Ce dimanche un Front devait gagner à Hénin-Beaumont : National ou Républicain, voilà la question.

Le Front Républicain a en effet remporté le deuxième tour avec un pourcentage plutôt serré : 52,38 % des suffrages. D’ailleurs, la justice devra vérifier si le Front Républicain ne s’est pas livré à une sorte de chantage à la subvention lequel, si avéré, serait très choquant.

Cependant, l’analyste dépassionné regardera également du côté de l’autre Front. Et il remarquera un certain nombre de coïncidences.

Le soir du premier tour la liste de M.Briois était créditée de 39,34 % des voix. Ce soir elle pointe à 47,62 %, avec une participation en hausse, ce qui correspond à un gain de 8,28%. Donc cette liste avait bien des réserves de voix. On notera, au passage, que cela n’avait pas été le cas pour JM Le Pen en 2002, quand le « Front Républicain » avait profité à Jacques Chirac. Ce gain est d’autant plus impressionnant que toutes les listes en lice avaient soit fusionné soit appelé à voter pour la liste Duquenne. Donc, ces voix, d’où ça vient ?

J’avais remarqué que, au premier tour, la somme de l’électorat FN et UMP était en très légère hausse par rapport aux Présidentielles. Combien de voix pour Sarkozy au deuxième tour à Hénin-Beaumont ? 46,45 %. C’est à dire à peine moins du score de Steeve Briois et Marine Le Pen.

Certes, l’UMP a fait appel du haut de ses 4% du premier tour à voter Duquenne (quoi que). Ses électeurs n’ont pas suivi.

Il y a, à Hénin-Beaumont mais vraisemblablement ailleurs également, une certaine porosité entre les électorats UMP et FN.

Sarkozy devrait respecter plus ses électeurs et faire entrer le Front National au gouvernement …

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Merci Marie-Laure

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Ah, quel bonheur d’être gouvernés par des gens qui tiennent parole en manière indéfectible. D’ailleurs, faut pas rigoler ! C’était Nicolas Candidat himself qui l’avait dit : « Je crois au mérite, à l’effort, à la récompense, à la promotion sociale et, plus que tout, au travail. Je poserai d’ailleurs les termes d’une conférence sociale sur la qualité de vie au travail. Je veux dire, mes chers compatriotes, que c’est possible. Tout ce que j’ai dit, je le ferai. Je tiendrai scrupuleusement ma promesse et ma parole. Je ne me suis pas engagé à la légère dans cette campagne présidentielle. C’est un choix de vie, c’est un don de soi, c’est une véritable ascèse. Je me suis préparé pour ce rendez-vous. Si les Français me font confiance, je ne les décevrai pas, je ne les trahirai pas, je ne leur mentirai pas. »

Or, force est de constater que, simplement pour en rester au derniers heures, la « majorité présidentielle » (d’ailleurs, ils n’avaient pas changé pour un « mouvement populaire » ?) se signale pour l’intensité des mensonges. En vrac :

Eric Besson et le délit de solidarité : prix Busiris chez Eolas, à lire (et écouter) sans modération.

Le Secrétariat d’Etat aux Droits de l’Homme : pince sans rire chez Rama Yade

Un mot aussi pour le Président, je ne voudrais pas qu’il se fâche … « En visite à Strasbourg, Nicolas Sarkozy a déclaré qu’ « en devenant président de la République, [il s'est] libéré de toute attache partisane » (TF1-LCI). C’est donc en toute logique que …

Et, bien entendu, le caisses sont vides

En encore, en période de remaniement, qui se souvient du fait que l »‘ouverture » était censée amener les meilleurs au gouvernement, si bien que Patrick Dévedjan, ce dangereux gôchiste, s’était fendu d’une déclaration tonitruante : « La fidélité n’est pas forcément le contraire de la compétence ». Ehu, pas forcément, non. C’est pour ça qu’on a mis Luc Chatel à l’Education Nationale ?

Au passage, un regard d’Italie. Il y avait ce 21 juin des référendums. En Italie, pour qu’ils soient valides, il faut un quorum de 50% des votants. Pour aucun d’entre eux cela n’a été atteint. Ainsi, avec 87% de « Oui » sur une affluence de 23,3% de la population, c’est-à-dire un soutient de 20,3% des électeurs, le référendum est un cuisant échec. Les euro-présidentiels, avec 28% de 40%, c’est-à-dire le soutien exprimé de 11,2 % des ayant droit c’est un énorme et inconstestable succès. Un brin de mauvaise foi ?

