en me refilant un tag de doléances d’inspiration sarkozyenne. En effet, Monsieur Le Président, s’était ému il y a quelques jours :

« Est-ce qu’il est normal que le dimanche quand Madame Obama veut avec ses filles visiter les magasins parisiens, je dois (sic) passer un coup de téléphone pour les faire ouvrir ? »

A moi de mettre quelque « est-ce qu’il est normal que ». Mais avant de démarrer, permettez moi de vous rappeler que la « normalité » est un concept statistique et que c’est parfaitement normal de ne voir que des choses « a-normales«  … bon, au boulot.

Est-ce qu’il est normal que quelqu’un qui n’aime pas les théories passe son temps à appliquer des théories

Est-ce qu’il est normal que quelqu’un qui déclare « si à cinquante ans t’as pas une Rolex t’as raté ta vie » ne soit pas pas poursuivi par publicité occulte

Est-ce qu’il est normal que Dominique Strauss-Kahn et Pascal Lamy soient considérés des « gens de gauche »

Est-ce qu’il est normal que le parti auquel ils adhérent s’emporte contre la gouvernance mondiale de l’économie et de la finance

Est-ce qu’il est normal que je refile le bébé à des gens de droite, de gauche, démocrates, dans le nowhere et encore ailleurs



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