Et toujours en matière de gouvernement et d’européennes comment ne pas apprécier cette trame digne de Collodi ? Mais si, mais si.

L’histoire de Rachida qu’on fait sortir par le Parlement Européen, de Rama que n’y va pas et du fait que si on est élu on s’engage à temps plein à Strasbourg (et à Bruxelles). Et l’histoire de Brice, arpentant l’Auvergne, surpris d’être élu car « il préparait les régionales » (sic). Mais mince, à peine nommé il ne peut pas partir. Car il a un boulot « important » à faire ! C’est donc pour ça que quelque jour après on le fait rentrer (c’est le cas de le dire) à l’Intérieur …

Quoi ? Je suis de mauvaise foi ?

Et pourtant je ne vous ai même pas parlé d’une euro-présidentielle-député-nommée !!


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Gros (rire) sur la Patate

Un pur moment de bonheur.

Un des slogans pendant le « 68″ en Italie c’était « Una risata li seppellirà » (un éclat de rire leur creusera la tombe (?)). Ce n’est peut-être pas faux.

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Dis donc, on nous a bassiné avec l’histoire de l’UMP concentrée sur les Européennes, les candidats motivés, la campagne formidable …

Et Brice, que fait-il ? Il renonce parce que, finalement, l’Europe ne le chatouille pas. Non, il fesait campagne juste pour donner un coup main et pour préparer les régionales. Et peut-être devenir Premier Ministre.

Bande d’hypocrites.

Extrait de l’article du Monde :

Pendant la campagne électorale, Brice Hortefeux arpentait l’Auvergne… en pensant aux régionales de 2010. Lui, élu aux européennes ? C’était impossible, assurait-il, alors qu’il figurait au troisième rang sur la liste UMP Massif Central-Centre. Et le voilà porté par la vague bleue, élu contre son gré à Strasbourg. L’ancien député européen, qui ne fut guère assidu entre 1999 et 2004, ne veut pas retourner dans les institutions européennes. Il espère un jour devenir premier ministre de Nicolas Sarkozy.

L’Elysée a volé à son secours lundi 8 juin dans l’après midi : Brice Hortefeux n’est pas concerné par l’obligation faite aux candidats UMP de siéger au Parlement. « Brice Hortefeux n’avait pas pris l’engagement d’être sur les listes pour être élu. Il s’était inscrit pour pousser la liste. Sinon, il se serait mis en premier », explique l’Elysée.

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Comme toute matinée post-électorale il y a le petit jeu « qui-a-gagné-qui-a-perdu » que je trouve déjà assez stupide quand ma famille politique se porte bien, alors vous imaginez quand ça ne marche pas du tout. Très bien, jouons le jeu.

Je pense qu’il y a un seul gagnant et plusieurs perdants.

Le gagnant est Nicolas Sarkozy. Autant godillots qu’il puissent être à l’UMP (la seule liste qui se référait à l’élection présidentielle française !) ils ne sont pas stupides. Ils avaient trois objectifs, et le carton est plein : éviter un débat sur le comportement de la majorité au sein du Conseil des Ministres, éviter un vrai débat sur le projet de société que l’Europe devrait porter, casser les possibles dangers en perspective 2012. Car, tout en tapant sur « l’obsession de Bayrou« , il est évident que c’était bien à l’UMP où la pensée était le plus focalisée sur cette échéance. D’ailleurs, quand Michel Barnier dit que ce vote « ouvre la deuxième partie du quinquennat de Sarkozy » on ne peut que se dire que le « parler d’Europe » de cette liste a été une formidable tromperie. Qui a, je n’ai aucun problème à l’admettre, très bien marché. Et, comme quoi, j’ai le sentiment que les déclaration de Cohn-Bendit qui dit ne pas vouloir se porter à la Présidentielle, doivent faire sourir rue de la Boétie.

Ceci n’est pas surprenant : en effet on a un deuxième gagnant. La stupidité. Pour les 60% qui se sont abstenus « parce que on nous a promis et on nous ment, parce que on a voté non et ils se sont assis dessus, parce que la crise, parce que ceci-et-cela »,  j’espère qu’ils sont contents du résultat. Car s’il ne l’aiment pas n’ont qu’à s’en prendre à eux même. Personne ne les a obligés à rester chez eux : c’est leur choix et leur responsabilité. Ont-ils la maturité pour l’assumer ? On ne peut que le souhaiter.

Venons au perdants. Je suis un militant, donc commençons par mon parti. On a perdu, c’est indéniable. Et c’est un échec qui peut nous faire grandir. Somme nous assez adultes pour saisir l’occasion ? Ce que j’ai vu en coulisses et ce que je vois en pleine lumière me laisse un gros doute. Nous avons été faibles, et nous avons perdu par notre faiblesse. Et nous avons été faibles individuellement car on n’a pas su être fort collectivement. Quand on a la prétention de rompre un duopole de pouvoir aussi bien installé en France, on doit savoir qu’on sera attaqué de tout bord, parfois avec de la mauvaise foi et la provocation. Et on doit préparer tout ça, on doit être solide. Du sommet du parti jusqu’au dernier des militants. En passant par les cadres, élus et barons divers. Si l’honnêté intellectuelle était une marchandise plus repandue, on entendrait moins de vierges effarouchées et plus de réflexion.

Mais le vrai grand perdant c’est le Parti Socialiste. Depuis le 21 avril 2002, l’obsession présidentielle est omniprésente. Dois-je rappeler le spectacle du Congrès de Reims ? En 2007, pour éviter un nouveau « cauchemar », le PS avait dû (et réussi à) siphonner tous ses alliés. A partir des écologistes. Depuis, il nous servent tous les jours la même soupe : Bayrou l’imposture de droite. Car ils pensaient que, le Béarnais liquidé, les brebis seraient rentrées docilement au bercail. Grave erreur. Ce qui est impressionant c’est que leur tactique à marché : certes, Bayrou s’est tiré une balle dans les pieds avec son altercation avec Cohn-Bendit. Combien de fois j’ai lu sur le Net (je colore mais à peine) : « Ouh, le méchant Bayrou, il attaque le gentil héro de 68, écologiste, donc de gauche, sur une question de moeurs écoulée … p’tain le réac ! Que c’est de droite ce mec ! ». Donc la stratégie du PS a été un succès. Qui ne leur a pas profité. Chapeau, ça, il fallait le faire.

Et maintenant ? Pour l’Europe, au sens du projet européen, c’est mal parti. Pour inflèchir l’Europe qui se dessine il faudra passer par la case « Gouvernements » : peut-être qu’à cette occasion le message de vérité qui consiste à montrer les imbrication du national et de l’européen sera plus audible.

Ce qui me semble clair, c’est que les français qui votent portent une forte demande d’alternative politique. Cette demande qui a poussé François Bayrou en 2007 est sensiblement la même qui a poussé Europe Ecologie en 2009. Jusqu’à présent, dans ce mouvement, le PS a été jugé non crédible (et Martine Aubry est honnête en l’avouant) . La balle est donc dans le camp des euroécologistes : à eux de montrer que Hulot (soutien de Sarkozy en 2007 si je ne m’abuse), Bové (candidat altermondialiste), Cohn-Bendit (ou pas ?) et toute la galaxie qui s’y reconnait, peuvent construire une alternative crédible.

Personnellement, je suis, quel scoop!, sceptique.

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Bolkestein, le retour qui fait pschitt… – Chroniques européennes du large – N° 30

Certains de mes adversaires, cherchant sans doute à écrire « L’Europe par les Nuls », ont eu un trait de génie : faire peur aux électeurs en sortant de la remise le vieil épouvantail « Bolkestein ». Bonnes gens de l’Ouest, tremblez, c’est moi qui, selon eux, aurais rédigé la fameuse « directive Bolkestein » quand j’étais conseillère de Romano Prodi. Une blague ? C’est ce que je me suis d’abord dit. Mais quand plusieurs journalistes locaux ont commencé à m’interroger sur cet intéressant bobard « pour me permettre de donner ma version des faits » (sic), je me suis dit qu’il fallait mettre les choses au clair. La parole est donc à la défense. Ecarter ces inepties me permettra, au passage, de faire une pédagogie utile sur la Commission et son actuel Président.

Début 2004, quand ce texte a été voté par le collège des Commissaires, j’étais bien fonctionnaire dans l’entourage du Président Romano Prodi. Mais, étant chargée des questions institutionnelles, je ne m’occupais pas de marché intérieur. Plus fondamentalement, contrairement aux idées reçues sur les pouvoirs des « technocrates de Bruxelles », ce sont les commissaires, le plus souvent des personnalités politiques, qui prennent les décisions, et eux seuls, collégialement. A cette époque, les deux commissaires français étaient Pascal Lamy (PS) et Michel Barnier, aujourd’hui tête de liste de l’UMP en Ile de France, responsable de la coordination de la campagne UMP pour cette élection. Ils ont voté le projet de directive Bolkestein, dans sa forme initiale. Voilà l’exacte vérité.

La version contestée n’était alors qu’une proposition de la Commission destinée à créer de la croissance et des emplois en développant les services. Nul doute que la Commission ait déjà pu être mieux inspirée qu’en produisant ce texte mal rédigé, reposant sur un principe erroné. La proposition a suivi le chemin que prennent toutes les directives relevant de la co-décision : elle a été soumise au Parlement européen et au Conseil des ministres, les deux instances composées d’élus qui adoptent les textes législatifs européens. Grâce au travail du rapporteur du Parlement, Mme Evelyne Gebhardt, une socialiste allemande, le texte finalement voté n’a plus rien en commun avec la version initiale ; l’idée d’appliquer, sans harmonisation préalable, les règles du pays d’origine du prestataire de services dans le pays de la prestation, a été fort heureusement abandonnée. Ressortir l’épouvantail du texte initial, c’est faire comme si le Parlement n’avait joué aucun rôle. C’est nier, comme certains l’avaient d’ailleurs fait avec une inouïe mauvaise foi en 2005, la possibilité d’amendements parlementaires de fond. Curieux, de la part de personnes qui souhaitent aller elles-mêmes au Parlement, dont on serait en droit d’attendre un peu plus de pédagogie et de rigueur.

Enfin, gardons le calendrier en tête : la Commission Prodi a cessé ses fonctions à l’automne 2004. Au plus fort du débat référendaire de 2005, M . Bolkestein n’était déjà plus commissaire. Il avait un successeur en charge du marché intérieur, M. Mac Creevy, membre de la Commission présidée par M.Barroso. A ma connaissance, M.Mac Creevy n’est pas intervenu une seule fois dans le débat public pour dire qu’il entendait les critiques, qu’il était prêt à discuter avec les Européens inquiets de risques qui avaient sans doute été mal évalués. Le Président de l’époque, M. Barroso n’a pas non plus insisté sur ses responsabilités. Pendant le débat de 2005, il est soigneusement resté à Bruxelles. Pourtant, il avait juridiquement le pouvoir de retirer ce texte ou d’en proposer une nouvelle version. Le Président portugais ne s’est pas gêné pour retirer de l’ordre du jour des textes sociaux, sur le travail des routiers, le statut de l’association européenne ou de la mutualité ! Mais là, rien à faire, c’était « la faute à Bolkestein » ! La manœuvre a consisté à laisser M. Bolkestein, déjà parti, attirer sur son nom la vindicte générale. Ce comportement, peu courageux, et qui montre un acharnement rare à déréguler, est une raison de plus, à mes yeux, de ne pas soutenir M. Barroso, contrairement à l’UMP et une partie du PS européen.

Ainsi, l’épouvantail pourrait surtout se retourner contre ceux qui l’ont sorti de la remise. Avant de m’accuser à tort et à travers, encore faut-il se rappeler le scénario et connaître les rouages de l’Union européenne. Encore faudrait-il que chaque famille politique assume ses responsabilités passées et ses choix pour l’avenir. Ne simplifions pas tout. Il suffira aux électeurs de l’Ouest d’aller voir mon site Internet (www.sylvie-goulard.eu), de lire ma trentaine de chroniques qui s’y trouvent ainsi que différents textes et résumés de mes ouvrages pour dissiper ces fumées. Durant cette campagne, mon ambition constante a été d’aborder les sujets importants de notre avenir : les droits de l’homme, la PAC, le commerce international, l’environnement, la concurrence, la crise, la politique industrielle. J’ai fait un effort d’information que les autres n’ont pas fait.

Mon parcours m’a conduit à travailler à la Commission , c’est exact, et j’en suis fière car c’est une institution qui remplit une mission difficile au service de l’Europe. A Bruxelles, j’ai pu acquérir, de l’intérieur, une expérience qui me sera utile dans mes fonctions parlementaires. Nombreux sont ceux qui attaquent la Commission sans la connaître. Pour l’Ouest, ce sera un atout d’avoir un député immédiatement opérationnel. Je tiens à redire aussi combien je suis fière d’avoir travaillé auprès de Romano Prodi, homme digne, intègre qui a pu faire des erreurs, comme chacun de nous, mais qui demeure un Européen convaincu. Il a été le Président d’une grande Commission et un Président du Conseil dont les Italiens n’avaient pas à rougir.

Sylvie Goulard

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Hier on était invités chez ATTAC à Morlaix pour répondre à des questions sur les engagements en vue des élections européennes. Le Front de Gauche, le NPA, Europe-Ecologie et le PS étaient également à la table. L’UMP, le FN, Debout la République, Libertas et Lutte Ouvrière n’avaient pas fait le déplacement.

Une bonne soirée face à une salle pas comble mais très attentive, avec un débat un peu expéditif (deux minutes par orateur et par thème abordé) mais qui a permis aux uns et autres d’aller à l’essentiel  des propositions. Taxation des mouvements financiers, paradis fiscaux, initiative législative du Parlement Européen, marchandisation des services publics, voici certains des thèmes abordés. Et bien sur, le TCE/Traité de Lisbonne.

Qui est sorti gagnant de la soirée ? Difficile à dire. Notre orateur, Erwan Balanant (un des quatre vice-présidents finistériens) a porté avec talent et pertinence notre programme. Les candidats des autres listes ont montré d’avoir bien préparé le débat, favorisés par le fait d’avoir reçu les questions à l’avance (nous n’avons rien reçu mais le responsable d’ATTAC était réellement surpris et je crois à sa bonne foi). Peut-être, mais ce n’est que mon goût, le FG mieux que le NPA dans la position de la gauche radicale. Au fond, je crois qu’il n’y a pas de gagnants.

En revanche il y a des perdants. Les absents nous ont montré deux choses : leur désintérêt pour l’enjeux et leur refus du débat avec des gens qui pensent différent d’eux. Cela n’est guère surprenant : aucun besoin de débattre pour des supporters. Cela n’est pas moins désolant : on pourrait s’attendre de la part de personnes qui souhaitent nous représenter à Bruxelles qu’ils fassent un peu de politique.

Ah, j’oubliais, j’ai un message au représentant du NPA : il pense que son parti n’aura pas de députés. Or, selon mes analyses sur l’Ouest (qui ont une marge d’erreur importante) il se pourrait qu’il se trompe. A l’heure actuelle il semblerait assez probable que six sièges sur neuf  se repartissent entre UMP (2), PS (2), MoDem (1), Europe-Ecologie (1). Des trois restants, un pourrait revenir à l’UMP (disons à 65%) les deux autres pouvant profiter (un seul siège par parti) au MoDem (prob. 50%), au PS (50%), au NPA (35%), à Libertas (30%), à Europe-Ecologie (25%), au Front de Gauche (10%). (La somme fait 200% car il y a deux sièges)

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L’Europe et Sarkozy : un strabisme franco-français

Cette campagne pour les européennes est décidément intéressante pour ceux qui aiment décortiquer les messages des différents compétiteurs. A ce jeu de com’, il faut bien avouer que la majorité présidentielle sait bien jouer.

Pleinement conscients des faiblesses de leur offre politique et des risques pour leur crédibilité qui résident dans une analyse fine de leur efficacité (veut-on parler de la sécurité aux Karchër ?), il se tournent vers une valeur sure dans la communication de masse. En ramenant tout à Sarkozy, ils se donnent les moyens de stigmatiser tout contradicteur comme un « anti-sarkozyste primaire ». C’est à dire, quelqu’un qui vise la personne et pas le projet.

C’est tout bête mais comme disait Chirac, plus c’est gros mieux ça passe. Est qu’on a jamais entendu qu’à l’UMP sont des « anti-bayrouistes » ou des « anti-royalistes » primaires ? Pour autant, quand un député non élu affirme que la Présidente de Poitou-Charentes a besoin d’une « aide psychologique » …

En cela, le sarkozysme est en réalité un berlusconisme mais ce n’est pas l’objet de ce billet. L’objet est la campagne de l’UMP, toute basée sur le bilan de la Présidence de l’Europe (ehu … ça n’existe pas, plutôt du Conseil de l’Union … mais bon on ne demande pas à des supporters de savoir de quoi ils parlent) qui aurait été formidable et reconnue partout.

Détrompez-vous. Les gens qui affirment une telle chose ne savent simplement pas comment ça marche les réactions des uns et des autres. Rappelez-vous que les Etats sont partenaires, donc on évitera déjà de trop se froisser. Ensuite, cette Présidence tournante ne dure que six mois. Cela a des conséquences.

Prenez la Présidence tchèque. Elle est sans doute une des plus faibles qu’on ait connu. Est-que pour autant dans la presse étrangère (dont française) on y tire dessous à boulets rouges ? Certes que non. Car c’est très simple : elle est impuissante mais de toute manière le 30 juin c’est fini. Alors on ne charge pas la barque.

Et la Présidence française ? Elle a été une mauvaise présidence, qui a bafoué les institutions européennes et qui n’a produit aucun résultat tangible. J’y reviendrai. Mais c’était « volontaire ». Alors, poliment comme il se convient dans des relations diplomatiques, on a loué l’effort. De toute manière, six mois ça passe vite. Prendre cela pour une approbation massive c’est aussi lénifiant que stupide.

Venons alors aux résultats de cette Présidence française du Conseil de l’Union. L’agenda prévoyait :

- Faire de l’Europe un modèle de développement durable. Le « paquet énergie », qui devait être un chaînon clé du processus reste à définir. Pas fait

- Une Europe financière au service de l’emploi. Aucune coordination réelle entre les plans de relances nationaux et initiative laissée aux britanniques (plan Brown). Des vagues déclarations de principe énoncées au G20, sous impulsion essentiellement américaine. Pas à la hauteur.

- Solidarité, innovation, compétitivité. Inconnu à l’adresse.

- L’Europe comme espace de liberté, sécurité et justice. Tentative de démolition des garanties sur le temps de travail (contrée par le Parlement), « paquet télécom » et lutte à l’amendement Bono (anti-Hadopi). La bonne blague

- Le rôle de l’Europe sur la scène internationale. Ah oui, la courbette aux Russes … Pitoyable

Alors, je veux bien qu’on en parle de cette présidence ….

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Cette façon faussement à la con de traiter la couverture de la campagne européenne commence à m’agacer passablement. Dernier en date, mais prévisible, le Figaro nous informe que François Bayrou est considéré par 20% du panel OpinionWay comme le « meilleur opposant à Sarkozy« .

Mis à part le fait que, à contrario, 80% ne le pense pas, j’y vois (espèce de gauchiste complotiste que je suis!) une manière de détourner le débat. En effet, comme un certain Berlusconi dans son pays, la sarkozye porte un seul argument de campagne : le culte de son chef. Mais pour que cela soit efficace il est nécessaire de montrer que tous les autres sont dans la haine. Vous osez critiquer ou même simplement émettre des reserves ? Antisarkozyste primaire ! Avec le lot de franc-tireurs qui va avec.

Je n’ai pas lu Abus de Pouvoir (je ne lis jamais les bouquins politiques des « amis », je préfères la discussion). Néanmoins une chose m’a frappé dans les interviews de Bayrou à ce sujet : le journaliste démarrant par un « c’est un beau pamphlet » et Bayrou devant reprendre la main avec un « pas du tout, c’est un livre de projet ». A expliquer, avec un talent certain, que l’opposition n’est pas à Nicolas Sarkozy mais à son projet de société.

Risqué, pour la stratégie umpiste. Alors, comme par hasard, des sondages « para-présidentiels » fleurissent. Sauf que ce n’est pas l’heure de la Présidentielle. Alors, pourquoi le Figaro en parle ? Juste après la sortie d’Abus de pouvoir, d’un nombre important de passages télé réussis et refus de TF1 de l’accueillir à l’antenne, quoi de plus normal d’être en tête de CE sondage ?

Certes, les élections présidentielles en France sont importantes mais je ne voudrais pas qu’on oublie ce pour lequel c’est l’heure : les élections européennes.

Messieurs les journalistes, parlez-nous des candidats des uns et des autres. Des idées des uns et des autres (oui il y en a!). Et si vous voulez vraiment parler des Démocrates, parlez-nous de Sylvie Goulard (tête de liste dans l’Ouest), de Robert Rochefort (Sud-Ouest) ou encore des déclarations « ultralibérales » de Bernard Lehideux (n°2 en IDF) ou même des cadres du MoDem qui ont refusé un poste sûr avec l’UMP pour des positions à l’éligibilité incertaine.

Faites de l’information. Cela serait votre métier.

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